Prosper-Olivier Lissagaray

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Prosper-Olivier Lissagaray.

Prosper-Olivier Lissagaray (24 novembre 1838 - 25 janvier 1901) est le fondateur des conférences publiques, animateur littéraire, journaliste français républicain et socialiste indépendant. Il est surtout célèbre pour l'enquête qu'il a menée avec acharnement sur l'histoire de la commune de 1871.

Alfred de Musset devant la jeunesse, 1864[modifier]

 Oui, notre devoir est d'être logique, car on ne défend pas autrement la vérité.

Sans la logique, on a des opinions, on a pas de croyances. Les opinions tiennent au tempérament du moment et au milieu. Les croyances naissent des principes certains que l'étude seule peut nous révéler. Aussi l'on peut, sans crime et de bonne foi, varier dans les opinions; les méchants seul mentent à leurs croyances: ils sont illogiques, mais volontairement: les indulgents ne sont-ils pas des complices involontaires ?


...nous n'avons plus le temps d'être jeune. Soyons vieux à vingt-cinq, si nous ne voulons pas être serfs à trente.
  • in Lissagaray, la plume et l'épée, René Bidouze, éd. La part des hommes, 1991, p. 25


Et lorsque vous aurez la bassesse de venir dire:

"Depuis que le monde existe, il est certain que quiconque n'a que deux sous et en voit quatre à son voisin, où une jolie femme, désire les lui prendre, et doit conséquemment dans ce but parler d'égalité, de liberté, d'égalité des droits de l'homme, etc..."

Nous vous répondrons en leur nom comme au nôtre:

Nous croyons et nous professons hautement qu'en réclamant nos droits nous accomplissons un devoir, nous croyons qu'en réclamant les droits de nos frères nous accomplissons un devoir, car le grand principe de la liberté est de ne pas souffrir d'esclaves à côté d'elle; nous croyons que nous sommes tous solidaires dans nos joies comme dans nos souffrances; nous croyons que, quelles que puissent être les défaillances du moment, jamais l'iniquité ne prévaudra; nous croyons que ceux qui se retirent découragés ne sont pas convaincus; nous croyons et nous professons hautement l'infaillibilité absolue de ce principe, dans lequel le sentiment n'a rien à voir, mais qui est le fondement et la raison même de notre être: la liberté, l'amour de nos semblable; nous croyons et nous professons hautement qu'en dehors de ces idées il n'y a pas d'homme, et vous qui n'avez rien cru, rien professé de ce que nous défendons, nous nous retirons de vous, nous vous repoussons de notre communion.


Jacques Bonhomme - Entretiens de politique primaire, 1870[modifier]

Mais que viens-je te parler d'histoire ? Les pauvres diables n'en ont pas. Le passé et le présent se résument pour eux dans une lamentation perpétuelle. Leur voix n'est qu'un cri, leurs annales sont vides. Sans instruction, sans nourriture, immobiles dans l'aveuglement, voilà leur lot.


La souveraineté du peuple, la souveraineté de la loi, telles sont les deux bases sur lesquelles on asseoit la République.


Plus de patrie, si la Révolution ne concentre pas ses forces. Les Girondins s'épuisent en discours sur la liberté, sur les constitutions futures. « Sauvons le présent » crie la Montagne; exister d'abord, on s'organisera ensuite.


La République existe encore, mais ta vie rouge, ô peuple, ne court plus dans ses veines;


Ta doctrine politique n'est que vent et fumée si elle ne renouvelle les doctrines sociales. Autant vaudrait planter un arbre les racines en l'air.


Beaucoup de républicains s'imaginaient qu'on était en république parce qu'il n'y avait plus de roi, ignorant qu'un gouvernement n'est républicain qu'en raison de l'exactitude avec laquelle s'incorpore la volonté du peuple et la met en exécution.


Ah ! c'est qu'il était plus facile de les mitrailler que de les instruire


Les hommes, tu l'as vu, se divisent naturellement en deux partis: ceux qui craignent le peuple, s'en défient et sont portés à lui retirer tous les pouvoirs, et ceux qui l'aiment, le respectent, le considérent comme le dépositaire le plus honnête et le plus sûr des intérêts publics. Quelle que soit leur appelation, les premiers sont les Aristocrates, et l'on doit nommer Démocrates les seconds.


Sans éductaion, sans instruction, c'est-à-dire sans outil, tu luttes encore avec tes ongles, toi, Jacques Bonhomme.


Et quelle est l'instruction de l'école, en supposant que la misère ou la négligence paternelle ne retienne pas l'enfant au foyer ? Un peu de lecture, d'écriture, de calcul, d'histoire sainte. Et tes droits, et tes devoirs, qui te les enseigne, ô déshérité !


C'est le rôle du représentant de formuler dans une loi claire et pratique, en tenant compte des faits actuels, des situations acquises, toutes choses qui réclament de l"habilité et des connaissances spéciales peu communes.


Le représentant du peuple ne doit obéissance et fidélité qu'au peuple. Il doit au peuple non seulement ses efforts, son intelligence, mais encore sa vie.


Que la volonté du peuple soit l'étoile polaire du représentant, et la poitrine en avant, qu'il soit prêt à guider ses électeurs au jour de la revendication décisive et vengeresse.


Les maux de la résistances sont grands, je le sais, mais de la résignation ne sont-ils pas mille pire !


L'Action[modifier]

Il ne suffit pas de s'écrier ; j'y vaincrai ou j'y perdrai la vie. Il faut dire froidement : voilà par quels moyens, par quel plan je vaincrai.
  • « Éditorial », Lissaragay, L'Action, 9 avril 1871, p. 1


Le paysan n'a besoin que de garanties individuelles, il les possède. Le prolétaire ne peut vivre que par des garanties collectives ; n'étant individuellement qu'un atome devant l'industrie, il ne vaut que par sa masse.
  • « Éditorial », Lissaragay, L'Action, 9 avril 1871, p. 1


Le Tribun du Peuple[modifier]

Au feu maintenant ! Il ne s'agit plus de crier « Vive la République ! » mais de la vivre !
  • « Éditorial », Lissaragay, Le Tribun du Peuple, 24 mai 1871, p. 1


Les Huit journées de mai derrière les barricades[modifier]

Il fallait être ou n'être pas pour cette Révolution. La lâcheté seule se tint au milieu. Les socialistes véritables le comprirent et, certains de la catastrophe, ils voulurent du moins faire triompher leur cause par le mépris de la mort.


Jamais le socialisme ouvrier n'a été aussi vivant que depuis la chute de la Commune. Il est aujourd'hui la seule préoccupation véritable des gouvernements. A quoi donc aurait servi tant de massacres, sinon à prouver que le vieux monde est bien fini, que tout retour au passé et impossible ? L'ignorance de la bourgeoisie peut seule lui donner le change à cet égard. Depuis le 18 mars, le câble est rompu.


Histoire de la Commune de 1871[modifier]

Celui qui fait au peuple de fausses légendes révolutionnaires, celui qui l’amuse d’histoires chantantes, est aussi criminel que le géographe qui dresserait des cartes menteuses pour les navigateurs.
  • préface de 1876
  • Histoire de la Commune de 1871, Prosper-Olivier Lissaragay, éd. La découverte, 2000, p. 16


Trois fois, le prolétariat français a fait la Révolution pour les autres ; il est mûr pour la sienne. Les lumières qui lui manquaient autrefois ne jaillissent maintenant que de lui.
  • Histoire de la Commune de 1871, Prosper-Olivier Lissaragay, éd. La découverte, 2000, p. 470


L'audace est la splendeur de la foi. C'est pour avoir osé que le peuple de 1789 domine les sommets de l'histoire, c'est pour ne pas avoir tremblé que ce peuple de 1870-71 qui eut de la foi jusqu'à en mourir
  • Histoire de la Commune de 1871, Prosper-Olivier Lissaragay, éd. La découverte, 2000, p. 471


La Bataille[modifier]

Oui, voter. c'est abdiquer ; oui, voter. c'est être dupe ; oui, voter. c'est évoquer la trahison quand on limite le vote à une action purement parlementaire.
 
Mais quand le vote est un acte de protestation, quand le vote est une affirmation de doctrines, quand le vote a pour but de serrer les rangs, il vaut un acte, il est le moyen révolutionnaire par excellence.

  • « Le combat du jour - Agissez », Lissaragay, La Bataille, 1er octobre 1885, p. 1


Le Bilan de Boulanger[modifier]

Si la mauvaise foi était bannie du reste du monde, elle trouverait un asile dans le cœur des conspirateurs césariens.
  • Le Bilan de Boulanger, Lissagaray, éd. Publication de la Société des Droits de l'homme et du Citoyen, 1888, p. 1


C'est l'éternel honneur de notre pays, que la liberté, chez nous, a toujours trouvé pour défenseurs, à côté des plus humbles et des plus pauvres citoyens, les jeunes gens studieux et instruits de nos grandes Écoles et de nos grandes Facultés. En 1888 comme en 1830 et en 1851, la jeunesse a fait son devoir et s'est fraternellement alliée, pour combattre la réaction et le césarisme, aux robustes travailleurs manuels de la Cité.
  • Le Bilan de Boulanger, Lissagaray, éd. Publication de la Société des Droits de l'homme et du Citoyen, 1888, p. 7


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