John Varley

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John Varley 
auteur de nouvelles et de romans de science-fiction
John Varley.jpg
Date de naissance9 août 1947
Austin
Pays de nationalité
Occupation
  • Écrivain
  • romancier
  • scénariste
  • écrivain de science-fiction
Distinction reçue
  • Prix Nebula du meilleur roman court (1978)
  • prix Locus du meilleur roman court (1979)
  • prix Locus de la meilleure nouvelle longue (1979)
  • prix Hugo du meilleur roman court (1979)
  • prix Locus du meilleur roman de science-fiction (1980)
  • prix Locus du meilleur roman court (1982)
  • prix Locus de la meilleure nouvelle courte (1982)
  • prix Hugo de la meilleure nouvelle courte (1982)
  • Prix Nebula du meilleur roman court (1984)
  • prix Locus du meilleur roman court (1985)
  • prix Hugo du meilleur roman court (1985)
Site officiel
Autorité
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John Varley, né le 9 août 1947 à Austin au Texas, est un écrivain américain de science-fiction.

Trilogie de Gaïa[modifier]

Titan (1980)[modifier]

Cirocco : Gaby, le problème des rapports humains dans un milieu fermé est un domaine longuement exploré. Ils ont essayé des équipages exclusivement masculins. Même une fois, exclusivement féminin. Ils ont essayé avec des couples mariés et avec des célibataires uniquement. Avec des règles interdisant le sexe, et pas de règle du tout. Aucune de ces solutions n'a donné entièrement satisfaction. Les gens se tapent mutuellement sur les nerfs et il faut qu'ils baisent. C'est pourquoi je ne dicte à personne sa conduite en privé.
  • (en) Titan (1979), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1980  (ISBN 2-07-041916-9), chap. 2, p. 40-41


Elle était contente que Gaby ait décrit avec un tel luxe de détails ses sentations en mangeant la baie, mais elle en savait la raison : les équipes de déminage employaient la même technique. L'un restait à l'écart tandis que l'autre décrivait ses moindres gestes à la radio. Si la bombe explosait le survivant était averti pour la fois suivante.
  • (en) Titan (1979), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1980  (ISBN 2-07-041916-9), chap. 4, p. 77


Bill : C'est parce que je t'aime que je ne veux pas que tu partes.
Cirocco : Mon Dieu, Bill, je ne veux pas de ce genre d'amour : "Je t'aime, alors ne bouge pas pendant que je te ligote." Ce qui me fait mal c'est de te voir, toi, agir ainsi. Si tu es incapable de m'avoir en tant que femme indépendante, libre de mes propres décisions, tu ne m'aurais pas du tout.
  • (en) Titan (1979), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1980  (ISBN 2-07-041916-9), chap. 18, p. 274


Sorcière (1981)[modifier]

À peu près n'importe quelle bande de lunatiques, de marginaux ou d'autonomistes pouvait désormais se permettre un point de chute lagrangien. L2 devint aussi célèbre que le triangle des Bermudes pour les pilotes qui l'évitaient soigneusement; ceux qui étaient contraints de le traverser le surnommaient le flipper et ils ne plaisantaient pas.
Certains de ces groupes ne voulaient pas entendre parler d'entretien et d'alimentation de machineries complexes. Ils escomptaient vivre dans une pure crasse pastorale à l'intérieur de ce qui n'était à vrai dire qu'une grosse cafetière vide. Bien souvent, les promoteurs étaient ravis d'exaucer leur souhait : autant valait s'épargner l'installation d'un équipement coûteux et soumis en fin de compte au vandalisme. Tous les deux ou trois ans, l'une de ces colonies se désintégrait en envoyant balader son contenu et ses habitants dans l'espace. Plus fréquemment quelque chose se déréglait dans l'écologie du système et ses occupants crevaient de faim ou bien suffoquaient. Il y avait toujours un client pour récupérer la carcasse abandonnée, la stériliser gratuitement par le vide et y emménager pour une bouchée de pain. La terre n'était jamais à court de barjos et d'insatisfaits. Les Nations Unies étaient trop heureuses de s'en débarasser sans trop poser de questions. C'était une époque de spéculation – de fortunes instantanées et de pratiques douteuses qui auraient choqué un promoteur immobilier de Floride.
Le triangle des Bermudes fut une pépinière de sociétés plus proches de tumeurs cancéreuses que de communautés. Les points de Lagrange virent naître et mourir les régimes les plus répressifs qu'ait jamais connus l'humanité.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 3. Le prodige, p. 36-37


Elle était entrée dans une église ! C'était sa seule grande terreur, l'unique croque-mitaine de son enfance sur lequel elle n'avait aucun doute : les chrétiens étaient les fondements même de toute la structure de pouvoir vorace. Une fois tombée entre leurs mains, toute joyeuse païenne se voyait bourrée de drogues et soumise aux plus hideuses tortures physiques et mentales. Il n'y avait pour elle nulle issue, nul espoir. Leurs rites effroyables ne tardaient pas à lui déformer l'esprit au-delà de toute possibilité de rédemption et bientôt la convertie se voyait infectée par un mal innommable qui lui pourrissait les entrailles : désormais elle serait contrainte à enfanter dans la douleur jusqu'à la fin de ses jours.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 6. Village de toile, p. 62


Cirocco Elle sourit. « Non. Pour en construire. Où pourriez-vous entreprendre ce genre de travaux sur Terre ? Il a fallu des centaines d'années pour édifier ces monuments. Même ici, il en faut vingt ou trente et encore, sans syndicats, ni réglementations, ni problèmes de prix de revient. Sur Terre, je construisais des trucs bien plus grands, mais si le travail n'était pas terminé en six mois, ils engageaient quelqu'un d'autre. Et une fois le chantier terminé, le résultat ressemblait à un étron tombé du ciel. Ici, je travaille sur le Tabernacle mormon du Zimbabwe.
Chris – Oui, mais à quoi ça sert? Qu'est-ce que ça signifie? »
Cirocco Son regard était empreint de pitié. « Si vous avez à poser ce genre de question, vous ne comprendrez sûrement pas la réponse.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 7. Paradis Parfait, p. 73-74


Il était étonnamment facile de lui parler. On pouvait mettre cela au crédit du choix peu orthodoxe de son image divine : elle convenait de façon quasi parfaite à l'idée maternelle de Gaïa, Terre nourricière. On pouvait se détendre en sa présence. Les choses longtemps retenues pouvaient être révélées, dévoilées, avec une confiance qui allait croissant à mesure qu'on parlait. Elle avait ce truc que devraient posséder tous les parents et tous les bons psychologues : elle écoutait et, surtout, lui donnait l'impression qu'elle le comprenait.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 7. Paradis Parfait, p. 75


Plus tard, avec sa mère morte et son père en prison, sa tante et son oncle l'avaient emmenée chez eux en Californie. C'est dans les Rocheuses qu'elle avait pour la première fois vu la Voie lactée. L'astronomie devint alors son obsession. Elle lisait tous les bouquins qui lui tombaient sous la main, se rendit en stop au mont Wilson et apprit les mathématiques malgré le système scolaire californien.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 13. Hospitalité, p. 140


Cornemuse « Ne vous tracassez pas, lui avait-il dit. Vous remarquerez que personne non plus ne paie avec de l'argent ici. On ne l'utilise pas.
Robin – Quel est donc votre système, alors ?.
Cornemuse – Gaby appelle cela du communisme non coercitif.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 15. La Chatte Enchantée, p. 158


Robin – Tu ferais mieux de ne pas poursuivre, l'avertit Robin. La majorité des femmes se sont toujours montrées heureuses de leur sort tel qu'il était – c'est du moins ce qu'elles affirmaient. Et cela remonte à l'époque où la société des sauteurs ne leur avait pas encore donné le droit de vote. Sous prétexte qu'au Covent on croit des choses que je sais maintenant être exagérées, voire incorrectes, ne vas pas en tirer la conclusion que nous sommes toutes complètement idiotes. Nous savons que la majorité préfère toujours le statu quo, tant qu'on ne lui a pas montré mieux. Les esclaves ne sont peut-être pas ravis de leur sort mais la plupart ne feront rien pour l'améliorer : la plupart ne croient même pas qu'on puisse l'améliorer. »
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 17. Reconnaissance, p. 196-197


Elle savait qu'elle ne grandissait plus. Elle n'y comptait pas. Elle avait découvert que l'accumulation des ans était synonyme d'expérience accumulée, de savoir, de perspective ; bien des choses qu'on peut en apparence amasser à l'infini, tandis que pour la sagesse, on atteint un plateau.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 18. Ouvrons l’œil, p. 203


Il y avait une vingtaine de Brazeltoniens. C'étaient des nudistes par religion. Tout le monde portait la barbe, les hommes comme les femmes. Sur Terre, la pilosité faciale pour les femmes avait été plus d'une fois à la mode au XXIe siècle. C'était rare aujourd'hui mais la vision d'une femme à barbe rappelait à Chris sa propre enfance, du temps où sa mère avait elle-même porté un petit bouc. Il ne détestait pas.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 25. Inglesina, p. 313


– Pour ma part, je suis athée, dit Chris.
Cirocco – Moi aussi. Mais ce n'est pas pareil. Nous avons dû l'un et l'autre rejeter ce concept de vie après la mort, même si l'on ne nous a pas élevé dans cette croyance, parce que toutes les cultures humaines sont imprégnées de cette idée. On la retrouve partout. Si bien que je crois que tout au fond de ton esprit, comme du mien d'ailleurs, et quelles que soient nos dénégations, une partie de nous-mêmes espère que nous nous trompons et peut-être même la certitude que la raison se trompe. Même les athées ont fait l'expérience de transformations extra-corporelles lorsqu'ils sont morts et ont été ranimés. Ce qui est profondément ancré dans ton âme n'existe tout simplement pas dans celle des Titanides. Ce qui m'étonne, c'est que leur race soit, malgré cela, aussi gaie. Je me demande si l'on doit encore l'attribuer à Gaïa ou bien si c'est de leur propre chef. Je ne poserai pas la question à Gaïa parce que je n'ai pas vraiment envie de le savoir ; je préfère imaginer que c'est leur génie propre de savoir s'élever au-dessus de la futilité de l'existence, d'aimer la vie à ce point et de n'exiger d'Elle rien de plus. »
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 27. Jet de Flamme, p. 348-349


L'univers est injuste et il est moche, qu'il soit ou non régenté par un Dieu vivant. Je crois honnêtement que si le Dieu des chrétiens existait, je le haïrais plus encore que Gaïa. Et elle ne fait même pas partie de son équipe.
« Malgré tout, le simple fait de pouvoir parler à cette divinité-là, parce qu'elle était là en personne, de lui avoir parlé et de la savoir responsable, de savoir que chaque injustice et chaque mort gratuite était le résultat d'une décision consciente... voilà qui rendait la chose encore plus dure à admettre. Pour moi, le cancer est une chose acceptable si j'ai l'impression qu'il s'est développé comme ça et non que quelqu'un l'a inventé pour l'infliger ensuite aux gens.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 33. Boutefeu, p. 404-405


Elle leur parla de l'institution des épreuves, des quêtes et de son dégoût croissant à mesure que passaient les années et qu'elle voyait tous ces malheureux poussés à lutter et mourir pour le bon plaisir d'un dieu blasé par des passions plus modestes.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 33. Boutefeu, p. 407-408


La folie était un terme dont les connotations n'étaient pas assez larges pour embrasser une intelligence étrangère.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 38. Bravoure, p. 481


Valiha – La Sorcière appelle ça l'effet Lyssenko. À sa plus grande satisfaction, elle est parvenue à démontrer que les Titanides sont capables d'hériter de caractères acquis.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 40. L'Héritage de nos pères, p. 513


Nous croyons que la source de tous vos ennuis provient du fait que vous devez apprendre, qu'à la naissance vous n'êtes qu'avidité et sauvagerie et que bien trop souvent ces deux pulsions sont cultivées au point de devenir un mode de vie.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 40. L'Héritage de nos pères, p. 518


Valiha Je parle de l'amour qui, pour autant que je sache, est l'unique émotion qui soit identique chez les hommes et les Titanides.
Chris – Cirocco n'est pas de cet avis.
Valiha – Elle a tort. Je sais bien qu'usuellement l'amour est associé à la jalousie, la convoitise, et la territorialité chez les humains alors qu'il ne l'est pas chez les Titanides. Mais cela ne rend pas l'émotion différente. C'est simplement que peu d'humains font l'expérience d'un amour qui ne soit pas teinté par ces autres sentiments. Tu peux m'en croire ; cela fait partie de ces choses que nous savons mieux faire que les humains. Les hommes depuis des millénaires écrivent et chantent sur la nature de l'amour et jamais ils ne sont parvenus à en trouver une définition qui satisfasse tout le monde. L'amour n'est pas un mystère pour nous. Nous le comprenons complètement. C'est par la chanson – et son amie proche : la poésie – que les humains ont su le mieux s'en approcher. C'est là l'une des choses que nous pourrions vous enseigner. »
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 40. L'Héritage de nos pères, p. 519-520


Le rire de Gaïa roula dans le vide obscur du noyau, inextinguible. Bientôt, tous les habitués de son festival du film riaient à leur tour, suivant le principe bien connu que ce qui est drôle pour le patron est forcément drôle tout court.
  • (en) Sorcière (1980), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1981  (ISBN 978-2-07-041917-3), chap. 41. L'Entrée des gladiateurs, p. 546


Démon (1985)[modifier]

En tant que citoyen du dominion du Canada, la plus vieille nation de la Terre, Conal ne risquait pas de se faire enrôler et moins encore de se faire vaporiser. D'une part, aucune nation ne s'était sérieusement lancée dans le système de la conscription — la guerre ne relevait plus désormais du travail intensif. D'autre part, une seule bombe était tombée sur le dominion. Elle avait frappé Edmonton et, si Conal l'avait remarqué, c'était essentiellement parce que les Pétroleurs avaient désormais disparu du tableau du championnat national de hockey.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Courts métrages, chap. Les actualités, p. 28-29


Rocky — Désolé... Disons que son énergie créatrice se gaspilla dans une production de plus en plus byzantine, et le rock se retrouva étouffé par des possibilités technologiques faute d'avoir les couilles pour les exploiter ou la cervelle pour les comprendre. C'était devenu un truc creux avec une apparence scintillante, plus soucieux de la forme que du fond. Il faut dire que l'amour du beau travail n'a jamais été son fort et bientôt cette préoccupation fut oubliée totalement. La valeur d'un artiste finit par se mesurer en décibel et en mégafric. Faute d'un remplaçant, il survécut ainsi tant bien que mal, mort mais toujours pas enseveli, jusqu'aux environs des années 90, puis finit ignoré en tant que musique sérieuse.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Courts métrages, chap. Intermède musical, p. 78-79


Il y eut des efforts de paix. Les conférences se concluaient habituellement par la vaporisation de la cité qui les avait accueillies. Genève pris une raclée, tout comme Helsinki, et Djakarta, et Sapporo, et Juneau. À la fin, les négociateurs se faisaient abattre à vue sitôt qu'ils tentaient de pénétrer dans une ville.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Courts métrages, chap. Dixième époque, p. 85


Mais, surpassant en nombre ces établissements strictement planétaires, il y avait les colonies O'Neil. Elles étaient des centaines, avec des populations étagées de cinq à cent mille habitants. La majorité se localisait aux points de Lagrange L4 et L5, points d'équilibre gravitationnel sur l'orbite de la Lune, à soixante degrés de part et d'autre de l'astre. Il en existait également des amas non négligeables en L1 et L2, malgré les perturbations qui tendaient à faire dériver les structures à l'écart des points de libration : avec un petit propulseur, même la plus imposante colonie pouvait demeurer stable en consommant un minimum d'énergie.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Courts métrages, chap. Dixième époque, p. 86-87


« Cent, dis-tu ? » La Titanide nommée Serpent haussa un sourcil dubitatif.
« Merde, Serpent, tu sais bien que je suis infoutu de compter jusqu'à vingt et un sans déboutonner ma braguette. Ils sont une centaine, peut-être cent vingt.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Courts métrages, chap. Dixième époque, p. 97


« Nova était tellement grosse », dit Robin, l'air piteux, en frottant la cicatrice qui avait rendu son tatouage plus horrible encore. « J'ai dû subir une calpurnienne[1]. »
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Première séance, chap. Quatre, p. 180


Il poussa un cri perçant : « Des anges ! Des anges ? Von Vieu, Von Vieu, vourquoi v'as-tu avangonné ? »
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Première séance, chap. Onze, p. 233


« Par les neuf milliards de perversions du christianisme, qu'est-ce que c'est que cette horreur » ?
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Première séance, chap. Treize, p. 260


Conal — « Nova, je pourrais continuer de radoter de la sorte pendant une heure, comme un message pour une de ces campagnes officielles à la c.b.c. qui vous expliquent qu'il faut bien aimer les Cul-békois et les Normands et les Colombritanneux et les Eskis et les négros et toutes ces pauvres petites bêtes à fourrure sans oublier les serpents à sonnette.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Première séance, chap. Quatorze, p. 274


C'était toujours la grosse rigolade, la façon dont elle recevait tous ses prédicateurs avec d'énormes cérémonies, faisant mousser ces pauvres crétins à leur en faire péter la tête, persuadés qu'ils étaient que Gaïa avait organisé tout ceci pour eux seuls, leur disant qu'elle les avait invités au Pandémonium — eux, personnellement, et personne d'autre, car personne d'autre n'avait exactement cette vision des choses, personne d'autre ne comprenait réellement la vraie foi comme le connard du moment — et les implorant de bien vouloir, s'il vous plaît, la mettre au fait de la Vérité Absolue, sérieusement, et sinon lui faire la grâce de leurs brillantes notions de théologie. Puis, une fois qu'ils étaient bien allumés, elle les lorgnait du regard dédaigneux d'un joueur professionnel qui surprend un pauvre plouc à sortir des as de sa manche, elle tonnait blasphème! et les décapitait d'un coup de dent.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Première séance, chap. Dix-neuf, p. 328-329


L'esclavage était un mal antique dont la race humaine ne parviendrait peut-être jamais à se libérer, sous l'une ou l'autre forme qu'il pût revêtir.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Deuxième séance, chap. Un, p. 345


Ces visiteurs étaient un cancer qui dévorait le cœur de la roue. Il y avait des humains bons, certes. Mais il semblait qu'il suffisait de les rassembler en assez grand nombre pour que se développe le mal.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Deuxième séance, chap. Trois, p. 359


Il finit par remarquer toutefois qu'une espèce de conditionnement était à l’œuvre. Les choses qu'Adam aimait le plus — mesurées en rpm, ou rires par minute — commençaient à apparaître plus souvent.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Deuxième séance, chap. Neuf, p. 432-433


« Plutôt mourir qu'être réduites en esclavage », lui avait-elle répondu.
Noble sentiment, avait supposé Gaïa, mais pas un de ceux qu'elle leur avait inculqués. Bordel, les humains nageaient dans l'esclavage comme des canards dans une mare. Pourquoi pas les Titanides ?
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Deuxième séance, chap. Dix, p. 453


Gaby Plauget était née à la Nouvelle-Orléans en 1997, à l'époque où la ville faisait encore partie des États-Unis d'Amérique.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie Deuxième séance, chap. Vingt-deux, p. 519


Seules les guérisseuses titanides ne s'enfuirent pas. Comme le personnel soignant humain, elles firent ce qu'ont toujours fait les médecins au cours de toutes les guerres. À savoir , recueillir les blessés, les soigner... et mourir auprès d'eux.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie La dernière séance, chap. Sept, p. 624


Elle pensait être le dernier être humain vivant à avoir assisté à une authentique corrida. Sa mère l'y avait emmenée quand elle était encore toute jeune, peu avant que l'Espagne, le dernier pays à les autoriser encore, les déclare à son tour hors la loi.
  • (en) Démon (1984), John Varley (trad. Jean Bonnefoy), éd. Éditions Denoël, 1985  (ISBN 2-07-041918-5), partie La dernière séance, chap. Dix-neuf, p. 707


Notes et références[modifier]

  1. De Calpurnia, nom de la femme de César... C'est plus logique qu'une césarienne, non ? (N.d.T.)