Howard Zinn

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Howard Zinn au Marlboro College le 17 février 2004.

Howard Zinn (né le 24 avril 1922 à Brooklyn, New York) est un historien et un politologue américain.

Une histoire populaire des États-Unis[modifier]

Ainsi, puisque le choix de certains événements et l'importance qui leur est accordée signalent inévitablement le parti pris de l'historien, je préfère tenter de dire l'histoire de la découverte de l'Amérique du point de vue des Arawaks, l'histoire de la Constitution du point de vue des esclaves, celle d'Andrew Jackson vue par les Cherokees, la guerre de Sécession par les Irlandais de New-York, celle contre le Mexique par les déserteurs de l'armée de Scott, l'essor industriel à travers le regard d'une jeune femme des ateliers textiles de Lowell, la guerre hispano-américaine à travers celui des Cubains, la conquête des Philippines telle qu'en témoignent les soldats noirs de Luson, l'Âge d'or par les fermiers du Sud, la Première Guerre mondiale par les socialistes et la suivante par les pacifistes, le New Deal par les Noirs de Harlem, l'impérialisme américain de l'après-guerre par les péons d'Amérique latine, etc.

  • Une histoire populaire des États-Unis (1999), Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, 2002 (ISBN 2-910846-79-2), chap. I. Christophe Colomb, les Indiens et le progrès de l'humanité, p. 15


Tous ces livres d'histoire américaine qui se focalisent sur les Pères Fondateurs et sur les présidents successifs pèsent lourdement sur la capacité d'action du citoyen ordinaire. Ils suggèrent qu'en temps de crise il nous faut chercher un sauveur : les Pères Fondateurs pour la Révolution, Lincoln pour la sortie de l'esclavage, Roosevelt pour la Grande Dépression, Carter pour la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate. En revanche, entre les crises, tout va pour le mieux et il faut nous contenter du retour à la normale. Les livres d'histoire classiques nous apprennent encore que l'acte suprême du citoyen est de désigner son sauveur en allant voter tous les quatre ans pour choisir entre deux Blancs relativement riches, anglo-saxons de surcroît et mâles par-dessus tout, à la personnalité terne et aux opinions parfaitement orthodoxes.

  • Une histoire populaire des États-Unis (1999), Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, 2002 (ISBN 2-910846-79-2), chap. XXIV. L'imminente révolte de la Garde, p. 747


Un pour cent de la population américaine détient un tiers de la richesse nationale. Le reste est réparti de telle manière que les 99% de la population restante sont montés les uns contre les autres : les petits propriétaires contre les plus démunis, les Noirs contre les Blancs, les "natifs" américains contre les citoyens d'origine étrangère, les intellectuels et les professions libérales contre les travailleurs non qualifiés et non diplômés. Ces groupes se sont opposés et ont lutté les uns contre les autres avec une telle violence qu'ils en ont oublié qu'ils étaient tous réduits à se partager les maigres restes de la richesse nationale.

  • Une histoire populaire des États-Unis (1999), Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, 2002 (ISBN 2-910846-79-2), chap. XXIV. L'imminente révolte de la Garde, p. 748


Nous, le Peuple des États-Unis[modifier]

Parce que l'armée reste dans les casernes et que la domination n'est pas totale, nous pouvons prétendre vivre en "démocratie". Certes, son ouverture et sa souplesse rendent une telle société plus séduisante que bien d'autres, mais elles induisent également un type de contrôle bien plus efficace. On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société "pluraliste", avec deux partis politiques au lieu d'un seul, trois instances de gouvernement au lieu d'une autocratie, et une diversité d'opinions exprimées dans la presse plutôt qu'une ligne officielle.

  • Nous, le Peuple des États-Unis, Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, coll. Contre-feux, 2004 (ISBN 2-7489-0029-4), chap. Introduction - L'idéologie américaine, p. 8


Certes, nous avons une "presse libre", mais elle est dominée par l'argent. Nous avons le choix entre Time, Newsweek et U.S. News and World Report. A la télévision, on peut choisir entre NBC, CBS et ABC. S'il existe bien une presse dissidente, elle n'a pas les ressources financières des grandes chaînes et ne peut prétendre bénéficier des budgets publicitaires des grandes entreprises. Elle doit donc se résoudre à n'atteindre qu'un public relativement restreint. Notre télévision publique peut, à l'occasion, faire preuve d'une certaine audace, mais elle est pauvre et le plus souvent fort prudente.

  • Nous, le Peuple des États-Unis, Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, coll. Contre-feux, 2004 (ISBN 2-7489-0029-4), chap. Introduction - L'idéologie américaine, p. 9


Nous devrions, selon moi, prendre conscience du fait que nous vivons dans un pays qui, bien que dominé par l'argent et le pouvoir, offre néanmoins des ouvertures et des opportunités qui n'existent pas dans bien d'autres régions du monde. Ceux qui nous dirigent font le pari que ces opportunités nous apaiseront et que nous n'en profiterons jamais vraiment pour procéder aux changements radicaux absolument nécessaires à l'instauration d'une société juste. Nous devrions relever ce pari.

  • Nous, le Peuple des États-Unis, Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), éd. Agone, coll. Contre-feux, 2004 (ISBN 2-7489-0029-4), chap. Introduction - L'idéologie américaine, p. 16


Sur les dommages civils de la guerre[modifier]

Il n'y a aucun drapeau assez grand pour couvrir la honte de tuer des innocents dans un but inaccessible.

  • (en) There is no flag large enough to cover the shame of killing innocent people for a purpose which is unattainable.
  • Phrase écrite dans un article, publié en 1993, intitulé « Terrorism Over Tripoli », consécutif à un bombardement américain sur la capitale de la Libye.
    Cet article a été repris en 1997 dans un recueil titré The Zinn Reader : Writings on Disobedience and Democracy.
    La citation de Howard Zinn a elle-même été reprise en 2013 par le lanceur d'alerte Bradley Manning, dans une lettre adressée au président américain Barack Obama, et dont son avocat David Coombs a donné lecture, le 21 août 2013, aussitôt après la condamnation à 35 années de prison. La phrase de Howard Zinn est traduite de manière très réarrangée, le 21 ou 22 août 2013, par le site Les Inrocks, dans les termes suivants : « Aucun drapeau n'est assez large pour couvrir la honte d'avoir tué des innocents. »
  • (en)« Terrorism Over Tripoli », Howard Zinn, Third World Traveler, N. c. (lire en ligne)
  • (en) « Terrorism Over Tripoli » (1993), dans The Zinn Reader : Writings on Disobedience and Democracy, Howard Zinn, éd. Seven Stories Press, 1997 (ISBN 1-888363-54-1), p. n. c.
  • (en)« Text of Bradley Manning’s Letter to President Obama », Bradley Manning, GlobalResearch, 21 août 2013 (lire en ligne)
  • (fr)« Lettre de Bradley Manning à Obama : “Je suis prêt à payer le prix pour vivre dans une société libre” », Bradley Manning (trad. Les Inrocks), Les Inrocks, 21 ou 22 août 2013 (lire en ligne)

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