Jacques Maritain

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Jacques Maritain (18 novembre 1882- 28 avril 1973) est un philosophe et essayiste français converti au catholicisme. Auteur de plus de 60 ouvrages, il est généralement considéré comme un des piliers du renouveau du thomisme au XXe siècle.

Réponse à Jean Cocteau[modifier]

J'ai dû commencer par la controverse, elle m'ennuie de plus en plus. Je sais les erreurs qui ravagent le monde moderne, et qu'il n'a de grand que sa douleur, mais je respecte cette douleur ; je vois partout des vérités captives, quel ordre de la Merci se lèvera pour les racheter ? Notre affaire est de chercher le positif en toutes choses, d'user du vrai moins pour frapper que pour guérir. Il y a si peu d'amour dans le monde, les cœurs sont si froids, si gelés, même chez ceux qui ont raison, les seuls qui pourraient aider les autres. Il faut avoir l'esprit dur et le cœur doux. Sans compter les esprits mous au cœur sec, le monde n'est presque fait que d'esprits durs au cœur sec et de cœurs doux à l'esprit mou.
  • Réponse à Jean Cocteau in : Œuvres complètes de Jacques et Raïssa Maritain, Jacques Maritain, éd. les Éditions St-Paul, Paris, 1985, t. III, p. 724


L'Homme et l'État, 1953[modifier]

Les deux concepts de Souveraineté et d'Absolutisme ont été forgés sur la même enclume. Ils doivent être ensemble mis au rebut.
  • L'Homme et l'État, Jacques Maritain, éd. Presses Universitaires de France, 1953, p. 47


La Souveraineté signifie deux choses:
1- Un droit à la suprême indépendance et au suprême pouvoir qui est un droit naturel et inaliénable;
2- Un droit à une indépendance et à un pouvoir qui dans leur sphère propre sont suprêmes absolument ou d'une façon transcendante, non pas relativement ou comme appartenant à la partie la plus haute dans le tout.

  • L'Homme et l'État, Jacques Maritain, éd. Presses Universitaires de France, 1953, p. 34


Citoyens des cieux [modifier]

Comme le Verbe incarné avait sur la terre une vie divine et humaine à la fois, de même les bienheureux au ciel sont entrés dans la vie divine elle-même et dans la joie divine elle-même par la vision, mais ils y mènent aussi, en dehors de la vision quoique pénétrée par son rayonnement, une vie glorieuse et transfigurée. Dieu, ils l'aiment, du moment qu'ils le voient, par nécessité de nature, sans que leur libre arbrite ait à s'exercer en cela. Mais vis-à-vis de tout le reste, de tout l'univers des créatures, ils continuent d'exercer leur libre arbitre. D'autre part, il y a entre eux, et avec les anges au milieu desquels ils sont comme des égaux, il y a communication intellectuelle dépendant du libre arbitre de chacun. Chaque bienheureux est maître des pensées de son cœur et les ouvre librement à qui il veut. Et tous, ils sont concitoyens de la Jérusalem céleste, sur laquelle règne l'Agneau. Donc, il y a une vie humaine de gloire et des interactions humaines de gloire pour les âmes séparées, comme il y en aura après la Résurrection pour les personnes humaines ressuscitées, qui ne se contenteront pas de se promener avec des palmes dans les avenues du Paradis. Ils seront les maîtres d'une nature désormais sans gémissements, pour l'entraîner dans la grande vie humaine de la cité des saints et dans l'adoration de Dieu.
  • L'Église du Ciel, Jacques Maritain, éd. Ad Solem, 2008, p. 15-16


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