La Farce de Maître Pathelin

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Maître Pathelin avec sa femme Guillemette, gravure du Moyen Âge

La Farce de Maître Pathelin est une farce anonyme médiévale ayant acquis une renommée immédiate qui dure encore aujourd’hui. Elle est à l’origine écrite en moyen français.

Personnages[modifier]

  • Personnage :
    • Maître Pierre Pathelin : avocat véreux.
    • Guillemette Pathelin : femme de Pierre, tout autant fourbe que son mari avec lequel elle est complice.
    • Guillaume Joceaulme : drapier malhonnête. Son prénom fait référence au nom commun guillaume qui signifie « sot ».
    • Thibaud L’Agnelet : berger des moutons et brebis de Guillaume. Son nom de famille fait référence à son métier.
    • Le Juge : juge expéditif en charge de l’affaire entre Guillaume et Thibaud.

Citations extraites[modifier]

Pathelin — […] Si je décide d’employer mon savoir-faire, on ne trouvera pas mon pareil.
Guillemette — Non, par saint Jacques ! Pas s’il s’agit de tromper. Vous êtes un maître en la matière !
Pathelin — Par le Dieu qui me fit naître, dites plutôt maître en l’art de plaider !
Guillemette — Ma foi, non ! Maître en l’art de tromper ! Pour sûr ! Je le sais bien, puisqu’en vérité, sans instruction et sans le moindre bon sens, vous passez pour l’un des hommes les plus habiles de la paroisse.

  • (frm)

    Pathelin — […] Car, s’il convient que je m’applicque
    A bouter avant ma praticque,
    On ne sçaura trouver mon per.
    Guillemette — Par saint Jacques ! non, de tromper ;
    Vous en estes un fin droict maistre.
    Pathelin — Par celuy Dieu qui me fit naistre !
    Mais de droite avocasserie…
    Guillemette — Par ma foy ! mais de tromperie :
    Combien vrayement je m’en advise,
    Quant, à vray dire, sans clergise,
    Et de sens naturel, vous estes
    Tenu l’une des saiges testes
    Qui soit en toute la paroisse.


Pathelin, en partant — Votre or ! Allons donc ! Votre or ! Je n’ai jamais manqué de parole ! À part. Non mais ! Son or ! Puisse-t-il être pendu ! Hum ! Diable, il ne m’a pas vendu son drap à mon prix, mais au sien. Cependant, c’est au mien qu’il sera payé ! Il veut de l’or ? On va lui en fabriquer ! Dieu fasse qu’il coure sans s’arrêter jusqu’au règlement complet de sa vente ! Par saint Jean, il ferait plus de chemin qu’il n’y en a d’ici à Pampelune !
Le drapier, resté seul — De toute l’année, ils ne verront ni le soleil ni la lune, ces écus qu’il va me donner, à moins qu’on me les vole. Ainsi, il n’est si habile acheteur qui ne trouve vendeur plus habile encore ! Le trompeur que voilà est bien sot d’avoir acheté vingt-quatre sous l’aune un tissu qui n’en vaut pas vingt.

  • (frm)

    Pathelin, seul dans la rue.
    Or ? et quoy doncques ?
    Or ! dyable ! je n’y failly oncques !
    Non. Or ! Qu’il puist estre pendu !
    Endea, il ne m’a pas vendu,
    A mon mot ; ce a esté au sien ;
    Mais il sera payé au mien.
    Il luy fault or ? On le luy fourre !
    Pleust à Dieu qu’il ne fist que courre,
    Sans cesser, jusques à fin de paye !
    Sainct Jehan ! il feroit plus de voye,
    Qu’il n’y a jusque à Pampelune.
    (Il rentre chez lui)
    Le drapier, dans sa boutique.
    Ilz ne verront soleil ny lune,
    Les escuz qu’il me baillera,
    De l’an, qui ne les m’emblera.
    Or, n’est-il si fort entendeur,
    Qui ne trouve plus fort vendeur :
    Ce trompeur-là est bien bec jaune,
    Quand, pour vingt et quatre solz l’aulne,
    A prins drap qui n’en vaut pas vingt !


Pathelin — Marmara, carimari, carimara !


Le juge, au drapier — Allons ! Revenons à nos moutons !
  • (frm) Le juge — Suz, revenons à ces moutons […].
  • Le drapier confond l’affaire des draps impayés par Me Pathelin et celle des moutons mangés par le berger Thibaud L’Agnelet, ce qui excède le juge. Cette réplique donnera la célèbre expression « Revenons à nos moutons ».


Pathelin — Ah, oui ! Bée ? Que je sois pendu si je ne vais appeler un bon sergent ! Malheur à lui s’il ne te met pas en prison !
Berger, s’enfuyant — S’il me trouve, je lui pardonne !

  • (frm)

    Pathelin
    [H]eu, Bée ! L’en me puisse pendre,
    Se je ne voys faire venir
    Ung bon sergent ! Mesa[d]venir
    Luy puisse il s’il ne t’enprisonne !
    Le bergier, s’enfuyant.
    S’il me treuve, je luy pardonne !

    CY FINE PATHELIN


Citation à propos[modifier]

C’est moins parce qu’on rit des dupes que par la façon dont on en rit, absolument de tout cœur et sans arrière-pensée, ni ombre de restriction, que l’insuffisance morale de la pièce éclate. Pour celui qui l’a écrite, pour ceux qui la voyaient, l’action de Patelin était une folie, et l’esprit de Patelin était la vérité même, la raison et la vie.


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