Pierre Desproges

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Pierre Desproges.

Pierre Desproges (1939 - 1988) est un humoriste français.

Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis[modifier]

Après le salut, il arrive que le Supérieur s'adresse à l'Inférieur. Celui-ci doit alors répondre en tournant humblement son béret dans ses doigts gourds.
A un général, on dit « mon général ».
A un colonel, on dit « mon colonel ».
A un adjudant, on dit « mon adjudant ».
A un deuxième classe, on dit « ta gueule », à condition d'être adjudant.

  • Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (1981), Pierre Desproges, éd. Seuil, 1997  (ISBN 978-2-02-032128-0), chap. Les bonnes manières à la guerre, p. 7


L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui !

  • Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1981, chap. Les bonnes manières à la guerre, p. 10


W.C. Fields disait : « Quelqu'un qui n'aime pas les enfants ne peut pas être tout à fait mauvais ». Je ne sais pas si Monsieur Fields a raison. Tout ce que je sais c'est que le bon Dieu l'a puni en lui donnant un nom de chiottes. C'est bien fait.

  • Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1981, III « Les enfants sont cons », p. 29


La naïveté grotesque des enfants fait peine à voir, surtout si l'on veut bien la comparer à la maturité sereine qui caractérise les adultes. Par exemple, l'enfant croit au Père Noël. L'adulte non. L'adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote.

  • Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1981, III « Les enfants sont cons », p. 32

Textes de scènes[modifier]

Pour moi c'est un jour qui a beaucoup compté, ma communion solennelle. C'est le jour où j'ai appris que Dieu fond dans la bouche, pas dans la main.

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), « Dies Irae », p. 37


J'ai pas peur de l'avouer, j'avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens, j'ai pleuré comme un môme. J'ai vraiment pas honte de le dire. Alors que –  c'est curieux – mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j'ai repris deux fois des moules.

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), « Dernières volontés », p. 42


C'est important l'intelligence. L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. L'intelligence c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase.

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), « C'est quand même vrai que je ne suis pas n'importe qui », p. 66


Et ne me parlez pas de la non-responsabilité du savant face aux utilisations détournées de ses découvertes. Il y a autant de savants innocents dans le monde qu'il y avait de paysans persuadés d'habiter près de l'usine Olida dans les faubourgs de Buchenwald. Innocent Albert Einstein, qui a appliqué sa putain de théorie à l'énergie rayonnante ?

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), « Gardez Sakharov ! », p. 70


Hiroshima, mon amour... Quel étrange cri, disait Marguerite Yourcenar, à propos de ce titre de Marguerite Duras. Oui, Marguerite Duras, vous savez, l'apologiste sénile des infanticides ruraux... Marguerite Duras, qui n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé. Mais c'est vrai, quel étrange cri : Hiroshima, mon amour. Et pourquoi pas Auschwitz, mon loulou ?

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), « Hiroshima, mon amour... Quel étrange cri », p. 71


J'ai un quotient intellectuel de 130.[...] 130, vous rendez-vous compte ? Je m'en suis aperçu en passant un test professionnel. Je voulais quitter ce glorieux métier de la scène pour lequel je suis si peu doué, et devenir cadre à la SNCF. Cesser de lutter pour les feux de la rampe et céder enfin à l'appel du rail. Ne plus mépriser cette voie qui me poussait au train. À quoi bon, me disais-je, faire un bras d'honneur aux chemins de fer quand on perd son bras de fer sur les chemins de l'honneur ?

  • Textes de scène, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1988  (ISBN 2-02-010383-4), «QI 130», p. 66


Dictionnaire superflu[modifier]

d - Directeur n.m., du latin di, la première porte, et rectus, à droite.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre D, p. 17


Femme n.f., du latin femina. Être humain de sexe non masculin.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre F, p. 19


La femme est assez proche de l'Homme, comme l'épagneul breton. À ce détail près qu'il ne manque à l'épagneul breton que la parole, alors qu'il ne manque à la femme que de se taire. Par ailleurs, la robe de l'épagneul breton est rouge feu et il lui en suffit d'une.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre F, p. 20


Le whisky est le cognac du con.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre W, p. 57


En vieillissant, le whisky gagne en platitude ce qu'il perd en infamie. On peut y conserver ses bébés mort en bas Armagnac.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre W, p. 57


Les noirs ont le rythme dans la peau, la peau sur les os et les os dans le nez.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms propres, lettre A, p. 70


Quand un Blanc dit qu'un Noir est un con, on dit que le Blanc est raciste. Quand un Noir dit qu'un Blanc est un con, on dit que le Blanc est un con. Ce en quoi on a tort : on peut très bien être noir, et con.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms propres, lettre A, p. 71


[...] Charles de Gaulle fut élevé dans l'amour de la patrie, le respect du drapeau, la dévotion à Jeanne d'Arc et la foi en Dieu sans qui l'oiseau qui trille, le ruisseau qui chante et le cancer qui ronge n'existeraient pas.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms propres, lettre G, p. 87


Ce n'est pas parce que l'homme a soif d'amour qu'il doit se jeter sur la première gourde.

  • Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985, Noms communs, lettre H, p. 89


Fonds de tiroir[modifier]

Chirac : voila un monsieur affublé d'un sourire à faire passer son hoquet au yéti.

  • Fonds de tiroir, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1990  (ISBN 2-02-010902-6), p. 27


C'est à cela qu'on reconnaît les communistes : ils sont fous, possédés par le diable, ils mangent les enfants et, en plus, ils manquent d'objectivité.

  • Fonds de tiroir, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1990  (ISBN 2-02-010902-6), p. 31


Si c'est les meilleurs qui partent les premiers, que penser alors des éjaculateurs précoces ?

  • Fonds de tiroir, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1990  (ISBN 2-02-010902-6), p. 49


Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires.

  • Fonds de tiroir, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1990  (ISBN 2-02-010902-6), p. 76


Si l'erreur judiciaire n'avait pas existé, est-ce qu'aujourd'hui le capitaine Dreyfus serait aussi célèbre en France ?


Fait divers : La route qui tue : Encore un camion fou à Fresnes. Freine ! Freine ! Mais FREINE !!!


On ne dit plus un avortement mais une interruption volontaire de grossesse, ceci afin de ménager l'amour-propre du fœtus.


Entre une mauvaise cuisinière et une empoisonneuse il n'y a qu'une différence d'intention.


Chroniques de la haine ordinaire[modifier]

Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.

  • Chroniques de la haine ordinaire, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1987  (ISBN 2-02-009480-0), p. 7


Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football.

  • Chroniques de la haine ordinaire, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1987  (ISBN 2-02-009480-0), p. 163


Les amis se comptent sur les doigts de la main du baron Empain, voire de Django Reinhardt, pour les plus misanthropes.

  • Chroniques de la haine ordinaire, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1987  (ISBN 2-02-009480-0), p. 58


Les animaux font des crottes, alors que l'homme sème la merde.

  • Le règne animal, Pierre Desproges, album Les chroniques de la haine ordinaire, vol. 3, janvier 2001 chez PMP Productions / INA.


Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman.

  • Bestiaire, Pierre Desproges, album Les chroniques de la haine ordinaire, vol. 3, janvier 2001 chez PMP Productions / INA.


Quand on lèvera des impôts pour les mourants du monde et qu'on f'ra la quête pour préparer les guerres [...] En attendant, oui mon pote, j'ai cent balles et je les garde !

  • Les restos du foie, Pierre Desproges, album Les chroniques de la haine ordinaire, vol. 2, janvier 2001 chez PMP Productions / INA.


Les réquisitoires du tribunal des flagrants délires[modifier]

Cette victoire... Les vaincus l'avaient à cœur et les vainqueurs l'avaient dans le cul !


On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde.

S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l'humour noir, elle, la mort ? Regardons s'agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l'heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.


Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non !...


Le Capital est un livre austère [...]. C'est un peu comme l'annuaire, on tourne trois pages et on décroche.


Il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande : on ne peut pas être à la fois au four et au moulin.


L'amour [...], il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. Et à partir de quoi il m'apparaît urgent de me taire.


Siné possède la particularité singulière (bonjour les pléonasmes) d'être le seul gauchiste d'extrême-droite de France. Xénophobe même avec les étrangers (re-bonjour), masquant tant bien que mal un antisémitisme de garçon de bains poujadiste sous la masque ambigu de l'antisionisme pro-palestinien, misogyne jusqu'à souffler dans sa femme pour économiser sa poupée gonflable, plus primaire encore dans son anti-communisme que les asticots moscovites présentement occupés à bouffer Brejnev de l'intérieur, Siné, la baguette sous le bras et le béret sur la tête comme un Guevara de gouttière, va sa vie à petits pas tel un super-Dupont mou plongeant mollement dans le fluide glacé de son troisième âge.

  • Les réquisitoires du tribunal des flagrants délires - Tome II, Pierre Desproges, éd. Points, 2003  (ISBN 978-2020685375), Réquisitoire contre Siné le 13 décembre 1982, p. 103-108


Vivons heureux en attendant la mort[modifier]

Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en s'agitant pour oublier, c'est ainsi que certains sont champions de course à pied, président de la République, alcooliques ou chœurs de l'armée rouge. Autant d'occupations qui ne débouchent évidemment sur rien d'autre que sur la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment.

  • Vivons heureux en attendant la mort, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1983  (ISBN 2020320428), chap. prélude, p. 14


On a envie d'aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton amitié. Mais au moment même où j'espère que je vais t'aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c'était chouette.

  • Vivons heureux en attendant la mort, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1983  (ISBN 2020320428), chap. beurk, p. 75


En scène au Théâtre Fontaine (1984)[modifier]

La mort devrait être un service public gratuit pour tout le monde, [...] comme la naissance.

  • Dernières volontés, Pierre Desproges, album En scène au Théâtre Fontaine (1984), janvier 2002 chez Tot Ou Tard.


L'almanach[modifier]

Si vous avez les seins qui tombent, faites-vous refaire le nez, ça détourne l’attention.

Des femmes qui tombent[modifier]

Adeline Serpillon appartenait à cette écrasante majorité des mortels qu’on n’assassine pratiquement jamais. Elle n’avait pas d’argent, pas d’amour, pas de haine, pas d’attraits. Ses convictions politiques l’amenaient à conspuer doucement les augmentations du prix du gaz, rarement au-delà .

  • Des femmes qui tombent, Pierre Desproges, éd. Seuil, 1985  (ISBN 2-02-008974-2), p. 7


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