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Richard Huelsenbeck

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Richard Huelsenbeck (1920).

Richard Huelsenbeck, né Carl Wilhelm Richard Hülsenbeck le à Frankenau en Allemagne et mort le à Minusio en Suisse, est un écrivain et poète allemand, l'un des fondateurs de Dada.

Une visite de Cabaret Dada, 1920

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Pendant plus de deux heures nous longeâmes ce couloir qui sentait le chou et le graillon, escaladant des traverses de chemin de fer, des bûches et des matelas pourris, pour nous retrouver finalement dans une pièce manifestement destinée à des pratiques religieuses. C'est là que se tenait le premier prêtre dadaïste qu'il me fut jamais donné de voir, en caleçons violets, avec un chat dans les bras. Il était coiffé d'une grande perruque d'où pointaient deux plumes de paon.
  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. « Découverte Gallimard Littérature », 2000  (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Richard Huelsenbeck, Der Dada 3, 1920, p. 136


À travers les fissures du mur de la vapeur pénétrait dans la pièce, et de tous les coins jaillissaient des jets d'eau chaude. Mesdames et Messieurs c'était tout simplement subjuguant, fascinant. Le prêtre souleva sa poitrine de papier mâché et ses yeux dirigés le long d'une ficelle étincelaient. Sa voix était comme le tonnerre qui monte des arrosoirs lorsque le soleil couchant les éclaire. Il portait une barbe dans laquelle les jeunes souris se disaient « bonne nuit », et les trains-express attendaient au bord de l'abîme de son cou.
  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. « Découverte Gallimard Littérature », 2000  (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Richard Huelsenbeck, Der Dada 3, 1920, p. 136


« Je suis prêtre, dit-il, du commencement jusqu'à la fin. Je suis la tulipe de Valparaiso et le tonnelet de beurre de l'archipel Bismarck. » Parmi nous se mutiplièrent les voix de ceux qui démêlant la force ne souhaitaient rien tant que retourner au calme et à l'ordre. « Nous avons besoin de travail et d'une construction organique de notre patrie », dit mon voisin, lequel se déflora plus tard en tant que politicien très radical. « Nous voulons ravoir notre roi, notre bon roi », dit une dame qui étonna par la voix de basse avec laquelle elle exprima son avis. Dans l'ensemble, le public estimait qu'on aurait passé une meilleure soirée chez soi à lire un livre, à honorer Goethe, à boire de la bière, bref à encourager la culture allemande.
  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. « Découverte Gallimard Littérature », 2000  (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Richard Huelsenbeck, Der Dada 3, 1920, p. 136


[…] le prêtre, qui s'était étendu sur le côté droit, tira un lièvre d'entre ses orteils et dit : « Je suis la jeune lune qui se tient près des chutes d'eau. Quand je ris, la terre s'entrouvre et les maisons qui étaient encore debout comme si elles ne savaient rien, se rassemblent sur la Place de l'Empereur Frédéric. Heil ! Heil ! Le ciel creva et la flûte se brisa, ce n'est pas encore le matin de toutes les nuits, ce n'est pas encore l'Aequinoctium du bureau de voyages. » Mon voisin dit : N'allez surtout pas croire que le moindre sens se cache derrière le dadaïsme. Ces gens-là sont de rusés imposteurs qui savent bien que l'absurde attire le public et qui utilisent ce procédé pour vous prendre votre argent. »
  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. « Découverte Gallimard Littérature », 2000  (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Richard Huelsenbeck, Der Dada 3, 1920, p. 137


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