Gilles Carle

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Logo du film Les Plouffe réalisé par Gilles Carle en 1981

Gilles Carle (31 juillet 192828 novembre 2009) est un réalisateur et scénariste québécois originaire de Maniwaki. Après avoir étudié les arts graphiques et les lettres, une carrière de documentariste s'offre à lui au début des années 1960. Son penchant pour la fiction aura cependant tôt fait de le rattraper et, en 1966, il quitte l'ONF pour réaliser ses premiers films. Le viol d'une jeune fille douce (1968), Les mâles (1971), La vraie nature de Bernadette (1972) lui valent une renommée immédiate tant au Canada qu'à l'international. Puis en 1973 s'amorce une série de six films mettant en vedette Carole Laure, dont trois seront présentés à Cannes (La mort d'un bûcheron (1973), La tête de Normande St-Onge (1976), Fantastica (1980)) et confirmeront l'étendue d'un talent qui allie érotisme, critique sociale et amour des petites gens.


La vraie nature de Bernadette (1972)[modifier]

Thomas : Quant à toé, Antoine, raconte-nous donc comment t'as perdu ta terre. Pis t'as combien de dettes, hein ?
Antoine : Écoute un peu Thomas : mes dettes, j'vais les payer jusqu'à 'dernière cenne. Parce que moé, j'ai mon honneur Thomas. J'ai-mon-hon-neur.
Thomas : Ton honneur ! Ton honneur a' profite à qui ? Aux compagnies de crédit ? Aux chaînes de magasins d'alimentation ?


Bernadette : Je vais l'élever comme un enfant naturel. J'veux même pas qu'y'aprenne à lire pis à compter. Le secret c'est quoi ? C'est de vivre près de la nature ! Je vais lui montrer à aimer les fleurs, les animaux […] Je vais lui montrer à profiter du temps qui passe, à faire l'amour. Ça se fait en Polynésie. Les mères apprennent même à leur fils à se masturber. C'est beau, hein ?
Thomas : C'est très beau, oui. Malheureusement, c'est pas donné à tout le monde d'avoir une mère Polynésienne ; faut parfois se débrouiller tout seul.

  • Bernadette, qui vient de quitter la ville pour s'établir en campagne, spécifie à Thomas qu'elle entend désormais élever son enfant selon les lois de la nature.


La mort d'un bûcheron (1973)[modifier]

Charlotte Juillet (à Marie Chapdeleine à propos de sa relation avec François Paradis) : Tu le quittes au moment où il commence à t'aimer. T'as bien fait : c'est juste un petit arriviste.
Armand Saint-Amour : Arriviste ? Qu'est-ce qu'y'a de mal là-dedans « arriviste » ? Un gars qui arrive, c't'un arriviste ! Moé, j'suis arrivé, pis j'suis un arriviste ! Pis y'é t'arrivé de quoi : regarde le char que j'ai !

  • Une discussion s'engage alors que quatre protagonistes se trouvent à bord d'une même voiture, d'où les chassés-croisés entre les différents personnages.


Charlotte Juillet : Au lieu de jouer de la guitare pis de faire le showman, vous auriez pu vous organiser vous autres, les bûcherons, pis reprendre ce qui nous appartient. La forêt, c'est à nous autres. Pourquoi laisser exploiter ça par des capitalistes, pis des étrangers à part ça ?
Armand Saint-Amour : Regarde donc ça, toé, si est fine elle ! J'avais pas pensé à ça, moé. C'est vrai ça : on aurait du renvoyer les Américains chez eux, pis leur faire la guerre à part ça !
Charlotte Juillet : Comme si y avait pas d'autres moyens...
Armand Saint-Amour : Ben prends-en des moyens si t'en trouves toé !


Les corps célestes (1973)[modifier]

Sweetie (à Rose-Marie durant qu'elles assistent toutes deux à une pièce de théâtre) : Tu vois, chère, au théâtre, c'est comme dans la vie : on commence par faire semblant d'aimer, pis après ça l'amour vient pour vrai.


Desmond (à Sweetie à propos d'un homme qui drague au bar où ils se trouvent tous les deux) : Il va choisir la plus grosse : moins on est riche, plus on aime les femmes grasses. C'est une loi de la nature.
  • Donald Pilon, Les corps célestes (1973), écrit par Gilles Carle


le curé (à propos d'un mineur qui est mort pendant son quart de travail) : Dieu donne la vie et la retire à son gré. Il faut se plier à sa volonté. Personne n'a le droit de juger. Au lieu de s'abîmer dans le plaisir, cet homme, ce père de famille, a choisi la vraie liberté : le travail.