Max Stirner

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Max Stirner caricaturé par Friedrich Engels.

Max Stirner, de son vrai nom Johann Caspar Schmidt (Bayreuth, 25 octobre 1806 - Berlin, 26 juin 1856), est un philosophe allemand considéré comme le principal théoricien de l'anarchisme individualiste.

L'Unique et sa propriété, 1844[modifier]

Les travailleurs ont en mains la puissance la plus formidable et, s'ils en prenaient une fois véritablement conscience et l'employaient, rien ne pourrait leur résister : ils n'auraient qu'à arrêter le travail, considérer les produits de leur travail comme leurs et en jouir.
  • Fondements de la métaphysique de mœurs (1844), Max Stirner (trad. P. Gallissaire), éd. L'Âge d'Homme, 1972, p. 175


Le fanatisme est spécialement propre aux gens cultivés, car la culture d'un homme est en raison de l'intérêt qu'il attache aux choses de l'esprit, et cet intérêt spirituel, s'il est fort et vivace, n'est et ne peut être que fanatisme ; c'est un intérêt fanatique pour ce qui est sacré.
  • L’Unique et sa propriété, Max Stirner (trad. Robert L. Leclaire), éd. Stock, 1900, p. 50


On entend aujourd’hui de nouveau l’éloge du « sérieux », « ce sérieux qu’exigent les sujets et actions de haute importance ». Ce genre de gravité exprime clairement combien vieilles et graves sont devenues la folie et l’obsession. Car il n’y a rien de plus sérieux que le fou quand il en vient au point essentiel de sa folie ; devant l’objet de son zèle, il n’entend plus raillerie.


[...] en abolissant la propriété personnelle, le Communisme ne fait que me rejeter plus profondément sous la dépendance d’autrui, autrui s’appelant désormais la généralité ou la communauté. Bien qu’il soit toujours en lutte ouverte contre l’État, le but que poursuit le Communisme est un nouvel “État”, un status, un ordre de choses destiné à paralyser la liberté de mes mouvements, un pouvoir souverain supérieur à moi [...].
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 311


Tout État est despotique, que le despote soit un, qu’il soit plusieurs [...].
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 233


L’État ne poursuit jamais qu’un but : limiter, enchaîner, assujettir l’individu, le subordonner à une généralité quelconque.
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 272


L’État est l’ennemi, le meurtrier de l’individu, l’association en est la fille et l’auxiliaire ; le premier est un Esprit, qui veut être adoré en esprit et en vérité, la seconde est mon œuvre, elle est née de Moi. L’État est le maître de mon esprit, il veut que je croie en lui et m’impose un credo, le credo de la légalité. Il exerce sur Moi une influence morale, il règne sur mon esprit, il proscrit mon Moi pour se substituer à lui comme mon vrai moi. Bref, l’État est sacré, et en face de moi, l’individu, il est le véritable homme, l’esprit, le fantôme. L’association au contraire est mon œuvre, ma créature ; elle n’est pas sacrée et n’est pas une puissance spirituelle supérieure à mon esprit.
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 377


La liberté ne peut être que la liberté tout entière ; un bout de liberté n’est pas la liberté.
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 191


En général, personne ne s’indigne et ne proteste contre sa propre propriété ; on ne s’irrite que contre celle d’autrui. Chacun, pour sa part, veut augmenter et non diminuer ce qu’il peut appeler sien et voudrait pouvoir appeler tout ainsi. Ce n’est en réalité pas à la propriété qu’on s’attaque, mais à la propriété étrangère ; ce que l’on combat, c’est, pour former un mot qui fasse le pendant de propriété, l’aliénité. Et comment s’y prend-on ? Au lieu de transformer l’alienum en proprium et de s’approprier le bien étranger, on se donne des airs d’impartialité et de détachement, et l’on demande seulement que toute propriété soit abandonnée à un tiers (par exemple à la Société humaine). On revendique le bien étranger non pas en son nom à soi, mais au nom d’un tiers. Alors toute trace d’"égoïsme" disparaît, et tout devient on ne peut plus pur, on ne peut plus humain !
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 386-387


La force seule décide de la propriété ; l’État (que ce soit l’État des bourgeois, des gueux ou tout uniment des hommes) étant seul fort, est aussi seul propriétaire ; Moi, l’Unique, je n’ai rien, je ne suis qu’un métayer sur les terres de l’État, je suis un vassal, et par suite un serviteur. Sous la domination de l’État, aucune propriété n’est à Moi. [...] Dire que l’État ne retire pas arbitrairement à l’individu ce que l’individu tient de l’État revient simplement à dire que l’État ne se vole pas lui-même. Celui qui est un “Moi d’État”, c’est-à-dire un bon citoyen ou un bon sujet, jouit de son fief en toute sécurité, mais il en jouit comme moi d’État et non comme Moi propre, comme individu.
  • L’Unique et sa propriété (1844), Max Stirner (trad. Robert L. Reclaire), éd. Stock, 1900, p. 305


Le Faux principe de notre éducation, 1842[modifier]

Il faut être bien faible pour appeler l'autorité à l'aide et l'on se trompe si l'on croit guérir l'enfant impertinent en faisant de lui un timoré. Exiger la crainte et le respect sont choses qui appartiennent au style rococo d'une époque révolue.
  • Le Faux principe de notre éducation, Max Stirner (trad. Henri Arvon), éd. René Lefeuvr, 1974, p. 42


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