Niels Bohr

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Niels Bohr photographié vers 1922.

Niels Bohr, né à Copenhague, en Hovedstaden, en 1885 et mort en 1962 à Copenhague, est un physicien, chimiste, philosophe des sciences et professeur danois.

Physique atomique et connaissance humaine (Atomphysik and human knowledge), 1958[modifier]

De même qu'une figure d'interférences disparaîtrait aussitôt que, voulant nous assurer que l'énergie lumineuse se propage seulement le long d'un des chemins qui mènent de la source à l'écran, nous arrêterions un des faisceaux par un corps opaque, de même il est impossible, dans tous les phénomènes où la constitution ondulatoire de la lumière joue un rôle essentiel, de déterminer la trajectoire des quantas de lumière individuels, sans perturber le phénomène observé. Il en résulte que la continuité spatiale de notre image de la propagation de la lumière et le trait d'atomicité des effets de la lumière sont complémentaires en ce sens qu'ils expriment chacun des traits également importants des phénomènes lumineux, traits qui ne peuvent jamais entrer en contradiction directe, car leur analyse précise en termes mécaniques exige des dispositofs expérimentaux qui s'excluent mutuellement.
  • Physique atomique et connaissance humaine (1961), Niels Bohr (trad. Edmond Bauer et Roland Omnès), éd. Gallimard, coll. « Folio/essais », 2020  (ISBN 978-2-07-046955-0), chap. I Lumière et vie, p. 152


La révision du problème de l'observation, dont l'initiateur fut Heisenberg, l'un des principaux fondateurs de la mécanique quantique, lorsqu'il introduisit son principe d'indétermination, a conduit à découvrir des présuppositions jusqu'alors inaperçues pour l'usage non ambigu des concepts les plus élémentaires sur lesquels repose notre description des phénomènes naturels. Le point décisif est ici d'avoir reconnu que toute tentative est vouée à l'échec, qui aurait pour but d'analyser à l'aide des méthodes et des concepts de la physique classique l'« individualité » des processus atomiques qui résulte de l'existence du quantum d'action, et cela parce qu'il est impossible de séparer nettement un comportement non perturbé des objets atomiques de leur interaction avec les instruments de mesure indispensables pour cette analyse.
  • Physique atomique et connaissance humaine (1961), Niels Bohr (trad. Edmond Bauer et Roland Omnès), éd. Gallimard, coll. « Folio/essais », 2020  (ISBN 978-2-07-046955-0), chap. II Biologie et physique atomique, p. 174


Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, le point de vue relativiste peut nous être d'une utilité profonde en nous conduisant à considérer plus objectivement les relations entre cultures humaines, dont les différences traditionnelles ressemblent en bien des points aux diverses manières équivalentes dont peuvent être décrits les résultats d'expériences physiques. Et cependant, cette analogie entre les problèmes des sciences de la nature et ceux des sciences de l'esprit, est d'application limitée et son exagération a même conduit à méconnaître l'essence même de la théorie de la relativité. Car l'unité de la représentation relativiste implique précisément la possibilité, pour tout observateur, de prédire, en son propre cadre conceptuel, comment un autre observateur ordonnera son expérience dans son cadre à lui. L'obstacle principal, qui nous empêche de considérer sans préjugés les rapports entre les diverses cultures, ce sont les différences profondes entre les arrière-plans traditionnels sur lesquels repose, dans chaque société, l'harmonie culturelle devant la vie ; et ces différences excluent toute comparaison simple entre ces attitudes.
  • Physique atomique et connaissance humaine (1961), Niels Bohr (trad. Edmond Bauer et Roland Omnès), éd. Gallimard, coll. « Folio/essais », 2020  (ISBN 978-2-07-046955-0), chap. III Philosophie naturelle et culture humaine., p. 191-192


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