La Chanson de Roland

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Angoulême, Cathédrale Saint-Pierre, Façade - Chanson de Roland.

La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de geste de la fin du XIe siècle attribué sans certitude à Turold (la dernière ligne du manuscrit dit : Ci falt la geste que Turoldus declinet). Elle comporte environ 4 000 vers dans sa version la plus ancienne, composés en ancien français répartis en laisses assonancées, transmises et diffusées en chant par les troubadours et jongleurs. Elle relate, trois siècles après, le combat fatal du chevalier Roland (ou Hroudland), marquis des marches de Bretagne et de ses fidèles preux contre une armée Vasconne à la bataille de Roncevaux en représailles au pillage de Pampelune. C'est un exemple classique de chanson de geste (du latin gesta « action aventureuse ») par le glissement de l'Histoire à la légende, et par la célébration épique des vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et de la foi.

Charles le roi, notre grand empereur,
Sept ans entiers est resté en Espagne :
Jusqu’à la mer, il a conquis la terre.
Pas de château qui tienne devant lui,
Hors Saragosse, qui est sur une montagne.
Le roi Marsile la tient, Marsile qui n’aime pas Dieu,
Qui sert Mahomet et prie Apollon ;
Mais le malheur va l’atteindre : il ne s’en peut garder.

  • (fr)

    Carles li reis, nostre emperere magnes,
    Set anz tuz pleins ad estet en Espaigne :
    Tresqu’en la mer cunquist la tere altaigne.
    N’i ad castel ki devant lui remaignet ;
    Murs ne citet n’i est remés à fraindre
    Fors Sarraguce, k’est en une muntaigne.
    Li reis Marsilies la tient, ki Deu nen aimet ;
    Mahummet sert e Apollin reclaimet :
    Ne s’ poet guarder que mals ne li ataignet.

  • Premiers vers de l'épopée.
  • (fr) La Chanson de Roland, Turold (trad. Léon Gautier), éd. Alfred Mame et Fils, 1872, 1, p. 1, vers 1-8


  • (fr)
  • (fr) La Chanson de Roland, Turold (trad. Léon Gautier), éd. Alfred Mame et Fils, 1872, 1, p. 1, vers 1-8


Le comte Roland à grande peine, à grande angoisse
Et très-douloureusement sonne son olifant ;
De sa bouche jaillit le sang vermeil,
De son front la tempe est rompue ;
Mais de son cor le son alla si loin !

  • (fr)

    Li quens Rollanz par peine e par ahan,
    Par grant dulur, sunet sun olifant ;
    Par mi la buche en salt fors li clers sancs,
    De sun cervel li temples en est rumpanz.
    De l’ corn qu’il tient l’oïe en est mult granz.

  • (fr) La Chanson de Roland, Turold (trad. Léon Gautier), éd. Alfred Mame et Fils, 1872, 1, p. 1, vers 1761-1765



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