Jean Bricmont

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Jean Bricmont (Paris, 2010)

Jean Bricmont né en 1952, est un physicien et essayiste belge. Docteur en sciences, il a travaillé comme chercheur à l’université Rutgers puis a enseigné à l’université de Princeton toutes deux situées au New Jersey (États-Unis).

Citations[modifier]

Tous ceux qui préfèrent la paix à la puissance et le bonheur à la gloire devraient remercier les peuples colonisés de leur mission civilisatrice: en se libérant de leur joug, ils ont rendu les Européens plus modestes, moins racistes et plus humains. Pourvu que cela continue et que les Américains finissent par être forcés de suivre cette voie.

  • Impérialisme humanitaire - Droits de l'homme, droit d'ingérence, droit du plus fort ?, J. Bricmont, éd. Aden, 2005, p. 190


Ce que comprenaient bien les penseurs des Lumières, mais qui a été en partie oublié depuis lors, c’est que l’approche scientifique (en y incluant la connaissance ordinaire) nous donne les seules connaissances objectives auxquelles l’être humain a réellement accès. Si l’approche scientifique nous donne une vision partielle de la réalité, c’est parce que nous n’avons pas accès, de par notre nature finie, à la réalité ultime des choses. Mais il y a une grande différence entre dire que la science nous donne une description complète de la réalité et dire qu’elle en donne la seule connaissance accessible à l’être humain ; la confusion entre ces deux propositions est d’ailleurs soigneusement entretenue par les croyants, ce qui leur permet alors d’attaquer le « scientisme » , identifié à la première proposition, et de suggérer non pas simplement qu’il existe des questions auxquelles la science n’a pas de réponses, mais qu’il existe une façon d’apporter à ces questions des réponses fiables. Une fois que cette distinction est clairement énoncée, des édifices entiers de métaphysique et de théologie s’effondrent.

  • Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences, J. Dubessy, G. Lecointre (dir.), éd. Syllepse, 2003, chap. Science et religion : l'irréductible antagonisme (par J. Bricmont), p. 131


Au lieu de partager la vision que l'Occident se fait du reste du monde, la gauche occidentale pourrait s'efforcer de faire comprendre aux "Occidentaux" la vision que le reste du monde a d'eux, et combattre tout ce qui renforce un sentiment de supériorité et de pureté morale.

  • « Une gauche endormie par l'hypocrisie impériale », Jean Bricmont, Le Monde diplomatique, août 2006, p. 28


Sur le plan intérieur, l’idée de socialisme, de socialisation des moyens de production, a été remplacée, dans le discours, par les Droits de l’homme. [...] Si vous parlez de la gestion et du contrôle de l’économie, [la gauche] ne vous dit rien. Celui qui incarne ça encore plus que les socialistes français, c’est Tony Blair. Il a dit : « La gauche a appris qu’il n’y a pas une façon de gauche et une façon de droite de gérer l’économie, il y a une seule façon de gérer l’économie et la gauche a appris à le faire aussi bien que la droite. » Donc il n’y a pas de débat sur la propriété privée des moyens de production, sur le contrôle démocratique de la production. [...] Si tu prends l’Europe, par exemple, c’est vraiment le truc que les socialistes ont construit pour éviter les audaces du programme commun. On pourrait revenir au programme commun après l’échec de Mitterrand, sous une autre forme, mais ils ont verrouillé le truc pour qu’on ne puisse jamais, même dans 1000 ans, revenir à quelque chose comme le programme commun. [...] Par pitié qu’on revienne aux fondamentaux : la lutte des classes, la propriété privée des moyens de production et du capital financier.

  • « La gauche morale est devenue le substitut de la religion », Jean Bricmont, Montpellier journal, 21 avril 2010 (lire en ligne)

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