La Horde du Contrevent

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La Horde du contrevent.

La Horde du contrevent est roman de fantasy de Alain Damasio publié en 2004

Note : La numérotation des pages de ce livre est inversée. Ainsi, la première page est la n° 701 (édition de poche), et la dernière page la n° 0.

Citations[modifier]

Caracole : Nous sommes fait de l'étoffe dont sont tissés les vents.
  • Page d'introduction.


Caracole — Furvent, ceux qui vont mûrir te saluent !


« Mais le hasard est un allié aussi fugitif que mortel. Il te tue avec la même facilité qu'il te sauve. Apprend à réduire ce fauve à la dimension d'un chat. Circonscris la turbulence. Les meilleurs aéromaîtres caressent un chaton et jouent à la pelote avec lui. Un chaton, pas un tigre. »


C'est un peu comme pour la notation des vents ou le nœud d'un combat : la vitesse peut être quantitativement très élevée, elle ne sera pas pour autant rapide. Inversement, le mouvement peut être remarquablement lent, voire quasi immobile et pourtant s'avérer fulgurant.


Oroshi — Quel âge a-t-il maintenant ?
Erg tourna la tête vers Oroshi en souriant, goguenard :
Erg — En écoulement laminaire ou en vortex ?
Oroshi — En laminaire. Quatre-vingt ans ?
Erg — Plus que ça, Oroshi. Mais en vortex, la dernière fois que je l'ai vu, il se tenait aux alentours de la quarantaine.


Sov — Déjà et toujours ?
Erg — Oui, comme ça. « Déjà et toujours. » Il utilise sans arrêt ces deux mots. Il parle un jargon à lui, il avale des syllabes, il est comme ça. Et il a dit aussi : « Ta Horde est aussi la dernière. Protège au mieux. Donne à eux la chance d'aboutir... De comprendre enfin...
Sov — Pourquoi la dernière ? D'où il sort ça ? La trente-cinquième est déjà en préparation. Elle doit partir d'Aberlaas cette année, justement !
Erg — Je ne sais pas. Il voyait des choses. Comme Caracole. Il avait des trouées.


Erg — Le jour où il m'a consacré, Te Jerkka m'a dit que je n'étais pas le meilleur combattant-protecteur. Que ne le serais jamais. Mais que c'était aussi pour ça qu'il m'avait choisi : parce que j'avais le strerf, le combat intérieur de celui qui se sait en dessous. « Le meilleur tu deviendra à force de ne pas l'être, et de toi battre pour surmonter ce sentiment. »


Te Jerkka — Je vois qu'il reste morceaux dans ta tête... Bien fils, très bien... Comment va ta cuisse ?
Erg — Ça ira, Te. La douleur n'est qu'une information.


Trouver une solution à un problème intellectuel dans l'urgence est à la portée de n'importe qui. L'induction supplante toute déduction, l'analogie fuse de piste en piste, traverse les voies, saute, revient, étincelle — en deçà de toute logique. L'intuition court-circuite la hiérarchie toujours possible d'un raisonnement arborescent. Elle procède par rhizomes, de point en point, sans hiérarchie ni préséance. On trouve alors, ou on ne trouve pas.


Sov : Il faut reconnaître que l'orgueil de Golgoth, pour énorme qu'il fût, ne dépassa jamais celui, plus vaste et plus profondément vissé, qu'il éprouvait pour la Horde même. Je veux dire que quand les deux s'affrontaient, l'orgueil de sa Horde l'emporta toujours sur sa fierté personnelle, comme ici, dans la flaque de Lapsane.
D'une façon obscure, qu'il aurait été incapable de reconnaître, notre traceur avait toujours fait corps avec la totalité de sa horde, du Fer jusqu'au crocs. Il la vivait comme une extension de son propre magma, sans prendre conscience qu'au fond, ce qu'il combattait hors de lui, chez l'un ou l'autre d'entre nous, n'était qu'une projection des coulées contradictoires de lave qui, souterrainement, travaillaient à façonner sa roche. [...]
On ne comprenait rien aux colères de Golgoth si l'on y devinait pas, sous la dureté apparente, une férocité supérieure qu'il exerçait sur lui-même à travers nous.


Golgoth : Je pige pas comment il a fait, en crevant comme ça, mais il a su pénétrer en moi. C'était mon frangin, il a su. J'ai cru un sacré bloc d'années que c'était sa mort qui me hantait. Mais c'était simplement sa vie. Son vif. C'est lui. Et je sais ce que je lui dois.


Silamphre : Je suis fier de Golgoth, fier qu'il leur montre qu'on ne courbera pas le tronc devant leur noblesse putride qui festoie et ricane en haut des tours quand les racleurs s'écorcent jusqu'à l'aubier des vertèbres pour leur fournir chaque jour leur matelas d'ascendance !


Pietro : L'intervention de Golgoth est inutile. Elle ne fera que renforcer la détermination de l'Exarque si Caracole perd. [...] En une phrase, par sa morgue, Golgoth vient de nous condamner : à l'exploit.


Coriolis — [...] Comment font-ils, ceux qui sassent à l'ombre des tours toute la journée ? s'indigne Coriolis
J'eus envie de lui répondre sur le fond :
Sov — Ils regardent les palais perchés là-haut et ils rêvent d'un véli-vélo, voilà comment ils font ! Un seul racleur qui réussit suffit à faire croire aux autres qu'ils ont tous leur chance.


Ne Jerkka — Je sors peu, vous avez raison. Les Tourangeaux n'apprécient pas cette face du vif que je leur présente. Les gens aiment les ærudits à barbe blanche qui prêchent une sagesse pateline. Ils ont peur du savoir qui ravage.


Oroshi : Il était sincèrement étonné par mon insistance. Peut-être ne saisit-il pas que ça n'a rien à voir avec un quelconque courage face à la vérité. Ma soif de comprendre est simplement plus puissante que la peur de savoir, et aussi je ne réalise pas — pas encore, pas au-delà de l'impact sur mon intellect.


Sov La frontière entre l'humour noir et la vérité blanche devenait indécidable.


Oroshi : Sov était resté l'enfant que j'avais croisé à Aberlaas à sept ans : il ne concevait les rapports humains que dans la fusion. Le distingo pour moi très clair entre l'amitié et l'amour, il n'en formait qu'une idée théorique que ses actes et son cœur ignoraient. Il était « dans l'amour » comme disait de lui Caracole, un amour protéiforme et polyphonique, sans réaliser parfois qu'en croyant toujours donner, il était de fait en demande, une demande inétanchable d'échange, de complicité et d'affection qui l'usait et nous usait — consciente pour autant de l'importance que cette force, car c'était une force, aurait dans le futur pour la ressurvie de toute la Horde. L'enjeu face à Sov était d'attiser son intelligence pour faire mûrir l'enfant.


Oroshi : L'apparition du vif ne fait qu'une avec celle de la vie organisée, à la fois parce que la vie ne peut surgir du chaos qu'en apportant en quelque sorte une plus-value de consistance à un ensemble dilapidé de forces et de matériaux ; et à la fois parce que l'énergie nécessaire à cette consistance, l'énergie qui va opérer les densifications, les articulations et assurer le lien, l'énergie qui va tout aussi bien enfler les vides, des fentes, truffer la matière, intercaler les forces, aménager les intervalles qui aèrent et donc cohèrent le vivant, cette énergie ne peut venir que d'une force terrible, aussi ténue soit-elle, qui est le vif.


Sov : La solitude n'existe pas. Nul n'a jamais été seul pour naître. La solitude est cette ombre que projette la fatigue du lien chez qui ne parvient plus à avancer peuplé de ceux qu'il a aimés, qu'importe ce qui lui a été rendu.


Joute oratoire : Palindrome dialogué[modifier]

Le dialogue qui suit est un duel entre deux adversaires qui se répondent exclusivement par palindromes. Ne sont retranscrits ici que les tirades des personnages.

Sélème : Engage le jeu que je le gagne !
Caracole : L'âme sûre ruse mal !
Sélème : L'âme sœur, elle, rue, ose mal... Erg immigré ! Erg en nègre ! Vos Sov ! Le traceur à la rue : cartel !
Caracole : En nos repères, n'insère personne !
Sélème : Le sert-on ici, notre sel ?
Caracole : Tâte l'état ! C'est sec.
Sélème : Léger regel ?
Caracole : Saper ses repas...
Sélème : Semi-auteur, ô male ! La morue tu aimes.
Caracole : Euh... Hue !
Sélème : Eh, ça va la vache ?
Caracole : Rat ! Avatar !
Sélème : C'est sec... Ta bête te bat !
Caracole : Et si l'arôme des bottes révèle madame, le verset t'obsède, moraliste !
Sélème : L'arôme moral ? Ému, ce dessin rêve, il part natter ce secret tantra plié, vernissé d'écume.
Caracole : Et tu te démêles, Sélème de lutte ?
Sélème : Ici ? Non. Tu l'as, ressac, avalé ? Crac ! Car cela va casser... Salut !
Caracole : Sniff ! À l'affin S !
Sélème : Élu, aimé, jeté, ô poète ! Je miaule !
Caracole : Ah Élu, ça ! Je trace l'écart, éjacule, ha !
Sélème : Rupture de lien : un arc élève le reste et se relève à l'écran, une île de rut pur.
Caracole : Mon nom...
Sélème : Hola Caracole, va à vélo caracal, oh !
Caracole : Mon nom... Mon nom...
Sélème : Ressasser, "Carac", ressasser ! Oh, cela te perd répéta l'écho !

  • Erg et Sov sont des noms de personnages du roman.


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