Le Désir et le Temps

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Le Désir et le Temps est une œuvre philosophique de Nicolas Grimaldi parue en 1992.

Citations[modifier]

Partie I : À la recherche d'une ontologie[modifier]

Le projet philosophique[modifier]

Toute philosophie a pour origine quelque déception. Si nous philosophons, c’est parce qu’il y a en nous quelque chose d’inapaisé dont nous sentons que toute notre existence restera hypothéquée tant que nous ne l’aurons pas élucidé.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 7


…nous sommes la promesse qui n’est jamais tenue…
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 7


La démarche philosophique[modifier]

Toute la philosophie est […] une entreprise pour sauver notre vie.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 21


En tant que ce monde ne cesse de devenir autre chose que ce qu’il est, il ne cesse de se démentir et de se réfuter.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 26


La question philosophique[modifier]

[L’âme] est en moi cette partie de moi qui de moi se sépare et s’afflige.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 58


Partie II : L'esprit et la nature : ontologie du désir[modifier]

C'est l'essence de la nature de se séparer de soi, comme l'essence du désir est de refuser le réel.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 155
Par l'éveil du besoin cesse la torpeur de l'immanence.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 187


C'est le désir qui sépare l'animal de la placidité du réel, et ne lui fait vivre le réel que comme prophétique d'une autre réalité, ailleurs, ultérieure vers laquelle tend et se déroule tout le comportement.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 191
Le psychisme dont la transcendance naît dans la douleur du désir et la séparation du désiré vit la satisfaction du désir et le bonheur de la plénitude comme une petite mort. [...] Plus l'esprit est inquiet de désir, moins il peut s'engourdir dans le bonheur de ses petites morts.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 203


Partie III : Ontologie du temps[modifier]

La placidité du présent dissimule en elle l’inquiétude de l’avenir.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 237


Le temps est […] toujours décevant puisqu’il est l’ajournement de l’avenir ; et toujours enivrant puisqu’il est la promesse de l’avenir. Cette ambiguïté est celle du désir : à la fois espérance et insatisfaction, joie de conquérir et tristesse de posséder, promesse et désenchantement, …
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 250


Partie IV : Les ruses de la temporalité[modifier]

L’eau qui nous désaltère dans une solitude ardente est reçue comme autre chose et quelque chose de plus que ce simple apaisement au fond de notre gorge. Elle est apaisante, mais reçue comme pacifiante. Elle met fin à cette rupture qu’en nous la soif mettait avec le monde. Elle met fin à la cruauté de la solitude et au mal du bannissement.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 349
Être sensible aux choses c’est les entendre plutôt que les voir et les rêver plutôt que les sentir.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 395


Les choses inanimées n’ont pas d’âme : c’est nous qui leur prêtons la nôtre.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 397


Dans l’événement, il n’est plus temps de parler pour conjurer ni pour prévenir, et le temps n’est pas encore venu de parler pour expliquer, pour justifier, pour condamner ni pour expier. C’est pourquoi les grands bonheurs et les grands malheurs sont silencieux.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 418


Pour la conscience comblée par le bonheur, le passé n’a jamais existé, la vie vient de commencer, et l’avenir est tout advenu. Le temps du bonheur est celui du présent indéfini.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 418


Partie V : Le temps et la sagesse[modifier]

On n’échappe pas au temps par l’aventure.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 460
Ne parvenant jamais à être le pouvoir de posséder, de jouir ni de demeurer dans le bonheur de l’identité calme, mais n’étant au contraire que le pouvoir de désirer toujours, de s’inquiéter toujours, de s’insurger toujours et de toujours entreprendre, la liberté n’est jamais que le pouvoir de pouvoir.
  • Le Désir et le Temps (1992), Nicolas Grimaldi, éd. Vrin, 2006  (ISBN 2-7116-1104-3), p. 464