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Nicole-Lise Bernheim

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

Nicole-Lise Bernheim (1941-2003) est une écrivaine, journaliste, réalisatrice, productrice de radio française féministe. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages et a collaboré notamment avec Le Monde, Le Monde diplomatique, L'Express et France Culture.


Citations[modifier]

Pourquoi les lions baissent la tête, 1978[modifier]

Un nom difficile à prononcer, à épeler souvent au téléphone. Pas simple : tu viens d'où ? Ah ta famille est d'Alsace. Elle ne disait pas à chaque fois que sa famille était juive, virgule, d'Alsace. Elle savait peu de chose, ridiculement peu de chose sur l'origine de la famille, sur ses racines, sur l'épopée des ghettos, l'arrivée en Alsace. Pourquoi, comment. Elle avait toujours refusé de s'y intéresser.
  • Pourquoi les lions baissent la tête, Nicole-Lise Bernheim, éd. Éd. Régine Desforges, coll. « Roman », 1978  (ISBN 2-901-98096-1), p. 22


Mersonne ne m'aime, 1979[modifier]

Renée Vivien, Rose Sélavy et Sylvie Delarue-Mardrus, l'amie d'Irène Flipo-Risq, composaient le noyau permanent des G.A.R.C.E.S.

Les filles s'accroupirent près de la blanche table laquée pour déguster le pousse-au-crime (une absinthe suisse) qui déliait langues et esprits.

  • Mersonne ne m'aime, Nicole-Lise Bernheim, Mireille Cardot, éd. Éd. Des autres, 1979  (ISBN 2-7305-0002-2), p. 107


Les hommes-spirale, 1980[modifier]

C'est le soir qu'il se sentait un peu seul dans le cimetière désert. De petits bruits l'entouraient, vent dans les cyprès, craquement des marbres, petits animaux familiers du cimetière, et cette sensation d'être protégé du monde par les hauts murs roses qui cernaient les trois-quarts de l'île.
  • Les hommes-spirale, Nicole-Lise Bernheim, éd. Éd. Ramsay, coll. « mots », 1980  (ISBN 2-85956-145-5), p. 75


L'Aigle et la Soie, 1984[modifier]

En franchissant la grille qui fermait le parc Allegri, Giacomo tenait Ariane par la main. Un valet en livrée noire et groseille les introduisit dans le salon où la princesse Fausta avait tenu à recevoir sa future belle-fille. Elle se résignait au mariage devant le scandale de l'enlèvement que leur maudit beau-frère menaçait de faire éclater si elle et son mari continuaient à s'y opposer. « Pas de scandale, jamais! pensait la princesse. Certes la famille en a vu d'autres. Mais la petite Française me paiera un jour ou l'autre son entrée par effraction dans notre maison. »
  • L'Aigle et la Soie, Nicole-Lise Bernheim, éd. Éd. Stock, coll. « Roman », 1984  (ISBN 978-2-234-01707-8), p. 103


Chambres d'ailleurs, 1999[modifier]

L'écriture a toujours du retard sur la réalité. Ainsi je termine ce texte devant les vagues grises de la mer du Japon, à deux cents kilomètres de Kyoto. En face, la Chine, la Corée et l'URSS. L'eau et le sable sont comme partout ailleurs pollués. Une digue protège le village de ses blocs de béton en quinconce. Un phare rouge, un phare blanc et un chantier naval. La neige tombe à petits flocons sur la côte plantée de pins et de bambous.
  • Chambres d'ailleurs, Nicole-Lise Bernheim, éd. Éd. Payot & Rivages, coll. « Petite bibliothèque Payot », 1999  (ISBN 978-2-228-89226-1), p. 35


Saisons japonaises, 2002[modifier]

Petit à petit, le Jison-in a pris un aspect saint-sulpicien. Devant l'autel, un bonze en plastique avec Minicassette intégrée raconte la légende du temple moyennant quelques yens. Placé sur l'autel, un magnétoscope montre une vidéo de douze minutes consacrée par la chaîne NHK à l'épopée du chien. Le supérieur la branche pour chaque promeneur. Il ne peut s'empêcher, dès que la bande est terminée, de reraconter l'affaire, preuves à l'appui, c'est à dire press-book à la main. Son fonds de commerce en vaut un autre.
  • Saisons japonaises, Nicole-Lise Bernheim, éd. Payot & Rivages, coll. « Petite bibliothèque Payot », 2002  (ISBN 978-2-228-89530-9), p. 220


La cloche de 10 heures, Radiographie d'une rumeur, 2002[modifier]

Plus personne ne sait quel est le statut de la Zehnerglock, ni qui sonne. Mais elle sonne. Ce qui sonne, c'est cette histoire : la paix sans étrangers. Mais on peut en même temps la concevoir comme une marque ou un stigmate, et quelque chose de familier. Comme toute chose familière, il n'est pas évident de la réinterroger. Ça a un aspect « secrets de famille ».
  • La cloche de 10 heures, Radiographie d'une rumeur, Nicole-Lise Bernheim, éd. La Nuée Bleue, coll. « Les cahiers de La Nuée Bleue », 2002  (ISBN 978-2-716-505468), p. 45


Couleur cannelle, 2002[modifier]

Aujourd'hui, Lionel a déniché un saphir bleu à reflets rouges, aux facette polies, devant lui, sur la plus fine des meules japonaises. L'éclat du saphir, bleu, lisse, diaphane, parfait, fera perdre la tête aux clientes californiennes. Afin de le rendre irrésistible, il le frotte, le caresse encore et encore avec son mouchoir. Le cristal étincelle, multiplie la cascade de ses feux impalpables et célestes.
  • Couleur cannelle, Nicole-Lise Bernheim, éd. Arléa, Seuil, coll. « Récit de voyage », 2002  (ISBN 978-2-869-595927), p. 143


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