Louis Antoine de Saint-Just

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Saint-Just

Louis Antoine Léon de Saint-Just est un homme politique français, né à Decize (Nièvre) le 25 août 1767 et mort à Paris le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II), qui se distingua pour son intransigeance sous la Terreur. Il fut surnommé l'« archange de la Terreur » ou aussi « l'archange de la Révolution ».

Écrits théoriques[modifier]

L'esprit de la Révolution et de la constitution de France, 1791[modifier]

Les révolutions sont moins un accident des armes qu'un accident des lois.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie I, chap. 1 "Des pressentiments de la Révolution", p. 364


[Le despotisme] n'est que l'illusion des esclaves [...]

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie I, chap. 3 "Du peuple et des factions de Paris", p. 367


Le peuple est un éternel enfant [...]

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie I, chap. 3 "Du peuple et des factions de Paris", p. 371-372


Quiconque après une sédition aborde le peuple avec franchise, et lui promet l'impunité, l'épouvante et le rassure, plaint ses malheurs et le flatte, celui-là est Roi.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie I, chap. 5 "De deux hommes célèbres", p. 374


[...]quand l'Etat a changé de principes, c'est sans retour ; tout ce qu'on leur oppose n'est plus de principe, et le principe établi entraîne tout.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie I, chap. 6 "De l'Assemblée nationale", p. 376-377


Quand un peuple devenu libre a établi de sages lois, sa révolution est faite ; si ces lois sont propres au territoire, la révolution est durable.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie II, chap. 1 "De la nature de la constitution française", p. 378


La France a coalisé la démocratie, l'aristocratie, la monarchie ; la première forme l'état civil, la seconde la puissance législative, et la troisième la puissance exécutrice.
Là où il y aurait eu une parfaite démocratie, ce qui est la liberté outrée, point de monarchie ; là où il n'y aurait eu qu'une aristocratie, point de lois constantes ; là où le prince eût été ce qu'il était autrefois, point de liberté.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie II, chap. 1 "De la nature de la constitution française", p. 378


Un peuple est libre quand il ne peut être opprimé ni conquis, égal, quand il est souverain, juste, quand il est réglé par des lois.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie II, chap. 1 "Du rapport de la nature et des principes de la constitution", p. 382


Chez les peuples vraiment libres les femmes sont libres et adorées, et mènent une vie aussi douce que le mérite leur faiblesse intéressante.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, partie III, chap. 12 "Des femmes", p. 409


Institutions républicaines[modifier]

Je méprise la poussière qui me compose et qui vous parle. On pourra persécuter et faire mourir cette poussière ! Mais je défie qu'on m'arrache cette vie indépendante que je me suis donnée dans les siècles et dans les cieux.

  • Œuvres, Saint-Just, éd. Prévot, 1834, chap. préambule aux Fragmens d'institutions républicaines, p. 364


La force ne fait ni raison ni droit ; mais il est peut-être impossible de s'en passer, pour faire respecter le droit et la raison...

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, chap. troisième fragment, p. 1138


La révolution est glacée, tous les principes sont affaiblis, il ne reste que des bonnets rouges portés par l'intrigue.
L'exercice de la terreur a blasé le crime comme les liqueurs fortes blasent le palais.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, chap. troisième fragment, p. 1141


Discours[modifier]

Discours sur le jugement de Louis XVI, prononcé à la Convention nationale le 13 novembre 1792[modifier]

On s'étonnera un jour qu'au XVIIIème siècle on ait été moins avancé que du temps de César : là le tyran fut immolé en plein Sénat, sans autre formalités que vingt-trois coups de poignard, et sans autre loi que la liberté de Rome. Et aujourd'hui l'on fait avec respect le procès d'un homme assassin d'un peuple, pris en flagrant délit, la main dans le sang, la main dans le crime !

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 476


Pour moi, je ne vois point de milieu : cet homme doit régner ou mourir.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 479


On ne peut point régner innocemment.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 480


Rapport au nom du Comité de salut public sur le gouvernement présenté à la Convention nationale le 19 du premier mois, l'an second de la République (10 octobre 1793)[modifier]

Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 630


Rapport au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale sur les personnes incarcérées, présenté à la Convention nationale le 8 ventôse an II (26 février 1794)[modifier]

[...] je suis sans indulgence pour les ennemis de mon pays, je ne connais que la justice.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 657


Vous avez voulu une République ; si vous ne voulez point en même temps ce qui la constitue, elle ensevelirait le peuple sous ses débris. Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé. On se plaint des mesures révolutionnaires ! Mais nous sommes des modérés, en comparaison de tous les autres gouvernements.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 659


Insensés que nous sommes, nous mettons un luxe métaphysique dans l'étalage de nos principes, et les rois, mille fois plus cruels que nous, donnent dans le crime.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 660


Citoyens, par quelle illusion vous persuaderait-on que vous êtes inhumains ? Votre tribunal révolutionnaire a fait périr trois cents scélérats depuis un an : et l'Inquisition d'Espagne n'en-a-telle pas fait plus ? et pour quelle cause, grand Dieu ! Et les tribunaux d'Angleterre n'ont-ils égorgé personne cette année ? Et Bender[1], qui faisait rôtir les enfants des Belges ! Et les cachots de l'Allemagne, où le peuple est enterré, on ne vous en parle point ! Parle-t-on de clémence chez les rois d'Europe ? Non : ne vous laissez point amollir.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 660


Les révolutions commencent par d'illustres malheureux vengés par la fortune.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 660


Citoyens, on arrête en vain l'insurrection de l'esprit humain ; elle dévorera la tyrannie [...]

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 661


La première de toutes les lois est la conservation de la République [...]

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 662


La monarchie n'est point un roi, elle est un crime ; la république n'est point un sénat, elle est la vertu. Quiconque ménage le crime veut rétablir la monarchie et immoler la liberté.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 663


Notre but est d'établir un gouvernement sincère, tel que le peuple soit heureux, tel enfin que, la sagesse et la providence éternelle présidant seules à l'établissement de la République, elle ne soit plus chaque jour ébranlée par un forfait nouveau.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 664


Les révolutions marchent de faiblesse en audace et de crime en vertu.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 664


[...] comme l'intérêt humain est invincible, ce n'est guère que par le glaive que la liberté d'un peuple est fondée.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 665


Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 667


[...] celui-là seul a des droits dans notre patrie, qui a coopéré à l'affranchir.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 667-668


Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 668


Osez ! ce mot renferme toute la politique de notre révolution.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 670


Le bonheur est une idée neuve en Europe.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 673


Second discours sur le jugement de Louis XVI, prononcé à la Convention nationale le 26 décembre 1792[modifier]

Quand le peuple était opprimé, ses défenseurs étaient proscrits : ô vous qui défendez celui que tout un peuple accuse, vous ne vous plaindrez pas de cette injustice ! Les rois persécutaient la vertu dans les ténèbres ; nous, nous jugeons les rois à la face de l'univers.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 501


Postérité ! tu béniras tes pères ; tu sauras alors ce qu'il leur en aura couté pour être libre ; leur sang coule aujourd'hui sur la poussière que doivent animer tes générations affranchies !

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 502


Citoyens, le crime a des ailes, il va se répandre dans l'Empire, captiver l'oreille du peuple. Ô vous, les dépositaires de la morale publique, n'abandonnez pas la liberté ! Lorsqu'un peuple est sorti de l'oppression, le tyran est jugé. On fera tout pour amener le peuple à la faiblesse par la terreur de ses excès. Cette humanité, dont on vous parle, c'est de la cruauté envers le peuple ; ce pardon, qu'on cherche à vous suggérer, c'est l'arrêt de mort de la liberté, et le peuple lui-même doit-il pardonner au tyran ? Le souverain, comme l'Être Suprême, n'a-t-il point ses lois dans la morale et dans la justice éternelle ?

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 513


Vous avez proclamé la loi martiale contre tous les tyrans du monde, et vous respecteriez le vôtre ! Ne portera-t-on donc des lois sanglantes que contre les opprimés, et l'oppresseur sera-t-il épargné ?

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 514


On dira que la révolution est finie, qu'on n'a plus rien à craindre du tyran, qu'une loi punit de mort l'usurpateur ; mais, citoyens, la tyrannie est un roseau que le vent fait plier et qui se relève. Qu'appelez-vous donc la révolution, la chute du trône, les coups portés à divers abus ? L'ordre moral est comme l'ordre physique : les abus disparaissent un moment, comme l'humidité de la terre s'évapore ; les abus renaissent bientôt, comme l'humidité retombe des nuages. La révolution commence quand le tyran finit.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 515


Discours du 9 thermidor an II[modifier]

Je ne suis d'aucune faction ; je les combattrai toutes.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. Folio histoire, 2004, p. 769


Il n’y a que ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent, et il n’y a que ceux qui sont puissants qui en profitent.

  • Œuvres complètes, Saint-Just, Charles Vellay, éd. Charpentier et Fasquelle, 1908, vol. 2, p. 483


À propos de Saint-Just[modifier]

Quelquefois mon refuge est le mutisme de Saint-Just à la séance de la convention du 9 thermidor. Je comprends, ô combien, la procédure de ce silence, les volets de cristal à jamais tirés sur la communication.

  • Œuvres complètes, René Char, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléïade, 1983, partie Fureur et mystère, Feuillets d'Hypnos, p. 219


La vie politique de Saint-Just fut courte, puisqu’elle se termina en 1794, à l’échafaud de thermidor ; mais elle fut beaucoup trop longue pour l’humanité

  • Dictionnaire de la conversation et de la lecture. Inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous., Charles Nodier, éd. William Duckett et Michel Lévy Frères, 1857, partie Saint-Just, p. 683


Notes[modifier]

  1. Général autrichien qui affronta les insurgés belges, note de l'éditeur.

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