Les Nouvelles Nourritures

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Les Nouvelles Nourritures (1935) est le titre d'une œuvre poétique d'André Gide qui fait suite aux Nourritures terrestres.

Citations[modifier]

Livre premier[modifier]

Ah ! qui délivrera mon esprit des lourdes chaînes de la logique ? Ma plus sincère émotion, dès lors que je l'exprime, est faussée.


   Du jour où je parvins à me persuader que je n'avais pas besoin d'être heureux, commença d'habiter en moi le bonheur ; oui, du jour où je me persuadai que je n'avais besoin de rien pour être heureux. Il semblait, après avoir donné le coup de pioche à l'égoïsme, que j'avais fait jaillir aussitôt de mon cœur une telle abondance de joie que j'en pusse abreuver tous les autres. Je compris que le meilleur enseignement est d'exemple. J'assumai mon bonheur comme une vocation.


Je ne sais point si je réclamais la vie, avant d'être ; mais à présent que je vis, tout m'est dû.


En vérité, le bonheur qui prend élan sur la misère, je n'en veux pas. Une richesse qui prive un autre, je n'en veux pas. Si mon vêtement dénude autrui, j'irai nu. Ah ! tu tiens table ouverte, Seigneur Christ ! et ce qui fait la beauté de ce festin de ton royaume, c'est que tous y sont conviés.


Il m'a depuis longtemps paru que la joie était plus rare, plus difficile et plus belle que la tristesse. Et quand j'eus fait cette découverte, la plus importante sans doute qui se puisse faire durant cette vie, la joie devient pour moi non seulement (ce qu'elle était) un besoin naturel — mais bien encore une obligation morale. Il me parut que le meilleur et plus sûr moyen de répandre autour de soi le bonheur était d'en donner soi-même l'image, et je résolus d'être heureux.


Livre troisième[modifier]

Connais-toi toi-même. Maxime aussi pernicieuse que laide. Quiconque s'observe arrête son développement. La chenille qui chercherait à « bien se connaître » ne deviendrait jamais papillon.


   Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.


Livre quatrième[modifier]

   Ce n'est pas seulement le monde qu'il s'agit de changer ; mais l'homme. D'où surgira-t-il, cet homme neuf ? Non du dehors. Camarade, sache le découvrir en toi-même, et, comme du minerai l'on extrait un pur métal sans scories, exige-le de toi, cet homme attendu. Obtiens-le de toi. Ose devenir ce que tu es. Ne te tiens pas quitte à bon compte. Il y a d'admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : « Il ne tient qu'à moi. »


   Mais la mort est atroce à qui n'a pas rempli sa vie. À celui-ci la religion n'a que trop beau jeu pour lui dire : — Ne t'en fais pas. C'est de l'autre côté que ça commence, et tu seras récompensé.
   C'est dès « ici-bas » qu'il faut vivre.


Ne te contente pas de contempler ; observe.
   Alors tu remarqueras que tout ce qui est jeune est tendre ; et de combien de gaines ne s'enveloppe pas tout bourgeon ! Mais tout ce qui d'abord protégeait le tendre germe le gêne aussitot que la germination s'accomplit ; et aucune croissance n'est possible qu'en faisant éclater ces gaines, ce qui l'emmaillotait d'abord.


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