Philippe Séguin

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Philippe Séguin (2005).

Philippe Séguin est un haut fonctionnaire et homme politique français, né le 21 avril 1943 à Tunis et mort le 7 janvier 2010 à Paris.

Citations De Philippe Séguin[modifier]

Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat, des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences.

  • Discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti—1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette République qu'ils encensent dans leurs discours et risquent de ruiner par leurs actes !

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


La méthode est habile. En présentant chaque abandon parcellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se permettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble.
On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même.

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maastricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d'être étouffés, ne s'exacerbent jusqu'à se muer en nationalismes et ne conduisent l'Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n'est plus dangereux qu'une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s'exprime sa liberté, c'est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin.

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


Le moment est venu de regarder en face la vraie nature des choses qui n'est pas technique mais politique, et de dire ouvertement, franchement, honnêtement, quels sont les enjeux. Il est temps que ce débat ait lieu. Il est temps de montrer aux Français qu'il y a plusieurs voies possibles et qu'ils ont le choix. Il est temps de leur montrer qu'on les mène vers une impasse et que l'espérance est ailleurs —selon moi du côté de la nation qui est la leur.

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


Car le pouvoir qu'on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n'en hérite. Ce sont des technocrates désignés et contrôlés encore moins démocratiquement qu'auparavant qui en bénéficient et le déficit démocratique, tare originelle de la construction européenne, s'en trouve aggravé.

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)


Car la nation ce n'est pas un clan, ce n'est pas une race, ce n'est pas une tribu. La nation c'est plus fort encore que l'idée de patrie, plus fort que le patriotisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépultures. Car le sentiment national c'est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qui s'appelle la citoyenneté !

  • discours à l'assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht
  • « Discours prononcé par Philippe Séguin le 5 mai 1992 », Philippe Séguin, Mediapart, 1er novembre 2014 (lire en ligne)