Jean-Joseph Taillasson

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Jean-Joseph Taillasson, né à Bordeaux le 6 juillet 1745 et mort à Paris le 11 novembre 1809, est un peintre, dessinateur et critique français.

Observations sur quelques grands peintres, 1807[modifier]

[L]es hommes aiment le merveilleux, de quelque couleur qu’il soit ; ils courent ça et là, ils s’agitent, se tourmentent pour fuir l’ennui : ils se précipitent et vont étouffer pour voir une tragédie qui les déchire, quoique bien souvent ils n’y gagnent que de funestes idées. On risque moins avec la peinture ; le remède est presque toujours plus près du mal. Une galerie de tableaux rassemble les images de toute sorte d’objets ; les uns effacent les impressions que les autres ont faites ; les sanglans et féroces guerriers de Salvator Rosa peuvent s’enfuir devant un groupe des Amours de l’Albane.
  • Observations sur quelques grands peintres, Jean-Joseph Taillasson, éd. Duminil-Lesueur, 1807, p. 24-25


Que d’auteurs ont parlé de l’Albane, sans connoître ses ouvrages ! Une des causes encore de son extrême célébrité, est la douceur de son nom facile à placer dans un vers. Si l’auteur de tant de tableaux séduisans se fût appelé Zuccaro ou Pinturrichio, avec la meilleure volonté du monde, la poésie n’auroit guère pu en parler ; mais la fraîcheur de l’Albane, les pinceaux de l’Albane, sont des hémistiches harmonieux, dont les poëtes se servent avec plaisir ; et ils ont fait son éloge, moins, peut-être, parce qu’il étoit mérité, que parce qu’il étoit aisé à faire.
  • Observations sur quelques grands peintres, Jean-Joseph Taillasson, éd. Duminil-Lesueur, 1807, p. 80-81


Parmi les peintres de fleurs…, c’est une femme, Rachel Ruisch, qui occupe la première place après Van Huysum. On est justement surpris que les femmes ne s’adonnent pas de préférence à un genre dont l’étude n’est point au-dessus des forces de leur sexe : l’anatomie d’une plante n’est point affreuse et repoussante comme doit l’être celle de l’homme pour leur délicatesse ; comme dans l’étude du paysage, elles ne sont point obligées à faire de longs voyages, elles n’ont point à redouter l’intempérie des saisons, ni les dangers des bois solitaires : enfermées avec leurs modèles, elles n’inquiètent point leurs mères, n’alarment pas la tendresse jalouse de leurs époux, n’ont point à craindre les piéges que leur tend la nature, et elles ne donnent pas à l’envie et à la médisance des armes pour les attaquer ; d’ailleurs, puisqu’on se peint dans ses ouvrages, qui peut mieux que les femmes rendre les grâces, l’éclat et le charme des fleurs !
  • Observations sur quelques grands peintres, Jean-Joseph Taillasson, éd. Duminil-Lesueur, 1807, p. 198-199


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