Richard Feynman

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Richard Feynman (1984).

Richard Feynman, né en 1918, à New York City dans l'État de New York, et mort en 1988 à Los Angeles en Californie, était un physicien, professeur, vulgarisateur scientifique et lauréat du Prix Nobel de physique américain. Il est l'un des physiciens les plus influents de la deuxième moitié du XXe siècle, en raison notamment de ses travaux sur l'électrodynamique quantique relativiste, les quarks et l'hélium superfluide.

Citations[modifier]

La nature de la physique[modifier]

À propos, il est impossible, en choisissant un exemple de quoi que ce soit, d'en choisir un qui ne soit pas atypique dans un sens ou un autre. C'est ce qu'il y a de merveilleux dans le monde. La connaissance de la loi trouve comme seules applications auxquelles je puisse penser la prospection géophysique, la prédiction des marées et aujourd'hui, de façon plus moderne, l'étude des trajectoires des satellites et sondes interplanétaires que nous envoyons là-haut ; finalement, et c'est aussi moderne, le calcul des positions des planètes, ce qui est très utile pour les prédictions des horoscopes que les astrologues publient dans les journaux. Étrange monde ou nous vivons, qui n'utilise les nouveaux progrès de notre savoir que pour perpétuer des absurdités vieilles de deux mille ans !


La loi est compliquée dans ses manifestations, mais la structure de base, le système qui régit l'ensemble de la chose, est simple. Ceci aussi est commun à toutes nos lois ; il se trouve qu'elles sont toutes simples, bien que leurs manifestations concrètes soient complexes. Enfin vient l'universalité de la loi de la gravitation, le fait qu'elle s'étend sur d'aussi énormes distances, que l'esprit de Newton, ne se préoccupant que du système solaire, fut capable de prédire ce qui adviendrait dans l'expérience de Cavendish, où le petit modèle de Cavendish du système solaire, deux boules qui s'attirent, doit être agrandi dix millions de millions de fois pour devenir le système solaire. Puis encore dix millions de fois et nous trouvons les galaxies s'attirant exactement selon la même loi. La nature n'utilise que les plus longs fils pour tisser ses motifs, de sorte que la plus petite pièce révèle la structure de la tapisserie toute entière.


Des gens peuvent venir vous donner des arguments philosophiques en faveur de tel ou tel point de vue ; mais, après beaucoup d'expériences, nous avons appris qu'on ne peut se fier à aucune intuition philosophique sur le comportement de la nature. Il faut trouver et essayer toutes les possibilités.


Il est clair pour tout un chacun que les phénomènes naturels sont évidemment irréversibles. Je veux dire qu’il se passe des choses qui ne peuvent se faire à l’envers. Vous lâchez une tasse, elle se casse, mais vous pouvez toujours attendre pour les morceaux se rassemblent tout seuls et sautent dans votre main !
  • La nature de la physique (1965), Richard Feynman (trad. Hélène Isaac, Jean-Marc Lévy-Leblond et Françoise Balibar), éd. Le Seuil, coll. « collection Points Sciences », 1980  (ISBN 978-2-02-005658-8), chap. 5. La distinction entre le passé et le futur, p. 129


Nous nous rappelons le passé, pas le futur. Nous avons une conscience différente de ce qui pourrait arriver et de ce qui a sans doute eu lieu. Psychologiquement, le passé et le futur se présentent tout à fait différemment, par exemple, à travers des notions comme la mémoire ou le libre arbitre apparent, en ce sens que nous pensons pouvoir agir sur le futur alors qu’aucun, ou très peu, d’entre nous croient possible de modifier le passé. Le remords, le regret, l’espoir, etc., autant de mots qui distinguent parfaitement le passé du futur.
  • La nature de la physique (1965), Richard Feynman (trad. Hélène Isaac, Jean-Marc Lévy-Leblond et Françoise Balibar), éd. Le Seuil, coll. « collection Points Sciences », 1980  (ISBN 978-2-02-005658-8), chap. 5. La distinction entre le passé et le futur, p. 129-130


Il y eut un temps où les journaux prétendaient qu’il n’y avait que douze hommes pour comprendre la théorie de la relativité. Je ne crois pas que ce fût jamais le cas. Il y eut un temps, peut-être, où un seul homme l’avait comprise, car avant d’écrire son papier, il était le seul à l’avoir saisie. Mais après avoir lu son article, beaucoup de gens comprirent la théorie de la relativité, d’une façon ou d’une autre, sûrement plus de douze. Par contre, je crois pouvoir dire à coup sûr que personne ne comprend la mécanique quantique.
  • La nature de la physique (1967), Richard Feynman (trad. Hélène Isaac, Jean-Marc Lévy-Leblond et Françoise Balibar), éd. Le Seuil, coll. « collection Points Sciences », 1980  (ISBN 978-2-02-005658-8), chap. 6. Probabilité et incertitude. La description quantique de la nature, p. 154


Un mille-pattes vivait heureux,

Jusqu’à ce qu’un crapaud facétieux

Lui demande : « Dis-moi, tu ne te trompes jamais de pattes
Quand tu marches ? »
Pris de doute, le mille-pattes tomba dans un trou,
Car il ne savait plus marcher.
J’ai fait de la science toute ma vie, en sachant parfaitement ce que c’était. Mais quant à vous dire comment mettre un pied devant l’autre […] j’en suis incapable. Qui plus est, la comparaison avec le mille-pattes m’inquiète et j’ai peur qu’en rentrant chez moi tout à l’heure, je ne puisse plus faire de recherche.
  • La nature de la physique (1967), Richard Feynman (trad. Hélène Isaac, Jean-Marc Lévy-Leblond et Françoise Balibar), éd. Le Seuil, coll. « collection Points Sciences », 1980  (ISBN 978-2-02-005658-8), chap. Qu’est-ce que la science ?, p. 123


Les cours de physique[modifier]

Si, dans un cataclysme, toute notre connaissance scientifique devait être détruite et qu'une seule phrase passe aux générations futures, quelle affirmation contiendrait le maximum d'informations dans le minimum de mots ? Je pense que c'est l'hypothèse atomique (ou le fait atomique, ou tout autre nom que vous voudrez lui donner) que toutes les choses sont faites d'atomes - petites particules qui se déplacent en mouvement perpétuel, s'attirant mutuellement à petite distance les unes les autres et se repoussant lorsque l'on veut les faire se pénétrer. Dans cette seule phrase, vous verrez qu'il y a une énorme quantité d'information sur le monde, si on lui applique un peu d'imagination et de réflexion.
  • (en) If, in some cataclysm, all of scientific knowledge were to be destroyed, and only one sentence passed on to the next generations of creatures, what statement would contain the most information in the fewest words? I believe it is the atomic hypothesis (or the atomic fact, or whatever you wish to call it) that all things are made of atoms little particles that move around in perpetual motion, attracting each other when they are a little distance apart, but repelling upon being squeezed into one another. In that one sentence, you will see, there is an enormous amount of information about the world, if just a little imagination and thinking are applied.
  • Le cours de physique de Feynman (1963), Feynman Leighton Sands (trad. Goéry Delacote), éd. InterÉditions, 1979  (ISBN 2-7296-0026-4), vol. Mécanique 1, chap. 1 Atomes en mouvement, 2, p. 49


Leçons sur l’informatique[modifier]

Les ordinateurs peuvent faire tout un tas de choses. Ils sont capables d’additionner des millions de nombres en un clin d’œil. Ils peuvent vaincre les plus grands maîtres d’échecs. Certains guident des missiles jusqu’à leur cible, d’autres nous permettent de réserver dans l’avion une place non-fumeur, entre une religieuse férue de guitare et un professeur de physique. Certains peuvent même jouer du bango… Autant dire que c’est plutôt varié !
  • Leçons sur l’informatique, Richard Feynman (trad. Céline Laroche), éd. Odile Jacob, 2006, chap. Leçon 1. Les ordinateurs : introduction, p. 1


Autres citations[modifier]

[...] nous avons toujours eu (chut, chut, fermez les portes !), nous avons toujours eu beaucoup de mal à comprendre l'image du monde que nous offre la mécanique quantique. Du moins, en ce qui me concerne, parce que je suis assez âgé, je ne suis pas encore parvenu à me convaincre que tous ces trucs-là étaient évidents. OK, ça m'énerve toujours. Ainsi quelques étudiants plus jeunes... Vous savez ce que c'est : à chaque nouvelle idée, il faut une ou deux générations pour constater qu'elle ne pose pas de vraie difficulté. Il n'est toujours pas évident pour moi qu'il n'y a pas de vrai problème. Je ne peux pas définir le vrai problème donc je soupçonne qu'il n'y a pas de vrai problème mais je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas de vrai problème.
  • (en) [...] we have always had (secret, secret, close the doors!) we have always have had a great deal of difficulty in understanding the world view that quantum mechanics represents. At least I do, because I'm an old enough man that I haven't got to the point that this stuff is obvious to me. Okay, I still get nervous with it. And therefore, some of the youngest students...you know how it always is, every new idea, it takes a generation or two until it becomes obvious that there's no real problem. It has not yet become obvious to me that there is no real problem. I cannot define the real problem, therefore I suspect there's no real problem, but I'm not sure there's no real problem.
  • « Simulating Physics with Computers », Richard P. Feynman (trad. Wikiquote), Int. J. Theor. Physics, vol. 21 nº 6/7, 1982, p. 471


Citation rapportée[modifier]

il s’agit en quelque sorte d’une caractéristique de la simplicité de la nature.
  • sur le fait qu'il existe de nombreuses manières de formuler une même théorie, Discours de réception du prix Nobel.
  • « Les intégrales de chemin », Elena et Leonardo Castellani, Pour la science, nº 19, 2004 (lire en ligne)


Citations sur[modifier]

Voir aussi[modifier]

Signature

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