Jeanne Galzy

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Jeanne Galzy

Jeanne Galzy, pseudonyme de Jeanne Baradiuc, est une personnalité de nationalité française, née à Montpellier le 30 09 1883 et morte à Montarnaud le 06 05 1977. Elle est connue en tant que femme de lettres.

Citations extraites de ses œuvres[modifier]


Des cités de maladie : les unes au bord des flots, d'autres suspendues aux montagnes, ou glissées au flanc des collines, ou tombées dans le fond des cirques : nombreuses comme les léproseries d'autrefois, plus nombreuses sans doute encore, et autour desquelles la vie s'arrête : lieux d'asile pour la mort
  • Les allongés, Jeanne Galzy, éd. Ferenzi et fils, = 1923, p. 147


La Grand’ Rue dormait à son habitude avec ses boutiques closes et ses fenêtres fermées. Au fond, du côté de la Saulnerie, la vielle porte de la ville, désormais privée de battants, encadrait dans son contre d’ombre un ciel clair où semblait nager des étoiles. Là, les maisons pauvres s’étiraient en deux files obscures, dont la courbe irrégu- lière cachait le prolongement de la rue qui s’évasait devant la Bourse, en formant avec la montée de l’Argenterie une petite place triangulaire, puis se raidissait et alignait sévèrement ses vieux hôtels, construits à l’époque de Louis XIV, où Montpellier avait connu tant de splendeur
  • La Grand'Rue, Jeanne Galzy, éd. Rieder, 1925, p. 13-14


Le but suprême de mon enseignement me paraît la conquête du silence, conquête instable et difficile, que peut seule donner, quelques secondes une attention passionné
  • La femme chez les garçons, Jeanne Galzy, éd. Ferenzy et Fils, 1932, p. 22


Jardin des Plantes enclos de murs, glissé en contre-bas pour qu’aucun horizon ne distraie de cette intimité d’âme qui s’établie si vite entre le passant et cette flore étrange, venue de tout les pays du monde, disciplinée et acclimatée, où les plantes à se connaître changent peut-être, acquièrent ensemble de nouvelles harmonies, comme celles que revêtent peu à peu les êtres lointains que réunissent les rencontres du sort
  • La femme chez les garçons, Jeanne Galzy, éd. Ferenzy et Fils, 1932, p. 73


Ils étaient là tous ceux qui voulaient obtenir le droit de vivre, avec la volonté de ne présenter que la force de leur masse. Un chant s’élevait parfois pour rythmer cette lente procession. L’Internationale pensa-t-il. Mais aussi des chants nés du sol, avec leur patois grave, rocailleux comme une garrigue
  • Les Sources vives, Jeanne Galzy, éd. Gallimard, 1971, p. 157-158


Citations rapportées[modifier]


Je suis Sévrienne, je suis agrégée, j'ai tous les ridicules. Je suis garantie littéraire sur facture
  • Une interview donnée dans la presse, 20/06/1961, Montpellier, dans Libération.


J'ai toujours écrit. J'ai été élevée par une mère qui écrivait des vers dans le temps où on ne les publiait pas. Ces vers, elle me les récitait, j'étais toute petite
  • Une interview donnée dans la presse, 18/01/1934, Montpellier, dans Les Nouvelles littéraires.


Jamais je n'ai tenu autant à un de mes témoignages sur la vie
Le spectaculaire ne m’intéresse pas. Mon véritable sujet c’est le retentissement de la guerre à l’intérieur des êtres (…) J’ai mis dans ce livre toute ma révolte de femme contre la guerre, et tout mon amour pour la jeunesse
  • Une interview donnée à Gabriel d’Aubarède à la radio à propos de "La jeunesse déchirée", 1952, Paris, dans Radio.


Citations extraites de correspondances privées[modifier]


Thalie, cher être, que c’est bon que vous soyez un être humain. Que j’aime cela ! Et qu’au-dessus de votre légende il y ait une vérité plus nuancée, plus complexe, plus saignante. Et que vous ne soyez ni la Sérène, ni le Clair-de-Lune, ni Lorély, ni l’Amazone, mais vous, humblement et magnifiquement vous - et votre vie
  • Lettre adressée à Nathalie Clifford Barney, 26/06/1921, Montpellier, dans Bibliothèque Doucet.


Ma nature vraie est la spontanéité : je me retiens. J’essaie de doser, sinon mes sentiments, du moins leur expression, j’ai peur d’encombrer
  • Lettre adressée à Nathalie Clifford Barney, 08/01/1952, Montpellier, dans Bibliothèque Doucet.


Je n’eusse jamais cru que refaire les gestes pour une autre morte pouvait ranimer à ce point les souvenirs. J’en ai été submergée au point que mes mains ont retrouvé le contact et tout mon être sa douleur. Entière. Totale. Actuelle. J’ai tout revécu avec une intensité qui est presque folie, délire. J’ai perdu le sommeil, maigri, enfin perdu pied dans le temps, le passé devenu présent? (…) la vue de son chagrin a peut-être aussi contribué à entretenir ce retour de douleur. Je ne crois pas pourtant. Ma douleur se suffisait. Je n’ai pas pu me remettre à lire, à travailler que ces derniers jours (parce qu'il y avait urgence)
  • Lettre adressée à Nathalie Clifford Barney, 13/08/1952, Montpellier, dans Bibliothèque Doucet.


Voir aussi[modifier]

Liens externes[modifier]