Mustafa Kemal Atatürk

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Mustafa Kemal Atatürk, Mustafa Rıza selon l'état civil, né à Salonique en mai 1880 ou 1881 et mort à Istanbul le 10 novembre 1938, est le fondateur et le premier président de la République turque.

Discours[modifier]

Quoique la grande Révolution française, dont nous lisons les pages sanglantes avec admiration et enthousiasme, ait jailli du cœur de la nation française, ses résultats n’en furent pas moins d’une portée universelle. […] On a vu d’un bon œil, en plein XXe siècle, qu’on affirme être le siècle du droit et de la justice, que le peuple de Turquie fût soumis à un régime d’oppression et de violence qui avait, à juste titre, soulevé la nation française cent trente ans auparavant. Le peuple de Turquie s’est soulevé pour défendre ses droits méconnus et foulés aux pieds. […] J’espère que les fils de la France d’aujourd’hui, de cette France révolutionnaire et patriote qui a, par sa dévotion à la défense des droits de l’homme, inspiré à l’humanité pensante ses principes les plus supérieurs, confirmeront par les faits la juste cause de la Turquie.

  • Discours prononcé le 14 juillet 1922, à l’ambassade de France.
  • La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk, Thierry Zarcone, éd. Gallimard, 2005, p. 132


Nous ne pouvons pas considérer que les succès que notre armée a remportés jusqu’à maintenant nous ont permis de réaliser le salut de notre pays. Ces victoires n’ont fait que préparer le terrain de nos réussites futures. Ne nous glorifions pas vainement des triomphes militaires, mais préparons-nous plutôt à remporter de nouvelles victoires dans les sciences et l’économie.

  • Discours prononcé en 1923, après la victoire des Turcs dans leur guerre d’indépendance.
  • Islam et laïcité. Naissance de la Turquie moderne, Bernard Lewis, éd. Fayard, 1988, p. 222


Rejetons le fez, qui est sur nos têtes comme l'emblème de l'ignorance et du fanatisme, […], et adoptons le chapeau, coiffure du monde civilisé ; montrons qu'il n'y a aucune différence de mentalité entre nous et la grande famille des peuples modernes !

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 382


Réunir différentes nations sous une dénomination générale et commune, conférer à ces différents groupes d’éléments les mêmes droits, les soumettre aux mêmes conditions et fonder ainsi un État puissant, c’est là un point de vue politique aussi tentant qu’attrayant, mais il est trompeur. Entreprendre même de réunir les différentes tribus turques existant sur la terre, sous les auspices d’un même État, supprimant ainsi toutes les frontières, est déjà un but irréalisable. […] Pour que notre nation puisse mener une existence heureuse, solide et durable, il est nécessaire que l’État poursuive une politiquement exclusivement nationale, et que cette politique soit intégralement conforme à notre organisation intérieure et s’appuie sur celle-ci.

  • Discours prononcé du 15 au 20 octobre 1927, devant l’Assemblée nationale turque.
  • Discours du Ghazi Mustafa Kemal, président de la République de Turquie, Kemal Atatürk, éd. Centre de recherches Atatürk, 2012, p. 389


Mes amis, notre langue riche et harmonieuse va maintenant pouvoir se déployer en nouveaux caractères turcs. Nous devons nous affranchir de ces signes incompréhensibles qui depuis des siècles maintiennent nos esprits dans un carcan de fer. Il vous faudra apprendre rapidement le nouvel alphabet turc. Enseignez-le à vos compatriotes, aux femmes et aux hommes, aux portefaix et aux marins. Considérez cela comme un devoir patriotique national […] et en faisant ce devoir, souvenez-nous qu’il est honteux que dans une nation 10 à 20 % de la population sachent lire et écrire tandis que 80 à 90 sont illettrés. […] Ce n’est pas notre faute ; elle incombe à ceux qui n’ont pas su comprendre le caractère des Turcs et ont enchaîné leur esprit. Le moment est maintenant venu d’extirper les erreurs du passé.

  • Discours prononcé le 9 août 1928.
  • Islam et laïcité. Naissance de la Turquie moderne, Bernard Lewis, éd. Fayard, 1988, p. 243


Je ne mourrai pas en laissant l’exemple pernicieux d’un pouvoir personnel. J’aurai fondé auparavant une République parlementaire libre, aussi éloignée du bolchevisme que du fascisme.

  • Discours prononcé en 1930. Atatürk mourut d’une cirrhose du foie avant de réaliser ce projet, mais le multipartisme fut instauré en Turquie en 1945-1946.
  • La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk, Thierry Zarcone, éd. Gallimard, 2005, p. 63


La souveraineté ne devrait pas être bâtie sur la peur. La souveraineté qui repose sur les canons ne peut se maintenir. Une telle souveraineté, ou dictature, ne peut être qu’un expédient provisoire à une époque de bouleversement.

  • Discours prononcé en 1930.
  • Islam et laïcité. Naissance de la Turquie moderne, Bernard Lewis, éd. Fayard, 1988, p. 210


Notre problème essentiel est de hausser notre pays parmi les plus civilisés, et les plus riches. Ceci est l’idéal dynamique de la grande nation turque, qui a réalisé une révolution fondamentale, non seulement dans les institutions, mais également dans les mentalités. […] C’est pourquoi, ne plus laisser un seul citoyen qui ne sache lire, écrire, former les éléments techniques nécessaires au relèvement et à la structure du pays, promouvoir des individus et des institutions qui comprennent, expliquent et transmettent de génération en génération l’idéologie des problèmes nationaux, réaliser dans les plus brefs délais ces idéaux, voilà la grande et lourde obligation que le ministère de l’Éducation a prise sur lui.

  • Discours prononcé le 1er novembre 1936, devant le Parlement turc.
  • La Turquie. De l’Empire ottoman à la République d’Atatürk, Thierry Zarcone, éd. Gallimard, 2005, p. 135


Attribuées[modifier]

L'homme politique qui a besoin des secours de la religion pour gouverner n'est qu'un lâche ! [...] Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l'État.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 13


Depuis plus de cinq cents ans, [...] les règles et les théories d'un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la Constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu'il apprend à l'école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu'à ses pensées les plus intimes. L'Islam, cette théologie absurde d'un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 323


Vous venez me parler des avantages que nous a valu notre conversion à l'Islam, et moi je vous dis : regardez ce qu'elle nous a couté !

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 326


Il faut savoir choisir, [...], entre la révélation passée et la liberté future.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 326


La République turque ne veut pas demeurer le pays des cheiks et des derviches, des confraternités et des couvents. Comme ordre, il n'y en a qu'un seul de vrai et de raisonnable — celui de la civilisation.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 326


Le Califat n'est qu'un reliquat de l'Histoire. Rien ne justifie son existence.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 328


N'est-ce pas pour le Calife, pour l'Islam, pour les prêtres et pour toute cette vermine que le paysan turc a été condamné à saigner et à mourir pendant des siècles sous toutes les latitudes et sous tous les climats ? Il est temps que la Turquie songe à elle-même, qu'elle ignore tous ces Hindous et Arabes qui l'ont menée à sa perte. Il est grand temps, je le répète, qu'elle secoue définitivement le joug de l'Islam ! Voilà des siècles que le califat se gorge de notre sang.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 332


Je ne suis pas assez fou pour mettre dans le même sac les étrangers qui nous pillent, et ceux qui nous enrichissent.

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 370


Mais pourquoi nos femmes s'affublent-elles encore d'un voile pour se masquer le visage, et se détournent-elles à la vue d'un homme ? Cela est-il digne d'un peuple civilisé ? Camarades, nos femmes ne sont-elles pas des êtres humains, doués de raison comme nous ? Qu'elles montrent leur face sans crainte, et que leurs yeux n'aient pas peur de regarder le monde ! Une nation avide de progrès ne saurait ignorer la moitié de son peuple !

  • Mustapha Kémal ou la mort d'un empire, Jacques Benoist-Méchin, éd. Albin Michel, 1954, p. 373


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