Guy Goffette

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Guy Goffette est un écrivain (poète, romancier, nouvelliste, essayiste) belge francophone, né le 18 avril 1947 à Jamoigne (Gaume).

Éloge pour une cuisine de province (1988)[modifier]

Ainsi nos pas se sont portés longtemps à l'avant des navires
plus pour le combat des vagues la déchirure des eaux
que pour l'aventureuse saison des îles[...]

  • Éloge pour une cuisine de province, Guy Goffette, éd. Gallimard, 2000, p. 65


Les vagabonds :
Ce corps large ouvert avant l'aube et que la nuit
ne ferme jamais en entier ô cuisine d'enfance
si tu le livres c'est pas à pas
à ceux qui, dans l'ombre comme nous, consentent à mourir loin de tes feux, sur les routes
en mer ou plus haut que les nuages, ayant franchi
la barrière et brisé les dernières images qui les retenaient par les chevaux. [...]

  • Éloge pour une cuisine de province, Guy Goffette, éd. Gallimard, 2000, p. 102


Sur l'étagère
Combien sont-ils à attendre
- momies serrées dans leurs plaquettes
qu'une main d'eau lente ou fiévreuse
les sorte dans le grand vent et qu'ils affrontent
entre ciel et terre les dieux qu'ils crurent briser
et qui sont vifs dans l'air bleu du matin[...]

  • Éloge pour une cuisine de province, Guy Goffette, éd. Gallimard, 2000, p. 137


L'art de
L'art de naître un matin dans une cuisine de province entouré de choucas
(Ô la grise douleur des femmes qu'accuse la distance)

L'art de parler tout seul dans une cusine de province sans attendre réponse
(Le cheval hennit au bout du pré, la mort est-elle moins dense ?)

L'art d'attendre la nuit dans une cuisine de province défaisant maille à maille
la robe de lumière qui habilla ma mère et la mère de ma mère (les ueyx de chat assurent qu'elle m'ensevelira)

L'art de faire l'amour dans une cuisine de province avec des mots roulés
dans l'encre et la farine - et la femme jamais lasse comme un cœur qui ne va pas à la ligne
[...]

  • Éloge pour une cuisine de province, Guy Goffette, éd. Gallimard, 2000, p. 169


La vie promise (1991)[modifier]

Je me disais aussi : vivre est autre chose
que cet oubli du temps qui passe et des ravages
de l'amour et de l'usure - ce que nous faisons
du matin à la nuit : fendre la mer, [...]

  • La vie promise, Guy Goffette, éd. Gallimard, 2000, p. 181


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