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Jim Harrison

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Pour les articles homonymes, voir Harrison. 

Jim Harrison est un écrivain américain né en 1937 dans le Michigan et mort en 2016 dans l'Arizona.

Citations

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De Marquette à Veracruz, 2004

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La poésie n’est pas une obsession, mais une vocation. C’est une rivière dans laquelle tu sautes dès qu’on t’y appelle et tu passes ta vie à flotter au gré du courant.
  • De Marquette à Veracruz, Jim Harrison, éd. Christian Bourgois, coll. « 10/18 », 2004, p. 243


Je reviens sans cesse vers une tête olmec de vingt tonnes qui a été trouvée dans un marais proche de l’immense estuaire que j’ai vu non loin d’Alvarado. On ignore comment les autochtones l’ont transportée là-bas à partir des montagnes, il y a quatre mille ans. Il existe plusieurs de ces têtes olmec, aucune d’entre elles ne présente la qualité rassurante du Bouddha serein de Fred. J’imagine qu’elles ne sauraient dire qu’une seule chose :
« Tu nais, tu aimes, tu souffres, tu meurs. »
Mais sans doute est-de déjà trop. Leur réponse n’est rien, elles vous rendent idiot d’avoir posé la moindre question.
  • De Marquette à Veracruz, Jim Harrison, éd. Christian Bourgois, coll. « 10/18 », 2004, p. 348


Quand j’ai embrassé ma mère pour lui souhaiter bonne nuit, elle m’a dit qu’elle trouvait bien étrange de fêter son dernier Noël. Elle regardait la neige tomber derrière la fenêtre, au-dessus de l’évier de la cuisine. Je n’ai rien su répondre, mais j’ai été sauvé lorsqu’elle a dissimulé le cachet de Carla dans un morceau de fromage. Comme il était déroutant de voir ces deux femmes dont les corps les condamnait à un départ précoce. J’ai voulu me permettre de fêter la naissance de Jésus sans m’attarder outre mesure sur l’utilisation du christianisme comme une massue destinée à façonner le monde dans la violence. Je ne parvenais pas à définir avec exactitude ce qui restait de ma religion, hormis le fait que j’avais acquis une certaine compassion en regardant en dehors de moi plutôt qu’en moi. Je ne savais absolument pas si je croyais encore à la résurrection. En ma qualité d’humain parmi plusieurs milliards de mes congénères, j’avais laissé le monde acquérir une dimension beaucoup plus vaste et le poudroiement des étoiles scintillantes, tellement spectaculaire à Grand Marais bien qu’ici réduit au seul souvenir par la lumière ambiante de Chicago, m’a une fois encore rassuré : mes efforts pour m’éloigner des préoccupations strictement personnelles allaient dans le bon sens.
  • De Marquette à Veracruz, Jim Harrison, éd. Christian Bourgois, coll. « 10/18 », 2004, p. 444


Une Odyssée américaine, 2009

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J'ai salué un peuplier flottant qui passait sous nos yeux à grande vitesse, avec un groupe de corneilles perchées sur l'écorce pour un voyage gratuit.
  • Une Odyssée américaine, Jim Harrison (trad. Brice Matthieussent), éd. Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-2117-8), p. 105


L'ignoble sonnerie de mon portable a retenti. Je l'ai regardé quelques secondes comme si je tenais une crotte de chien, avant de répondre.
  • Une Odyssée américaine, Jim Harrison (trad. Brice Matthieussent), éd. Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-2117-8), p. 111


Viv commençait par « Très cher Roberto », car lorsque Robert avait dix ans il a décidé qu'il était un orphelin issu d'une famille noble italienne et exigé qu'on l'appelle Roberto. Viv s'est laissé convaincre, mais j'ai refusé, convaincu qu'il était déjà bien difficile de garder Robert en contact avec la réalité. Un jour, au dîner, Robert a demandé : « Papa, c'est quoi cette réalité dont tu parles tout le temps ? ». Je n'ai pas su quoi lui répondre.
  • Une Odyssée américaine, Jim Harrison (trad. Brice Matthieussent), éd. Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-2117-8), p. 171


Quan on passe le plus clair de son temps au grand air, on n'a guère de chance d'avoir le visage aussi lisse qu'un présentateur télé.
  • Une Odyssée américaine, Jim Harrison (trad. Brice Matthieussent), éd. Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-2117-8), p. 200


Dr A, qui a toujours eu une demi-douzaine de bâtards de la fourrière qui cavalaient chez lui, a déclaré que les chiens et les jeunes enfants meurent toujours avec un regard étonné. Étant médecin, il sait de quoi il parle.
  • Une Odyssée américaine, Jim Harrison (trad. Brice Matthieussent), éd. Flammarion, 2009  (ISBN 978-2-0812-2117-8), p. 214