Inspiration

L'Inspiration de saint Matthieu — Le Caravage (1602)
L' inspiration désigne l'enthousiasme créateur de l'artiste.
Enseignement[modifier]
Cours de littérature européenne[modifier]
Vladimir Nabokov, Littératures, 1941-1958[modifier]
Le passage du stade de dissociation au stade d'association est marqué par une sorte de frisson spirituel qu'on baptise du terme très vague d' inspiration.
- Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Hélène Pasquier), éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010, partie Littératures I, L'Art de la littérature et le bon sens, p. 492
Littérature[modifier]
Critique[modifier]
Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010[modifier]
Ce « ronronnement suprême de plaisir produit par l'impact d'une pensée voluptueuse qui est une autre façon de définir l'art authentique », Nabokov le nomme aussi « frisson ». A cet égard, ne jamais oublier que le mot se dit en italien capriccio, d'où « caprice », fantaisie, liberté. L'inspiration de l'écrivain ? Une « sorte de frisson spirituel », un « frisson de sauvage magie ». La lecture ? « S'il entend réellement baigner dans la magie d'un livre de génie, le lecteur avisé le lira non pas avec son cœur, non pas avec son esprit, mais avec sa moelle épinière : c'est là que se produit le frisson révélateur... »
- Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. XXX
Roman[modifier]
Charles Robert Maturin, Melmoth — L'homme errant, 1820[modifier]
J'étais amateur de musique ; je chantais souvent involontairement pendant l'office ; ma voix était belle, et ma profonde mélancolie lui donnait une expression peu ordinaire : ils en profitèrent pour m'assurer que mes chants étaient comme inspirés.
- Melmoth — L'homme errant (1820), Charles Robert Maturin (trad. Jacqueline Marc-Chadourne), éd. Phébus, coll. « Libretto », 1996 (ISBN 978-2-85-940553-3), Récit de l'Espagnol, p. 129
Anne F. Garréta, La Décomposition, 1999[modifier]
L'art réside dans l'invention concertée et systématique de règles nouvelles, et non dans notre soumission à un code ordinaire des passions ou de l'imitation qui a un nom vulgaire « inspiration » et n'excède jamais le degré de subtilité d'une simple signalétique.
- La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 23
Musique[modifier]
Propos de compositeurs[modifier]
Propos rapportés de Gilbert Amy, 1976[modifier]
C'est que l'on avait, trop facilement et trop rapidement, confondu rigueur et ascèse, abstraction et sécheresse, logique déductrice et absence d'imagination. De cette confusion mentale, l'inévitable contrepoint - et contrepoids ! -, lamentable de fadeur, où laxisme d'écriture devient inspiration, « spontanéisme », est synonyme de sensibilité, où véhémence égale puissance, cosmopolitisme des gestes sonores égale invention.
- « Sur certains aspects du langage musical d'aujourd'hui », Gilbert Amy (1976), dans Amy...d'un espace déployé, Pierre Michel, éd. Millénaires III, 2002, p. 107