Jean-Pierre Claris de Florian

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Jean-Pierre Claris de Florian

Jean-Pierre Claris de Florian, né près de Sauve à Logrian, le 6 mars 1755 et mort à Sceaux le 13 septembre 1794, est un auteur dramatique, romancier, poète et fabuliste français devenu académicien par la suite.

Les Fables[modifier]

C'est surtout au travers de ses fables que Florian est connu (et reconnu)

comme le grillon ou la jeune poule et le vieux renard


Une chose que notre esprit,
Après un long travail, n'entend ni ne saisit,
Ne nous est jamais nécessaire

  • « Le chat et le miroir », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 28


Pourquoi donc, dit alors don altesse en colère,
Le plus aimable des oiseaux
Se tint-il dans les bois, farouche et solitaire,
Tandis que mon palais est rempli de moineaux ?
C'est, lui dit le Mentor, afin de vous instruire
    De ce qu'un jour vous devez éprouver :
    Les sots savent tous se produire ;
Le mérite se cache, il faut l'aller trouver

  • « Le Rossignol et le Prince », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 40-41


Un homme riche, sot et vain,
Qualités qui parfois marchent de compagnie,
Croyait pour tous les arts avoir un goût divin,
Et pensait que son or lui donnait du génie.

  • « Le sanglier et les rossignols », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 75


Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire
Doit d'abord cacher son esprit.

  • « Le renard déguisé », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 84


Ainsi le suffrage d'un sot
Fait plus de mal que sa critique

  • « La fauvette et le rossignol », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 108


Un jour, deux chauves dans un coin
Virent briller certain morceau d'ivoire.
Chacun d'eux veut l'avoir ; dispute et coups de poing.
Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez le croire,
Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.
Un peigne était le beau trésor
Qu'il eut pour prix de sa victoire.

  • « Les deux chauves », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 116


Partir avant le jour, à tâtons, sans voir goutte,
Sans songer seulement à demander sa route,
Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi,
Faire un tiers du chemin jusqu'à près de midi ;
Voir sur sa tête alors amasser les nuages,
Dans un sable mouvant précipiter ses pas,
Courir, en essuyant orages sur orages,
Vers un but incertain où l'on n'arrive pas ;
Détrompé vers le soir, chercher une retraite;
Arriver haletant, se coucher, s'endormir ;
On appelle cela naître, vivre et mourir.
La volonté de Dieu soit Faite !

  • « Le Voyage », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 121


Les sots sont un peuple nombreux,
Trouvant toutes choses faciles :
Il faut le leur passer, souvent ils sont heureux ;
Grand motif de se croire habiles

  • « L'âne et la flûte », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 129


(…) Mon enfant, dans ce monde,
      Lorsqu'on n'est pas aigle ou requin,
Il faut doucement suivre un petit chemin,
En nageant près de l'air et volant près de l'onde.

  • « Le poisson volant », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 148


Mes idées sur nos auteurs comiques[modifier]

Où l'auteur indique quelques mots sur chaque pièce (ici de Molière) ainsi que les scènes "à étudier spécialement".

L'Étourdi[modifier]

Modèle de ruses, de contre-ruses, d'intrigue, de comique.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 371


L'École des Maris[modifier]

Chef-d'œuvre de conduite comique, de morale et de diction; tout est à étudier.(...)
Il faut lire cent fois cette pièce, et l'admirer chaque fois davantage.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 372


L'École des Femmes[modifier]

Chef-d'œuvre de comique. Les trois premiers actes me semblent infiniment supérieurs aux autres. La première scène du premier acte, modèle d'exposition morale; la sixième entre Horace et Arnolphe, modèle de récit et de comique. (...)
Toute la pièce, hors le dénoûment et quelques expressions basses, est sublime.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 372-373


La Critique de l'école des Femmes[modifier]

Petite pièce qui n'est intéressante que pour les adorateurs de Molière.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373


L'Impromptu de Versailles[modifier]

Ce n'est point une comédie, mais une satire peu piquante, à présent que personne ne sait les noms des détracteurs de Molière.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373


Le Festin de Pierre[modifier]

Cette pièce, dont le titre n'a pas de sens, étincelle de bon comique. (...) L'exposition en est charmante. La deuxième scène, où don Juan développe son caractère,est un modèle (...). La scène deuxième du cinquième acte, où don Juan parle de l'hypocrisie, et la troisième, où il refuse à don Carlos d'épouser sa sœur, par scrupule (...), achèvent de rendre don Juan odieux, et rendent le dénoûment moins inconcevable, en le faisant souhaiter davantage.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373-374


Psyché[modifier]

Cette pièce est du grand Corneille, de Molière, de Quineau et de Lulli. Jamais si faible enfant n'a eu de pères si forts.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 378


La Comtesse d'Escarbagnas[modifier]

Jolie farce. Les ridicules de la province y sont bien peints.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 375


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