Ravenne

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Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne.

Histoire[modifier]

Hippolyte Taine, Voyage en Italie, 1866[modifier]

On revient vers Ravenne, et le spectacle est encore plus triste. On n'imagine pas une ville plus abandonnée , plus misérablement provinciale, plus déchue. Les rues sont désertes ; un petit cailloutage aigu sert de pavé ; au milieu se traîne un ruisseau fangeux ; point de palais ni de boutiques. Deux façades administratives bien raclées, l'académie et le théâtre, tranchent seules sur tout ce désordre par leur propreté et leur platitude. On aperçoit de vieilles tours roussies et lézardées, des restes de construction ancienne appropriés à de nouveaux usages, des colonnettes blanches encastrées dans un mur de Théodoric, quantité de recoins bourgeois ou villageois. Qu'est-ce que le pauvre Byron, même avec la Guiccioli, pouvait faire ici ? Des drames noirs, des projets de conspiration, du byronisme. La ville est morte depuis je ne sais combien de siècles ; la mer s'est retirée d'elle ; c'est la dernière station de l'empire romain, sorte d'épave ensablée que Byzance, en se retirant, a laissée sur la côte. Sur cette côte malsaine et peu visitée, la cité n'a pu refleurir au moyen âge comme celles de la Toscane. Encore aujourd'hui elle est byzantine, plus désolée qu'une ruine, parce que la moisissure est pire que l'effondrement.
  • Voyage en Italie, Hippolyte Taine, éd. Hachette, 1866, p. 265-266


Quel spectacle que celui d'un monde dans lequel finit et se traîne pendant mille ans la civilisation antique, sous un christianisme gâté et parmi des importations orientales ! Il n'y a rien de semblable dans l'histoire ; c'est un moment unique de l'âme et de la culture humaine.
  • Voyage en Italie, Hippolyte Taine, éd. Hachette, 1866, p. 267


Littérature[modifier]

Biographie[modifier]

André Maurois, Don Juan ou la vie de Byron, 1952[modifier]

Ravenne devait lui plaire, petite ville mystérieuse qui cachait dans ses rues étroites et fraîches les reliques d'un empire barbare.


Pour les promenades à cheval, une grande forêt de pins s'étendait jusqu'au bord de la mer, sur des terrains jadis recouverts par les eaux et où les flottes romaines avaient jeté leurs ancres. C'était la Pineta de Boccace, le bois immémorial de Ravenne, où les chiens du Chasseur fantôme poursuivaient éternellement la Dame qui avait méprisé l'amour. Byron aima cette solitude sylvestre et marine, qu'animait le bruit des cigales.


Essai[modifier]

Jean Gaume, Les trois Rome : journal d'un voyage en Italie, 1848[modifier]

Plus que jamais, Ravenne mérite le nom de marécageuse, que lui donnait déjà, il y a quinze siècles, Silius Italiens. Des affaissements successifs ont comblé son magnifique port. Les riantes campagnes qui firent sa gloire et sa richesse, sont changées en marais dont l'étendue égale celle des marais Pontins. Trois milles avant d'arriver on trouve, isolée au milieu de cette triste solitude, la grande et antique église de Saint-Apollinaire. Le célèbre couvent de la Classe y est joint, habité jadis par les Fils de saint Benoît et donné depuis aux Enfants de saint Romuald. Ici était autrefois le port de Ravenne, et par conséquent la flotte romaine, Classis.
  • Les trois Rome : journal d'un voyage en Italie, Jean Gaume, éd. Gaume frères, 1848, t. 3, p. 424


Récit de voyage[modifier]

Paul-Edme de Musset, Voyage pittoresque en Italie : partie méridionale et en Sicile, 1855[modifier]

L'aspect de Ravenne est triste comme celui de toutes les villes dépeuplées ; mais cette tristesse a beaucoup de charme. Des souvenirs romains et gothiques, quelques palais à belles façades, des peintures du Baroccio et du Guerchin, des places ornées de statues et de colonnes, et surtout des environs variés et le voisinage d'une vaste forêt, chose rare en Italie, suffiraient à expliquer la prédilection de lord Byron pour Ravenne, quand même on ne saurait pas qu'il y était retenu par une passion alors secrète, mais qui a fait depuis un furieux bruit.
  • Voyage pittoresque en Italie : partie méridionale et en Sicile, Paul-Edme de Musset, éd. Morizot, 1855, p. 110


J. B. Huysmans, Voyage en Italie et en Orient : 1856-1857, 1857[modifier]

Ravenne a tout-à-fait l'aspect d'une propre mais petite ville moderne. Son cachet est peu italien.
C'est à Ravenne que se retira le Dante exilé de Florence.
  • Voyage en Italie et en Orient : 1856-1857, J. B. Huysmans, éd. Kennes et Gerrits, 1857, p. 293


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