Maxence Caron

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Maxence Caron

Maxence Caron (né en 1976) est un écrivain, philosophe, poète et musicologue français, agrégé de philosophie, docteur ès Lettres, diplômé du Conservatoire National de Musique, lauréat de l'Académie française.

Le Chant du Veilleur - Poëme Symphonique[modifier]

Quelle vitesse s'amoncelle en mon sang...
L'influx d'Esprit est considérable.
Quelle vitesse et quelle tendresse s'amoncellent en mon sang...

  • Le Chant du Veilleur - Poëme Symphonique, Maxence Caron, éd. Via Romana, 2010  (ISBN 9782916727875), p. 9


Nous autres, poëtes de cet avenir sans cesse naissant, pensons et parlons extravagamment aux apparences
et avant même que Ta grâce ne révèle dans notre tortueux pèlerinage son amoureuse précédence.

  • Le Chant du Veilleur - Poëme Symphonique, Maxence Caron, éd. Via Romana, 2010  (ISBN 9782916727875), p. 15


Je n'ai aucun droit à douter de Dieu. D'un accroissement de lumière il irradie le torse,
et lorsque je doute de moi, qui suis faible, je connais combien l'Absolu libère les forces.
Les aucuns éructeront ce qu'ils voudront, les remontrances importent guère.
Que l'âme sonne, que l'Essentiel résonne !

  • Le Chant du Veilleur - Poëme Symphonique, Maxence Caron, éd. Via Romana, 2010  (ISBN 9782916727875), p. 21


Pour renaître et connaître en Esprit,
j'ai laissé la tendresse du Père me parler différentiale dans le Sang ressuscitant et ressuscité du Fils.
Et voici que dans le Nom Trinitaire la symphonie que j'engrave se donne en demeure à l'Éclair Eucharistique.

  • Le Chant du Veilleur - Poëme Symphonique, Maxence Caron, éd. Via Romana, 2010  (ISBN 9782916727875), p. 265


Pages - Le Sens, la musique et les mots[modifier]

La Messe en si est une magistrale cathédrale unifiée en un infracassable noyau de catholicité comme si Bach, tandis qu’il était né en un pays qui le faisait religieusement dépendre de la dogmatique religieuse inhérente à un schisme, avait voulu rendre à l’Église et à la Chrétienté ce que la singularité forcée de la Réforme lui avait fait produire en termes musicaux à travers l’art poétique des Cantates et des Passions.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 414


[Sur Beethoven] : Il aura fallu qu’un très grand génie devînt sourd pour entendre sourdre d’aussi près les variations, la musique et la foi que le rapport à l’Essentiel fait surgir en l’âme.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 156


La Deuxième Symphonie de Brahms est l’inquiète tendresse d’un regard face à la profondeur d’un monde psalmodié.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 71


Quand la foule aura exaspéré sa médiocrité, sans jamais revenir à autre chose qu’à du néant central au sein de la ronde d’immanence, elle hurlera vers la philosophie un appel auquel répondra la pensée de la Différence fondamentale du Transcendant, préface à la Sagesse qui vient. Tandis que s’écrit maintenant le système nouveau de la pensée.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 118


Lire Pascal ne laisse jamais indemne : cet homme a vu. Le Feu divin lui apparut le 23 novembre 1654. Et l’on apprend à voir, infiniment, dans le regard ophtalmique de ce grand migraineux. Il voyait loin, et il voyait ainsi quel serait le cadre de l’Apocalypse, comme en témoigne telle extraordinaire sentence où nous concluons que la première des obligations de notre époque renversée est l’urgence de retrouver, pour chacun, Celui qui parle au centre de son être : car le Seigneur vient imminent, dans la manifestation de sa Gloire, puisque, comme le dit Pascal, « c’est le consentement général dans l’erreur qui doit attirer le dernier jugement de Dieu ».
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 399


Le Te Deum de Bruckner est une remarquable alternance entre plainte humaine en demande de miséricorde et peinture sonore de la gloire de Dieu en acte. […] La musique vise céans pour le compositeur à devenir l’analogique être-là de la Seigneurie d’Eternité.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 20-21


Furtwängler ne s’embarrassait point de ces injustifiables déclarations de modestie par lesquelles les indoués protagonistes des époques démissionnaires se dispensent de s’obliger au génie, mais, avec l’humilité de celui qui se met au service de la souveraineté de ce qui le dépasse afin de mieux recevoir le règne de sa beauté, affirmait qu’« il n’y a qu’une seule façon d’interpréter une grande œuvre, et le but est de s’en approcher le plus possible ». Les divers essais d’interprétation ne sont donc pas sous-tendus par un relativisme grégaire, mais par une vérité de la musique, une unique Sens, la pure Singularité, à laquelle atteindre produit une multiplicité dont la richesse désigne le point focal et caché vers lequel tout son fait sens.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 142


Valéry ne dit pas la perte irrémédiable, il ne chante pas l’impossibilité de chanter, il dit la musique primordiale inscrite et palpitante, la possibilité sise en l’âme que l’inattention à soi lui fait risquer de perdre, et montre le chemin qui, par-delà les errances que la vie fait subir, convoque à renouer avec les clartés que cette Eternité met en nous de sorte à nous faire comprendre que notre rôle est d’attendre (soit être attentif et patient) qu’elle prenne elle-même initiative à l’intérieur de ces limites qui sont les nôtres et sur lesquelles elle seule a droit et pouvoir. Valéry est le poëte de l’humilité pensive en attente du Principe.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 129


Mozart lutte en sol mineur pour exprimer, contre les horizons barbares, les régions où se peuvent dire les termes de sérénité qui permettent d’évoquer le Sens dont l’âme est l’image, la Musique silencieuse dont la sonorité de l’âme est l’instrument vibrant. Alternent ainsi les moments de combat et conquête, les apaisements paradisiaques, et les triomphes dans l’humeur. Jamais ainsi n'a été aussi visible et occulté que dans ses pièces les plus célèbres, et pour cette raison les moins connues, le sens de l'œuvre, de la sensibilité et de la pensée de Mozart.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 357


« L’Alchimie du verbe », ce « long, patient et raisonné dérèglement de tous les sens », que le poëte s’impose à l’encontre de tout plaisir et qui le constitue « Voyant », fait de lui le lieu où se dépose la totalité. Mais, au cœur même de la matière, l’illumination ouvre la nuit, au cœur du soi théâtre et dépôt de l’unité opéradique du monde, une autre instance de Parole, inconnue, se prononce : le moi est habité par Un plus grand que lui, « Je est un Autre ». La nature désigne l’Ineffable, une Parole qui prononce le monde mais que l’on ne saurait dire. L’Alchimie se retourne contre soi tout en suivant le chemin de son accomplissement, la subversion est véritablement subversive ; que faire ?
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 62


Les Polonaises de Chopin sont, selon la belle expression de Samson François, « la tendresse gagnée à force de dureté ». Sortes de valses arrimées et syncopées, paradoxales, non dansantes mais profondément ancrées en cellules obsessionnelles, mélodiquement accrochées à un schème rythmique récurrent en la basse qui appuie une note longue qu’elle fait suivre d’un rebondissant doublon d’accords rapidement répétés et rejoignant une autre basse, la Polonaise chez Chopin est lieu de la lutte et de l’élan, lieu du dégagement et théâtre du détachement conquis. Elles construisent l’habitation de l’humanité par le séjour dans l’attente spirituelle.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 250


La Pastorale et la Cinquième sont une même pensée, un diptyque préfigurant l’accomplissement de l’œuvre beethovenien en cet autre diptyque, aux incalculables proportions internes et historiques, la Neuvième Symphonie et la Missa Solemnis (dont Beethoven disait qu’elle était sa plus grande œuvre). Une pensée : celle de la réconciliation avec Dieu. Il faudra attendre la Missa Solemnis pour que les motifs de l’Incarnation, de la Résurrection et de la Rédemption, déjà présents en filigrane, soient pleinement exprimés comme le lieu de la complète résolution où s’origine toute future quête de Joie et de confiance en la Sagesse qui a toute initiative pour conduire Elle-même et sacramentellement au saint giron de son Eternité.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 240


Joseph de Maistre est précisément l’homme et le penseur qu’habite une absence absolue de compromission avec ce qu’il refuse et dénonce. S’il est vrai, comme le dit l’Apocalypse, que le Seigneur vomit les tièdes, on voit mal comment l’ardeur catholique de l’auteur des Considérations sur la France, dont tant de petites glottes gercées par les fausses bienséances ont mal à dégurgiter les salutaires sucs, on voit mal comment l’auteur de l’Examen de la philosophie de Bacon, qui élimine l’idole empiriste avec le brio d’un rationalisme apologétique ayant aujourd’hui quasiment disparu des rangs de ce qui reste de culture chrétienne, on voit mal comment l’auteur des inaltérables Soirées de Saint-Pétersbourg pourrait en son zèle, présenter un motif d’indigestion à l’estomac suprême.
  • Pages - Le Sens, la musique et les mots, Maxence Caron, éd. Séguier, 2009  (ISBN 978-2-84049-589-5), p. 376


La Vérité captive[modifier]

Infirmes amants de l’inessentiel qui comme jamais choyons la déchéance, chérissons de choir et renchérissons sur nos chutes, il est un fait que nul n’est plus besoin de se hisser jusqu’à la figure d’un sublime misanthrope pour reconnaître que nous tombons.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 9


Toute pensée conséquente du Principe conduit à ce que la philosophie a voulu éviter afin de fuir la nécessité de réformer ses statuts : l’archisme conduit à la pensée de la Différence fondamentale du Principe.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 55


La Pensée de la Différence fondamentale est une philosophie d’avant les siècles.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 53


Miroir tendu à une assemblée humaine que ses contradictions et son manque de radicalité ont façonnée, la philosophie n'est plus qu'un nom. La pensée vit en cage avec la Vérité qu'elle retient captive de peur de devoir La suivre là où Elle se tient, dans les hauteurs auxquelles aborder exige que l'on se dévête des paresses spéculatives et des confortables inconséquences au sein desquelles gamberge le bourgeoisisme intellectuel repu d'immanence et s'opposant à l'aristocratie de la pensée consciente de l'incassable élément d'éternité dont elle se reçoit et capable seule de ne pas ignorer ce qu'elle lui doit. L'intellectuel contemporain que l'orgueil rend semblable a un corps noir, absorbe toute la lumière afin de briller lui-même, ignorant qu'en cela réside la raison pour quoi il ne renvoie plus aucune lumière et demeure toujours si opaque dans sa banalité sudoripare et surinvestie. "Je crèverais comme un obus si je n'absorbais comme un chancre", fait dire Baudelaire à la goinfrerie de l'esprit bourgeois.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 291


Comme les Yahoos croisés par Gulliver au pays des Houyhnhnms, les hommes de l’outre-modernité ne se servent de leur raison que pour accroître et multiplier leurs perversions. A l’exclusif service du vice la dialectique subit d’inédites contorsions dès lors qu’il s’agit de lui faire justifier une infamie. Les bêtes sauvages ont plus de bonheur que ceux qui, parmi les hommes, sont victimes de l’erreur : elles se repaissent d’ignorance, mais du moins elles ne contrefont pas la vérité. Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable, mais s’il advient, comme souvent, qu’il le soit, l’opinion préférera le faux même suprêmement invraisemblable.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 12


Ce que l’âge présent comporte d’inédit ne réside pas d’abord dans son avachissement et dans sa nullité, mais dans sa fate, suffisante et satisfaite prédilection pour la misosophie. [...] L'instinct d'accommodement l'emporte sur la conscience de l'intolérable.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 19


Une théorie de la donation comme celle de (Jean-Luc) Marion n'est autre qu'un aveuglement au champ de Transcendance et à la consistance de fondamentale Différence en qui s'ouvre la possibilité même de la donation. Et faire cesser la pensée à la donation est une insuffisance spéculative notoire, car "l'intelligence est précisément de savoir de qui vient la faveur, le don" (Sagesse, VIII, 21).
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 435


Avant-scène du Règne, la pensée de la Différence fondamentale, assise sur les cendres de l'outre-modernité et les yeux tournés vers le Royaume inamissible, annonce l'unification finale de la pensée avant la venue terminale du Logos ; initiant et regardant les courbes de la Foi et de la raison se réunir dans l'unicité de la pensée, le philosophe libre et véritable est prophète de la Sagesse qui vient.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 287


Le temps est où il faut laisser l’âme bondir sur sa propre essence, le temps où il faut donner la pensée à la Différence dont elle reçoit ses fractales. Le moment est venu de faire pénétrer la pensée en la liberté qu’elle contient, en « la liberté d’esprit, dit Chardon, que Dieu donne à ceux qu’il a faits ses enfants et qu’il a choisis, en l’honneur de sa grâce, pour être les héritiers de l’immensité de sa gloire » . Il s’agit de laisser la pensée renouer avec l’ancre fondamentale qui la pondère, avec la consistance propre de la Substance trinitaire, il s’agit de laisser la pensée commencer enfin – avant qu’enfoncés puis recouverts, étouffés enfin par le cratère d’une croissante immanence se nourrissant de nos desquamations idolâtrées et de nos helminthes adulées jusqu’au vertige, pris à la gorge par l’immanentisme ou par ce mobilisme que nous aurons préféré à l’appel d’une si évidente autant que si insaisissable et si divine Transcendance, gémissant sans force car inlassablement exténués de n’être plus que de serviles membres cernés par leurs propres excréments apostats, nous ne finissions par pousser cette plainte sans timbre qui est celle de la Winnie de Beckett : « Quelle malédiction la mobilité ». Il est temps pour la pensée, car c’est là son aspiration la plus profonde dont toutes les fuites ne sont qu’autant de figures corrompues, de commencer et d’aller en fin au Principe. Car il faut consacrer ce qu’on écrit à ce qui vient (Goethe, Maximes, 1035).
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 1055


Dieu se laisse équarrir ; et sauvé, je le suis en espérance par, multiple en le Corps, l'infinité de cette Plaie Catholique.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 1111


Le temps est l'ombre aimante de l'Eternité.
  • La Vérité captive - De la philosophie, Maxence Caron, éd. Cerf, 2009  (ISBN 978-2-204-09003-2), p. 1116


Être et identité[modifier]

Hegel affirme qu'un universel séparé du particulier n'est pas l'universel. Apparemment rien de plus juste. Mais il omet de prendre en considération qu'un universel dépendant du particulier ne peut ête promu au rang de l'universel ; un tel "universel" n'est finalement pas non plus l'universel. La dignité revendiquée par Hegel pour l'universel est remise en cause par l'argument même destiné à asseoir cette universalité. Le concept d'universalité a une autre exigence à laquelle Hegel reste sourd, exigence soulignée par saint Augustin qui affirme qu'on ne peut en toute rigueur outrepasser la vérité selon laquelle "Dieu n'est pas béatifié par ses propres créatures" (De Genesi ad litteram, IV, XVI, 28), ni donc par le contenu censé ici conférer à revers sa plénitude au Principe.
  • Être et identité, Maxence Caron, éd. Cerf, coll. « Passages », 2006  (ISBN 2204080241), p. 343


Microcéphalopolis[modifier]

Archiques et migraineuses, bouillantes de lumière contenue, nos têtes dardent les orages inchoatifs.


Absent à toute valetaille partisane, tendu par l'Essence vers l'Essence, réciproquant aimé d'archisme, et par grâce dégagé de barbarie, je suis anarchiste de droit divin.


Ils s’accolent et ils s’ennuient, ils sont inséparables et ils se quittent, ils se regglutinent et se lutinent, ils s’échinent à hoqueter concertants dans la fouterie ; ils se détestent, s’observent, s’étudient et se fuient sous le même toit parmi les coups de reins hebdomadaires qu’ils s’infligent pour oublier qu’ils n’ont rien à se dire.


Microcéphalopolis s’amuse aux dépens de toute grandeur, elle jouit de tout faire choir au niveau d’une générale et feintement enjouée copulation de l’individu avec une bêtise aussi illimitée que peut l’être le désir de ne se vouloir que matière aspirante et consomptive.


Génie, toi, si tu fusses encore en un coin du monde, ne manque pas d'entendre et de prononcer ce choral de sens qui descend et qui monte à vue d'homme en un vertige d'amour recentrant.


Le monde s'abîme et s'en contente, mystérieusement, le monde s'abîme jusques à ce que percent, soudain, du seul Seigneur les foudroyants Regards, miséricordieux brasiers incarnadins et triomphaux.


Heidegger - Pensée de l'être et origine de la subjectivité[modifier]

Poser la question de son propre être est la dimension fondamentale de la personnalité de celui qui pose une telle question : dès lors, la question est ineffaçable de la conscience elle-même, consitituée singulièrement comme ce qui a le pouvoir de revenir sur soi de manière problématique.
  • Heidegger - Pensée de l'être et origine de la subjectivité, Maxence Caron, éd. Cerf, coll. « La Nuit surveillée », 2005  (ISBN 2-204-07732-1), p. 21


Lire Hegel[modifier]

Quelle cohérence dans une attitude de pensée qui se vante de comprendre qu'on ne peut comprendre? À moins que l'honnêteté requise par la cohérence ne soit sacrifiée sur le reposoir de la pensée paresseuse qui refuse les contraintes imposées par la Chose même et préfère le sommeil que lui garantit la ruine postulée de la philosophie, "le mol oreiller du doute"... Le penseur moderne serait-il ennemi du savoir, misosophe?.
  • Lire Hegel, Maxence Caron, éd. Ellipses, 2000  (ISBN 2729800123), p. 7


Divers[modifier]

Engagée dans la permanente prise de conscience de l’action de son concept, la philosophie apparaît en dernière instance comme la science de la permanente rétrocession envers elle-même : elle prend en garde le lieu d’où elle peut se déployer pour regarder le monde afin de le rendre sien, elle est permanent regard vers la possibilité de son déploiement, elle est la réflexion qui prend en considération l’espace de possibilité de son propre jaillissement puis des sciences que son initial souci provoque. La philosophie est mémoire de toute condition de possibilité ainsi que de sa propre condition de possibilité.


La pensée augustinienne donne au christianisme son premier "système" philosophique, qui rayonne sur le Moyen Âge et la pensée moderne, et que les plus beaux fleurons de la pensée contemporaine n'ont pas encore su détrôner.


La Vérité incarnée vient rappeler à l’homme la proximité du Principe à sa constitution.


Le Christ n’est pas un élément mythologique mais l’expression maximale d’un principe ontologique.


La Sainte Vierge, disent les Pères, est le Temple où le Fils choisit de s'incarner : à la "Splendeur de la Vérité", il faut un Tabernacle digne d'Elle. Marie est "bénie entre toutes les femmes", car "seule, en effet, elle est justement appelée pleine de grâce, ayant seule obtenue cette grâce, que nulle autre n'avait reçue, d'être remplie de l'Auteur de la grâce" (saint Ambroise). Le sens de l'Incarnation et celui de la Virginité perpétuelle de Marie sont si solidement imbriqués que mettre celle-ci revient à atteindre le cœur de la première et donc le sens même du christianisme. Ainsi, la dernière parole de Jésus pour les hommes, du haut de la Croix, sera de leur donner sa mère comme Mère sur le chemin du Salut, donc vers Lui-même.


Pour vivre de la vie de Dieu, il faudrait être soi-même Dieu, ce qu'est seul Jésus-Christ. Donc, "pour vous aimer comme vous m'aimez, écrit sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, il me faut emprunter votre propre amour", et c'est là "la petite voie" de cette grande sainte, l'abandon, la confiance en Dieu par Jésus-Christ : "comme une fleur, dit la sainte, je m'entrouvre au soleil". C'est pour Thérèse la sainteté à la portée de tous : se donner à Dieu pour devenir l'espace capable de le recevoir.


La pré-venance divine se donne comme nourriture dans ce pain et vin, corps et sang de la Vérité, afin que la plus belle part de sa création, l’homme revienne à la possibilité de goûter le bonheur pour lequel il a été prononcé.


Le Christ, qui est vie (Jean, XXIV, 6), surpasse toute mort, l'amour surclasse les ténèbres, c'est pourquoi les ténèbres de la mort ne peuvent le garder : la Résurrection du Christ est la conséquence de l'éternité de l'amour qui est en lui, amour qui est la Vie même de Dieu. Cet amour qui prie pour ses bourreaux au milieu des supplices est d'une telle infinité qu'il laisse vide le tombeau qui prétend le contenir : "pourquoi chercher parmi les morts celui qui est la Vie" (Luc, XXIV, 5).


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