Nantes

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Port de Nantes
Port de Nantes

Nantes, chef-lieu du département de la Loire-Atlantique et de la région administrative des Pays de la Loire. Elle est située dans le sud-est de la Bretagne historique, dont elle fut la plus grande ville avant d'en être administrativement séparée.

Littérature[modifier]

Nouvelle[modifier]

André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924[modifier]

Le passage Pommeraye

J'allais probablement toucher la robe de la femme, lui prendre la main, toucher sa chevelure ; j'allais la prendre dans mes bras et découvrir le plus beau secret de Nantes [...]. La porte s'ouvrit avec le déclic bref d'une trappe, et la femme s'engouffra dans un escalier qui montait en colimaçon resserré, où je me jetai après elle le plus vite que je pus. Déjà vacillante à notre première rencontre, la chevelure s'était complètement effondrée au moment du geste qui eût dû me chasser, et elle remplissait le boyau peu large de cet escalier éclairé par le haut, en faisant l'obscurité derrière elle, mais elle répendait aussi une bonne odeur de bête chaude et suante qui me laissait sur ses traces.


Roman[modifier]

André Breton, Nadja, 1928[modifier]

Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux […], où pour moi la cadence de la vie n'est pas la même qu'ailleurs, où un esprit d'aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d'où peuvent encore me venir des amis [...].


Paul Guimard, L'Ironie du sort, 1961[modifier]

Il pleuvait lorsque le camion freina rue Mercœur, devant la porte d'Antoine, un de ces grains venus du golfe de Gascogne, qui remontent comme par erreur l'estuaire de la Loire mais qui, loin dans les terres, restent encore marins et crèvent sur la ville ainsi que sur un navire.


Entre Saint-Stanislas et la porte cochère, la distance est moins grande dans l'espace que dans le temps, huit cents mètres à vol d'oiseau, mais hors de portée du souvenir. De ce côté-ci un adolescent très vieux, comme savent en fabriquer les guerres. De l'autre, un garçon doué qui « pouvait mieux faire », plein d'élans et de velléités, mal assuré dans ses projets, faiseur de phrases, cœur de héros, tête incertaine, craignant le péché moins que le châtiment. Entre les deux, il a coulé de l'eau sous les ponts de cette Erdre qui sépare le collège Saint-Stanislas de la porte cochère devant laquelle un homme va mourir. Huit cents mètres et trois ans de guerre, telles sont les dimensions du fossé creusé entre l'élève moyen qui « pouvait mieux faire » et le tueur de vingt ans qui assure dans sa main moite la crosse de bois du Webley.

  • Le 11 septembre 1943, à 11 heures du soir, Antoine Desvrières attend l'arrivée du lieutenant Werner qu'il est chargé d'abattre.


En 1959, Antoine Desvrières se trouve à Wiesbaden ; le portier de l'hôtel est l'ancien soldat allemand dont l'intervention aléatoire a fait échouer l'attentat. Il est intéressé par le lieu de naissance d'Antoine.

— Ah ! Monsieur Desvrières, Nantes... J'ai connu très bien, pour deux années. Rue Crébillon, place Graslin, café de France, La Cigale, formidable ! Madame aussi est née à Nantes ?
Les origines d'Ursula ne suscitèrent pas le même enthousiasme.
- Je ne connais pas la Suisse. Nous n'avons pas allé en Suisse pendant la guerre, ... Je regrette ; Mais je connais beaucoup Nantes. Elle était mon poste, et Saint-Nazaire et Angers. Nantes est le mieux. Je suis très heureux de parler du bon temps ; Compris ?


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