Jean Baudrillard

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Jean Baudrillard le 12 juin 2004 lors d'une conférence à l'European Graduate School

Jean Baudrillard (Reims, 27 juillet 1929Paris, 6 mars 2007) était un sociologue et philosophe français.

La Société de consommation (1970)[modifier]

Partie I : La liturgie formelle de l'objet[modifier]

La profusion et la panoplie[modifier]

Vous emportez la pyramide croulante d'huîtres, de viandes, de poires et d'asperges en boîte en en achetant une parcelle. Vous achetez la partie pour le tout. Et ce discours métonymique, répétitif, de la matière consommable, de la marchandise, redevient, par une grande métaphore collective, grâce à son excès même, l'image du don, de la prodigalité inépuisable et spectaculaire qui est celle de la fête.


Le vertige consommé de la catastrophe[modifier]

Ce que nous donnent les communications de masses, ce n'est pas la réalité, c'est le vertige de la réalité. Ou encore, sans jeu de mots, une réalité sans vertige.


Il faut la violence et l'inhumanité du monde extérieur pour que non seulement la sécurité s'éprouve plus profondément comme telle (cela dans l'économie de la jouissance), mais aussi pour qu'elle se sente à chaque instant justifiée de se choisir comme telle (dans l'économie morale du salut).


Les nuisances[modifier]

Bref, partout on touche à un point où la dynamique de la croissance et de l'abondance devient circulaire et tourne sur elle-même. Où de plus en plus, le système s'épuise dans sa reproduction. Un seuil de patinage, où tout le surcroît de productivité passe à entretenir les conditions de survie du système.


Le gaspillage[modifier]

C'est ainsi qu'il faut lire l'immense gaspillage de nos sociétés d'abondance. C'est lui qui défie la rareté et qui signifie contradictoirement l'abondance. C'est lui dans son principe et non l'utilité, qui est le schème psychologique, sociologique et économique directeur de l'abondance.


La publicité réalise ce prodige d'un budget considérable consumé à seule fin non pas d'ajouter, mais d'ôter à la valeur d'usage des objets, d'ôter à leur valeur/temps en les assujettissant à leur valeur/mode et au renouvellement accéléré.


La société de consommation a besoin de ses objets pour être et plus précisément elle a besoin de les détruire.


Partie II : Théorie de la consommation[modifier]

L'idéologie égalitaire du bien-être[modifier]

Il faut constater que la croissance ne nous éloigne ni ne nous rapproche de l'abondance. Elle en est logiquement séparée par toute la structure sociale qui est ici l'instance déterminante. Un certain type de rapports sociaux et de contradictions sociales, un certain type d'« inégalités » qui se perpétuait jadis dans l'immobilisme se reproduit aujourd'hui dans et à travers la croissance.


Bref, sans le vouloir, Galbraith montre bien que, s'il y a de l'égalité (si pauvreté et richesse ne sont plus un problème), c'est précisément qu'elle n'a plus d'importance réelle. Ce n'est plus là que ça se passe : les critères de la valeur sont ailleurs. La discrimination sociale, le pouvoir, etc., qui restent l'essentiel, se sont transférés ailleurs que dans le revenu ou la richesse pure et simple. Il importe peu, dans ces conditions, que tous les revenus, à la limite, soient égaux, et même le système peut se payer le luxe de faire un large pas dans ce sens, car ce n'est plus là la détermination fondamentale de l'« inégalité ».


Différenciation et société de croissance[modifier]

Le consommateur vit comme liberté, comme aspiration, comme choix ses conduites distinctives, il ne les vit pas comme contrainte de différenciation et d'obéissance à un code


Partie III : Mass media, sexe et loisirs[modifier]

La poupée sexuée[modifier]

Nous sommes à une époque où les hommes n'arriveront jamais à perdre assez de temps pour conjurer cette fatalité de passer leur vie à en gagner.


Cool Memories I et II[modifier]

La démocratie, c'est la ménopause des sociétés occidentales, la Grande Ménopause du corps social. Et le fascisme est leur démon de midi.

  • Cool Memories I et II (1987 et 1990), Jean Baudrillard, éd. Galilée, coll. biblio essais (livre de poche), 2004, p. 18


Nous devenons comme les chats, d'un parasitisme narquois, d'une domesticité indifférente. Bien au chaud dans le social, nos passions historiques se sont repliées dans la lueur d'une intimité artificielle et nos yeux mi-clos ne guettent plus que le défilé pacifique des images télévisuelles.

  • Cool Memories I et II (1987 et 1990), Jean Baudrillard, éd. Galilée, coll. biblio essais (livre de poche), 2004, p. 26-27


Communiquer ? Communiquer ? Il n'y a que les vases qui communiquent.

  • Cool Memories I et II (1987 et 1990), Jean Baudrillard, éd. Galilée, coll. biblio essais (livre de poche), 2004, p. 276

L'esprit du terrorisme (2002)[modifier]

Le terrorisme est immoral. L'événement du World Trade Center, ce défi symbolique, est immoral, et il répond à une mondialisation qui est elle-même immorale. […] Nous croyons naïvement que le progrès du Bien, sa montée en puissance dans tous les domaines (sciences, techniques, démocratie, droits de l'homme), correspond à une défaite du Mal. Personne ne semble avoir compris que le Bien et le Mal montent en puissance en même temps, et selon le même mouvement. Le triomphe de l'un n'entraîne pas l'effacement de l'autre, bien au contraire.

  • L'esprit du terrorisme, Jean Baudrillard, éd. Galilée, 2002 (ISBN 2-7186-0585-5), p. 20


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