Jacques Baron

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Jacques Baron, né à Paris en 1905 et mort en 1986, était un poète surréaliste, qui « salué par ses pairs comme le Rimbaud du surréalisme, [fut] l'un des rares à ne pas finir ni dans l'épicerie ni dans le gâtisme. »

La Journée des mille dimanches, 1922[modifier]

À André Breton

L'homme qui était sur sa chaise, il s'appelait Deplusenplus, cracha trois fois par terre et dit :
« Vous, sensationnel philosophe, gâché par le tabac à priser, devez savoir pourquoi les gens qui marchent sur la tête n'ont pas de cheveux, pourquoi aussi n'ont-ils pas de jambes sur la tête, ce qui serait logique, pourquoi n'ont-ils pas de chaussures à ces jambes et de pantalon sur ces jambes ? »
Le philosophe ne répondit pas mais fit un grand geste. Il avait perdu la mémoire et se découvrait épicier.
Deplusenplus ne tira pas son révolver, mais il sortit. Sur le palier de la porte, il n'attendit pas une femme, contrairement à l'habitude, n'alluma pas une cigarette et ne se rendit pas au café.

  • « La Journée des mille dimanches », Jacques Baron, Littérature Nouvelle Série, nº 4, Septembre 1922, p. 14


Quelques années plus tard un marchand de plumes à l'autogène brasée, rencontra [Deplusenplus] dans une cave avec une femme nue. D'autres rapportent qu'il s'asseyait souvent dans des fauteuils, jamais sur les banquettes. Enfin une particularité, que tout le monde signale, est à noter, jamais il ne réussit à laisser pousser sa barbe et c'était là une sorte de désespoir cosmique.
  • « La Journée des mille dimanches », Jacques Baron, Littérature Nouvelle Série, nº 4, Septembre 1922, p. 14


Ici commence la partie philosophique de ce gros œuvre qui occupa toute ma vie. Elle comprend quatre volumes in-octavo reliés en peau de truie. Elle sert de papier dans les W.-C. des cafés à la mode. Je suis connu dans toutes les bonnes sociétés. On prétend même qu'on chante des hymnes en mon honneur dans les couvents de nonnes que j'eus plaisir il y a quelques temps à dépuceler les unes après les autres.
  • « La Journée des mille dimanches », Jacques Baron, Littérature Nouvelle Série, nº 4, Septembre 1922, p. 15


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