Léo Moulin

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Léo Moulin (1906-1996) est un sociologue et politologue belge.

Citations[modifier]

Articles[modifier]

[L]es attitudes adoptées par les divers millénarismes (ou messianismes) pour atteindre leurs objectifs varient considérablement. Parmi les moyens violents, citons : l’action des minorités conscientes et organisées, soumises à une discipline propre, la police secrète, la délation, le recours aux délinquants libérés des prisons, etc. Messianismes et millénarismes rêvent d’une société sans classe, égalitaire et libre, où l’État serait aboli ; cette société sera établie en recourant au fanatisme et à la violence, exercée par un pouvoir révolutionnaire fort. Ils conduisent facilement aux pogroms et aux massacres : car, comme beaucoup d’hommes qui ont une vue optimiste de la nature humaine, bon nombre de millénaristes font volontiers table rase non seulement du passé, mais encore de l’Autre.
  • « Deux réflexions sur le religieux et le politique », Léo Moulin, Res Publica : revue de l’Institut belge de science politique (ISSN 0486-4700), vol. XVII nº 3, 1975, p. 383-384 (lire en ligne)


[L]es structures mentales du Moyen Âge survivent dans les esprits les plus éclairés du XXe siècle. Ainsi s’expliquent les étranges syncrétismes du socialisme politique, foncièrement et irréductiblement antireligieux, et de certaine « crypto-religion culturelle ». Mais plutôt que de s’en étonner, attitude peu scientifique, peut-être faudrait-il se demander si la condition essentielle pour qu’une croyance, une idéologie, un mouvement politique devienne un facteur efficace d’intégration n’est pas qu’il devienne, coûte que coûte, et tant bien que mal, une « religion » ?
  • « Deux réflexions sur le religieux et le politique », Léo Moulin, Res Publica : revue de l’Institut belge de science politique (ISSN 0486-4700), vol. XVII nº 3, 1975, p. 385 (lire en ligne)


Propos rapportés[modifier]

Écoutez-moi, un vieil incrédule qui s’y entend : le chef-d’œuvre de la propagande antichrétienne est d’avoir réussi à créer une mauvaise conscience chez les chrétiens et les catholiques surtout ; à instiller la gêne, quand ce n’est pas la honte, envers leur histoire. À force d’insister, depuis la Réforme jusqu’à aujourd’hui, ils ont réussi à vous convaincre que vous êtes responsables de tous ou presque tous les maux du monde. Ils vous ont paralysés dans une autocritique masochiste pour neutraliser la critique de ce qui vous a remplacé. […] Vous laissez tout le monde vous présenter l’addition, souvent truquée, presque sans discuter. Il n’y a pas un problème, pas une erreur, pas une souffrance dans l’histoire qui ne vous a pas été imputé. Et vous, si souvent ignorants de votre passé, vous avez fini par les croire, par leur prêter main-forte même. Moi cependant (agnostique, mais historien qui cherche à être objectif), je vous dis que vous devez réagir, au nom de la vérité. Souvent, en fait, ce n’est pas vrai. Et s’il y a parfois du vrai, il est vrai aussi que, dans l’inventaire des vingt siècles de christianisme, les lumières l’emportent de loin sur les ombres. Mais alors, pourquoi ne pas demander des comptes à celui qui vous en réclame ? Est-ce que par chance le bilan de ce qui a suivi est meilleur ? La vertu a bien des prédicateurs et peu de martyrs.
  • (it) Date retta a me, vecchio incredulo che se ne intende: il capolavoro della propaganda anti-cristiana è l’essere riusciti a creare nei cristiani e nei cattolici soprattutto una cattiva coscienza; a instillargli l’imbarazzo, quando non la vergogna, per la loro storia. A furia di insistere , dalla Riforma sino ad oggi , ce l’hanno fatta a convincervi di essere i responsabili di tutti o quasi i mali del mondo . Vi hanno paralizzati nell’autocritica masochistica , per neutralizzare la critica di ciò che ha preso il vostro posto. […] Da tutti vi siete lasciati presentare il conto, spesso truccato, senza quasi discutere. Non c’è problema o errore o sofferenza della storia che non vi siano stati addebitati. E voi , così spesso ignoranti del vostro passato , avete finito per crederci , magari per dar loro manforte . Invece io (agnostico , ma storico che cerca di essere oggettivo) vi dico che dovete reagire , in nome della verità . Spesso, infatti, non è vero. E se talvolta del vero c’è, è anche vero che, in un bilancio di venti secoli di cristianesimo, le luci prevalgono di gran lunga sulle ombre. Ma poi: perché non chiedere a vostra volta il conto a chi lo presenta a voi? Sono forse stati migliori i risultati di ciò che è venuto dopo? Da quali pulpiti ascoltate, contriti, certe prediche?
  • (it) Pensare la storia. Una lettura cattolica dell’avventura umana, Vittorio Messori (trad. Wikiquote), éd. Edizioni San Paolo, coll. « Vivaio », 1992  (ISBN 978-88-215-2414-1), p. 23-24


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