Kamel Daoud

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Kamel Daoud par en février 2015

Kamel Daoud, né le 17 juin 1970 en Algérie, est un écrivain et journaliste algérien d'expression française.

Citations de Kamel Daoud[modifier]

The New York Times[modifier]

Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’État islamique et l’Arabie Saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix.

  • « L’Arabie Saoudite, un Daesh qui a réussi », Kamel Daoud, The New York Times, 20 novembre 2015 (lire en ligne)


Le wahhabisme, radicalisme messianique né au 18e siècle, a l’idée de restaurer un califat fantasmé autour d’un désert, un livre sacré et deux lieux saints, la Mecque et Médine. C’est un puritanisme né dans le massacre et le sang, qui se traduit aujourd’hui par un lien surréaliste à la femme, une interdiction pour les non-musulmans d’entrer dans le territoire sacré, une loi religieuse rigoriste, et puis aussi un rapport maladif à l’image et à la représentation et donc l’art, ainsi que le corps, la nudité et la liberté. L’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi.

  • « L’Arabie Saoudite, un Daesh qui a réussi », Kamel Daoud, The New York Times, 20 novembre 2015 (lire en ligne)


Daesh a une mère : l’invasion de l’Irak. Mais il a aussi un père : l’Arabie Saoudite et son industrie idéologique. Si l’intervention occidentale a donné des raisons aux désespérés dans le monde arabe, le royaume saoudien leur a donné croyances et convictions. Si on ne comprend pas cela, on perd la guerre même si on gagne des batailles. On tuera des djihadistes mais ils renaîtront dans de prochaines générations, et nourris des mêmes livres.
Les attaques à Paris remettent sur le comptoir cette contradiction. Mais comme après le 11 septembre, nous risquons de l’effacer des analyses et des consciences.

  • « L’Arabie Saoudite, un Daesh qui a réussi », Kamel Daoud, The New York Times, 20 novembre 2015 (lire en ligne)


La dénonciation du racisme est généralement réservée pour les crimes de l'occident. Abus chez les autres, nécessité chez soi. Mais comment en arrive-t-on à faire soi-même ce que l'on dénonce ailleurs, et visiblement sans se sentir coupable ? Comment la victime de racisme se construit-elle une conscience raciste à son tour ? En Algérie, les élites laïques et de gauche se sont rendues myopes en cultivant le traumatisme colonial comme seule vision du monde.

  • The New York Times, publié le 2 mai 2016
  • « La foi ne protège pas du racisme », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 21


L'esclavagisme arabe est d'ailleurs encore aujourd'hui un sujet tabou ou escamoté par les jugements portés contre l'esclavagisme de l'Occident.

  • The New York Times, publié le 2 mai 2016
  • « La foi ne protège pas du racisme », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 21


Knack[modifier]

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me sens plus en sécurité en Algérie qu'en France. En Algérie, je dois me méfier d'individus et m'attendre à ce qu'un fou déséquilibré mette à exécution ma condamnation à mort. En France et en Belgique, il ne s'agit pas d'individus mais de réseaux, lesquels sont beaucoup plus dangereux.

  • Knack, propos recueillis par Erik Raspoet, publié le 14 septembre 2016
  • « Je me sens plus en sécurité en Algérie qu'en France », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 23


Je connais intimement la tentation de l'islamisme. Entre quatorze et dix-huit ans, j'ai moi-même traversé un phase de radicalisation islamiste. L'islamisme paraissait donner un sens à tout : à la vie, à la mort, à la violence, à la sexualité, à l'habillement, à l'hygiène, aux relations sociales. J'aurais pu me fracasser sous ce chant des sirènes si je n'avais pas découvert la littérature.

  • Knack, propos recueillis par Erik Raspoet, publié le 14 septembre 2016
  • « Je me sens plus en sécurité en Algérie qu'en France », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 23


Camus… Je lui suis à jamais reconnaissant pour ses essais philosophiques. Le Mythe de Sisyphe [Gallimard, 1942] et L'Homme révolté [Gallimard, 1951]. Ces livres ont changé ma vie. Pour quelqu'un comme moi qui traversais une phase religieuse radicale, ce fut une bouffée d'oxygène que de lire un livre qui plaçait la dignité humaine au-dessus de tout. Un livre qui vous dit que vous ne pouvez aimer quelqu'un tant que vous le maintenez en soumission. Que nous vivons dans un monde inexplicable, mais que seul l'homme indique le sens de ses actions.

  • Knack, propos recueillis par Erik Raspoet, publié le 14 septembre 2016
  • « Je me sens plus en sécurité en Algérie qu'en France », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 23


L'Hebdo de Lausanne[modifier]

L'accueil du demandeur d'asile fuyant Daech ou les guerres récentes pèche en occident par une surdose de naïveté : on voit dans le réfugié son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l'occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voir le survivant et on oublie que le réfugié vient d'un piège culturel qui résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. En occident, le réfugié ou l'immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l'oublie avec dédain.

  • Reprise de la tribune de Kamel Daoud dans L'Hebdo de Lausanne, daté du 14 janvier 2016
  • « L'Occident, lieu de fantasme », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 17


Le réfugié est-il donc un « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d'accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s'acquitter. Il faut offrir l'asile au corps mais aussi convaincre l'âme de changer. « L'autre » vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L'accueillir n'est pas le guérir.

  • Reprise de la tribune de Kamel Daoud dans L'Hebdo de Lausanne, daté du 14 janvier 2016
  • « L'Occident, lieu de fantasme », Kamel Daoud, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 17


Citations sur Kamel Daoud[modifier]

Daoud se retrouve donc entre deux feux, les intégristes qui le condamnent à mort pour avoir critiquer l'islam et les gauchistes qui l'accusent de vouloir tout faire pour plaire à l'Occident dominant.

  • « L'ennemi de tous », Adlène Meddi, Courrier international, nº Hors-série, Novembre-décembre 2016, p. 19