Julien Sapori

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Julien Sapori, né en 1953 à Trieste, est un historien français.

Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943[modifier]

Les blessés les plus graves sont montés dans des camions, tandis que les valides doivent poursuivre leur marche vers l'ouest à pied, car le front est encore en mouvement. Au total, les hommes valides de la Tridentina ont parcouru 700km à pied, des rives du Don jusqu'au point terminal en Russie blanche où ils ont pu monter dans des trains ; ils ont forcé onze barrages soviétiques et engagés quatorze combats dont ils ont toujours été vainqueurs. Comme la Grande armée de Napoléon, ils ont été toujours vainqueurs. Comme la Grande armée de Napoléon, ils ont gagné tous les combats contre les Russes mais ils ont perdu la bataille.

  • Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943, Julien Sapori, éd. Editions Sutton, 2018  (ISBN 978-2-8138-1124-0), p. 189


La force des alpini, c'est leur esprit de corps, qui persiste même dans ces conditions horribles. Cet esprit de corps leur permet de trouver les ressources pour continuer à survivre et à se battre, pas pour l'Italie, encore moins pour le fascisme, mais pour leur propre salut et celui de leurs camarades ; peut-être, aussi, pour leur dignité d'hommes et de soldats… Il se manifeste de manière poignante par leurs chants, comme en témoigne Egisto Corradi. « Le soir tombait, l'air était plein d'une lumière violette quand nous commençâmes à bouger. Personne parmi nous n'avait dormi depuis deux ou trois jours. Déjà, on faisait les premiers pas quand, depuis la masse obscure des alpini, derrière, se leva un chant choral. Le chant du pont de Perati, Drapeau noir. Un chant triste, lent, funèbre, poignant. La chose me parut extraordinaire. Elle l'était ». Elle l'était d'autant que ce chant, relatant les sanglants combats de la division Julia en Grèce, avait été interdit par le régime fasciste car jugé défaitiste :
Sur le pont de Perati
drapeau noir,
c'est le deuil des alpini
qui vont à la guerre.
C'est le deuil de la Julia
qui va en guerre,
la meilleure jeunesse
qui va sous terre.
Ceux qui sont partis
ne sont pas rentrés,
sur les montagnes de la Grèce
ils sont restés.
Sur les montagnes de la Grèce,
il y a la Vojussa,
avec le sang des alpini
elle est devenue rouge.
Un chœur de fantômes
descend des montagnes,
c'est le chœur des alpini
qui sont morts.

  • Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943, Julien Sapori, éd. Editions Sutton, 2018  (ISBN 978-2-8138-1124-0), p. 182


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