Aller au contenu

Kossi Efoui

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Article en cours de rédaction
Cet article est inachevé. Son état est provisoire et sera modifié. Une version améliorée est en préparation.
  • Veuillez prendre son état actuel avec prudence : Le plan et le contenu peuvent être incomplets, ou en révision.
  • Pour participer à cette amélioration, il vous est recommandé de consulter la page de discussion au préalable.
Cette page est une ébauche.
N'hésitez pas à la modifier en ajoutant des citations admissibles !

Kossi Efoui est un écrivain, dramaturge et chroniqueur togolais francophone. Il est né le à Anfoin, au Togo.

Citations

[modifier]

Le Carrefour, 1990

[modifier]
Le Poète : Il y en a de moins en moins de nos jours, des égarés qui cherchent. Par contre, il y a de plus en plus de guides, de phares. J'en ai vu, moi, des phares. Il y en avait un, tout petit, clignotant, qui se prenait pour l'œil de l'univers. J'en ai vu un tout haut perché et qui ne donnait aucune lumière mais il donnait le vertige. Il y en avait un, prestigieux, éclatant, qui interpellait tout le monde : « Venez, venez, je vous donne la lumière. » Mais ceux qui y sont allés sont revenus aveuglés… par la lumière. Il y en avait tellement à se prendre pour des spécimens rares que ça ne fait même plus sérieux. Tenez, on ne distingue même plus le roi de son bouffon…
  • Le Carrefour, Kossi Efoui, éd. L’Harmattan (Théâtre Sud, 2), 1990  (ISBN 2-7384-0701-3), chap. Le Carrefour (texte intégral), p. 72


La Femme : Eh oui, c'est bien toi. Les mêmes yeux qui insistent pour voir, la même bouche qui demande à longueur de joumée : « Pourquoi ceci ? Pourquoi cela? » […] Je savais qu'un jour tu t'en irais. Que tu ne t'habituerais jamais à vivre dans l'impasse. Tu n'es pas né sous le signe du caméléon comme la plupart ici. Tu n'as jamais appris à te confondre avec le décor. Ta peau encaisse mal cette grisaille. (Elle lui prend la main et lit dans sa paume.) Tu es né pour tisser ta toile et pour demeurer nu. Signe de l'araignée. Tu es né à la nudité. La nudité de ta vérité.
  • Le Carrefour, Kossi Efoui, éd. L’Harmattan (Théâtre Sud, 2), 1990  (ISBN 2-7384-0701-3), chap. Le Carrefour (texte intégral), p. 75


L’Entre-deux rêves de Pitagaba, 2000

[modifier]
L'idée même d'un théâtre africain, si elle n'est pas en permanence interrogée, continuera d'entretenir un malaise, fruit de l'amalgame entre la question légitime de l'authenticité d'une oeuvre et celle, suspecte, de l'authenticité culturelle.
  • « Le Théâtre de ceux qui vont venir demain[1] », dans L'entre-deux rêves de Pitagaba, conté sur le trottoir de la radio, Kossi Efoui, éd. Acoria, 2013  (ISBN 978-2-35572-112-0), p. 7 (lire en ligne)


Lorsque les référents d'une critique bien intentionnée autorisent à dire que tel spectacle n'est pas africain, ou que tel auteur gagnerait à être moins occidentalisé, on est tenté de répondre : « à partir de combien de plumes au cul la chose est-elle crédible ? » À moins que ce ne soit pas à partir d'un degré supposé de régression au stade oral. Un instant peut-être pour réentendre le hurlement de Fanon : « Ma couleur n'est pas dépositaire de valeurs essentielles[2]. »
  • « Le Théâtre de ceux qui vont venir demain », dans L'entre-deux rêves de Pitagaba, conté sur le trottoir de la radio, Kossi Efoui, éd. Acoria, 2013  (ISBN 978-2-35572-112-0), p. 8 (lire en ligne)


La Fabrique de cérémonies, 2001

[modifier]
Au moment de me lever pour partir, au moment de disputer mes fesses au canapé d'un coup de rein définitif, j'ai vu l'homme faire pivoter son fauteuil et ce mouvement a suffi pour que je suspende mon geste, attendant encore je ne sais quoi. Cette impression d'oublier quelque chose. Et soudain j'ai su qu'il me manquait de voir les mains de l'homme, ces mains restées sous le bureau pendant toute la conversation. (Peut-être n'en avait-il pas du tout. Comment faire confiance à un recruteur dont on n'a pas vu l'ombre d'une main ?).
  • La Fabrique de cérémonies, Kossi Efoui, éd. Le Seuil, 2001  (ISBN 2-02-047299-6), chap. 1. Buste : fragment d’un personnage, p. 23 (lire en ligne)


Le style, ça se fabrique. Le talent, c’est des foutaises. Définition du style selon un vieux proverbe masaï : Aussi folle que soit la bête, qui sait la débiter saura la vendre.
  • La Fabrique de cérémonies, Kossi Efoui, éd. Le Seuil, 2001  (ISBN 2-02-047299-6), chap. 1. Buste : fragment d’un personnage, p. 35 (lire en ligne)


L'ombre des choses à venir, 2011

[modifier]
Le destin qui m'attire désormais loin d'ici s'appelle encore une vie, mais il faut avouer qu'elle est semblable à un saut dans le vide. On dit qu'avant de toucher le sol, un homme qui tombe de haut voit tous les instants de son existence se réunir et s'échapper de lui par paquets d'images. Moi, c'est par paquets de mots mêlés, ces mots qui empruntent ma voix ce soir sur le mode du chuchotement, que se dissipe la vie qui m'a mené jusqu'ici.


Quand je suis tombé sur le livre intitulé Enfant je n'inventais pas d'histoires, de Bala Hella Zamal, j'ai d'abord cru qu'Axis Kémal s'était trompé de rangement. Le volume portait le sous-titre de « roman ». Mais, dit l'auteur, s'il a choisi d'appeler « roman » ce livre où il n'est pourtant question que de choses vécues à La Plantation, c'est parce que pendant longtemps après son retour, il ne pouvait raconter le moindre fragment de cette histoire sans entendre son interlocuteur s'écrier que c'est « inimaginable ». Alors, « roman », ça convient pour espérer, dit-il, « que le lecteur fasse œuvre d'imagination ».


– Je ne sais pas ce que je fais ici. Pas plus que toi. Tous mes gestes, comme tous tes gestes, sont contrôlés. Mais il y a un seul geste que moi seul, je peux décider de faire, le seul geste qui dépend de moi, et rien que de moi. Et de personne d'autre, même pas eux, jamais.
Et l'autre, un cran plus haut.
– Et c'est quoi ce geste ?
– Jouer la note juste.

[…] Je ne peux pas relire ces mots sans revivre le trouble dans lequel ils m'ont jeté la première fois que je les ai lus et entendus résonner en moi. Comme on entend un chant en regardant la partition, je regardais ces mots – « Jouer la note juste » – et la voix était soudain dans mon oreille, oui, dit l'orateur, c'était mon père qui prêtait voix à ces mots de papier.


Quel livre apprend à faire ce que je me prépare à faire : embrasser une route où marcher n'est pas faire un pas après l'autre mais faire un saut après l'autre […] ? Quels livres ? Ceux des philosophes que m'avaient rendu accessibles les lumières d'Axis Kémal ? Des lumières dont il avait commencé à m'éclairer assez tôt, vers l'âge de seize ans, quand il me racontait Platon et le mythe de la caverne. J'ai fini par croire que je faisais quelque progrès sur le chemin de je ne sais plus aujourd'hui quelle connaissance, pas plus que je ne sais aujourd'hui si ce que j'apprenais était de mourir comme Socrate ou de vivre comme Diogène, ou seulement d'arriver à me constituer une sorte de sagesse personnelle, d'avoir une philosophie dans la vie comme on dit, une vie déjà, dit l'orateur, quelque chose que je peux déjà appeler une vie, vingt et un ans, et tant de livres lus, tant de films vus, tant d'histoires entendues, tant de citations, toute ma collection de savoirs depuis l'âge de douze ans.


Entretiens

[modifier]
Considérez-vous que vous faites partie de ces auteurs « d'après Sony Labou Tansi » ?
Si nous avons une parenté avec Sony c’est que nous sommes tous allés boire à d'autres sources. J'avais déjà écrit ma première pièce avant de lire le théâtre de Sony. Je me suis dit : « Tiens, ça ne ressemble à rien. » Rien pour moi voulait dire tout ce que j’ai pu lire à travers ma culture scolaire. C'est la leçon que j’ai reçue de Sony : « Voyage, vas boire à d'autres sources ! » Ce qui me fait penser qu'il y a une famille d'esprit, c'est cela : nous qui sommes tous des enfants des Indépendances, avec toute l'ironie macabre que cela suppose, nous sommes tous allés boire ailleurs, à d'autres sources.
  • « Kossi Efoui : écrire c’est avancer masqué[3] », dans L'Afrique noire et son théâtre : au tournant du XXe siècle, Sylvie Chalaye, éd. Presses universitaires de Rennes, 2001  (ISBN 2-86847-632-5), partie 2. Paroles d’auteurs, p. 81-82


  • Afrique : paroles d'écrivains, Eloïse Brezault, éd. Mémoire d'encrier, 2010  (ISBN 978-2-923713-20-5), p. 148-164


Citations sur Kossi Efoui

[modifier]

Sylvie Chalaye

[modifier]
Voir le recueil de citations : Sylvie Chalaye
Le Carrefour, le texte de Kossi Efoui qui remporte le Grand Prix du 16e Concours théâtral interafricain en 1989 passe alors pour une provocation. Voilà une pièce qui soudain ne semble plus rien avoir d'africain. Les personnages n'ont pas de couleur, on ne sait pas où se passe la situation et les dialogues ne respectent plus la rigueur classique.
  • Afrique noire et dramaturgies contemporaines : Le Syndrome Frankenstein, Sylvie Chalaye, éd. Théâtrales/Francophonies en Limousin, 2004  (ISBN 978-2-842-60161-4), chap. Génération « alien », p. 84-85 (lire en ligne)


L'identité du théâtre de Kossi Efoui est celle d'un Arlequin déchu qui ne cesse de ravauder les morceaux de son costume.
  • Afrique noire et dramaturgies contemporaines : Le Syndrome Frankenstein, Sylvie Chalaye, éd. Théâtrales/Francophonies en Limousin, 2004  (ISBN 978-2-842-60161-4), chap. Se recoudre une figure de complexité, p. 97


Après une quinzaine de pièces, […] le théâtre de Kossi Efoui reste un ovni pour beaucoup de critiques. C’est que le théâtre de Kossi Efoui travaille justement sur l’insaisissable, le volatile, sur l’évaporation, l’échappée du temps et de l’espace aux hommes, l’impuissance qui est la nôtre à conserver la mémoire. Son théâtre convoque l’amnésie ; la fresque de l’Histoire comme celle de nos histoires intimes est percluse de trouées, de déchirures, d’incertitude. Nous sommes incapables de faire la part du vrai et du faux, et tout son théâtre traite de cette question de l’illusion que nos sens nous imposent.
  • Le théâtre de Kossi Efoui : une poétique du marronnage, Sylvie Chalaye (dir.), éd. L’Harmattan [Africultures, 86], 2011  (ISBN 978-2-296-54684-4), chap. Introduction, p. 8 (lire en ligne)


Notes et références

[modifier]
  1. « Le Théâtre de ceux qui vont venir demain », Notre librairie, « Créateurs africains à Limoges », 1993, p. 40-41 [lire en ligne].
  2. « Ma peau noire n’est pas dépositaire de valeurs spécifiques » (Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs).
  3. Propos recueillis en juin 2000. Publié dans Théâtre/Public, 158, mars-avril 2001 et repris sous le titre « Kossi Efoui : le « marronnage » de l’écrivain » dans Afrique noire et dramaturgies contemporaines : le syndrome Frankenstein, 2004 (ISBN 2-84260-161-0), p. 33-38 , disponible sur Internet Archive.

Voir aussi

[modifier]

Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :