Le Goût de l’éternel

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Le Goût de l’éternel est un roman de Henri Thomas paru en 1990.

Citations[modifier]

Allongé sur son étroite couche, les yeux au plafond où joue le cinéma des clartés qui filtrent entre les lames des volets, il sait ce qui va se passer, il l’attend, avec cet espoir de choses pires qui l’a pris depuis quelque temps, et s’exaspère à certaines heures.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 32


Les yeux ne vieillissent pas, l’alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu’à la mort….
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 38


Il distingue ses yeux, il lui semble voir ses lèvres, ses mâchoires qui bougent comme avant de parler, mâchant les mots qui empêchent de parler.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 59


La bouche est un peu triste, le visage n’est pas usé, mais comme qui dirait… abusé. Voilà : nuance.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 65


Un ami a quelquefois une bonne idée, que votre malheur vous cachait.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 83


L’art est l’éclair fourchu qui brise la nuit et montre par la fente ce qui est ensemble, insupportablement relié par le trait de feu, mortel.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 94


Pour que rien soit vraiment rien, il faut soi-même n’être rien.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 97


L’instant de l’extrême fatigue, de l’extrême conscience, de l’extrême raison, veut l’immobilité totale, la non-défense, n’importe comment tu tombes, sur le ventre ou sur le dos.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 102


Herbart ne mordra plus dans le bout du pain long ; il a la bouche pleine de la terre de Cabris, il a mangé son éternité, il a le goût de l’éternité, la terre dans la bouche ouverte.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 163


Il faut qu’il se dépouille, et soit aidé, pas par les hommes, par le silence, par des choses qui murmurent, et qu’est-ce que ce sera ?.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 173


Le silence n’était pas total, mais il fallait faire attention pour savoir que la nuit chuchotait par toutes sortes de petites rumeurs et de chocs lointains ou tout proches ; il entendit un caillou tomber dans le ravin, déséquilibré, pensa-t-il, par un peu de neige accumulée.
  • Le Goût de l’éternel, Henri Thomas, éd. Gallimard, 1990  (ISBN 2-07-071948-0), p. 178