Le naturaliste : Mesdames, mesdemoiselles, monsieur julot.
Vous savez déjà que l'objet de ma conférence est l'étude approfondie d'une nouvelle espèce zoologique, celle des Verfügbar…
Le terme Verfügbar appartient au dialecte germani-con et signifie « disponible »…
Je vais maintenant vous présenter un spécimen de l'Espèce pour que nous puissions en dégager les caractères essentiels. Nénette : Moi ? [C'est une dame de 50 ans.] Le naturaliste : À la rigueur… – Je vous présente Nénette, jeune Verfügbar, âgée de 15 jours… Maintenant va à ta place et n'interromps plus. Nénette : Non, mais en voilà des manières… Qui vous a permis de me tutoyer ? Le naturaliste : Tu n'as pas l'habitude qu' on te parle sur ce ton ? Nénette : Si… depuis 15 jours…
Le Verfügbar aux Enfers. Une opérette à Ravensbrück, Germaine Tillion, éd. La Martinière, 2005 (ISBN2-7324-3281-4), acte I : Printemps, p. 22
Le naturaliste : Le Verfügbar était inconnu des anciens. Pline l'a ignoré, Buffon également, Fabre lui-même n'en parle pas, et tout nous porte à croire qu'il n'est apparu à la surface du globe qu'au cours de la 4e décade du 20e siècle… […] Nous sommes parvenus, d'ailleurs, à déterminer avec certitude son origine… Il est le produit de la conjugaison d'un gestapiste mâle avec une résistance femelle…
Le Verfügbar aux Enfers. Une opérette à Ravensbrück, Germaine Tillion, éd. La Martinière, 2005 (ISBN2-7324-3281-4), acte I : Printemps, p. 30-32
Notre sex-appeal
Était réputé…
Aujourd'hui sa pile
Est bien déchargée
Mon ampoule est morte
Je n'ai plus de feu
Ouvrez-nous la porte
Pour l'amour de Dieu.
De même qu'il n'existe pas de milieu où l'on puisse trouver une opinion exclusivement limitée aux femmes ou exclusivement limitée aux hommes, il n'existe nulle part non plus un malheur étanche uniquement féminin, ni un avilissement qui blesse les filles sans éclabousser les pères, ou les mères sans atteindre les fils.
Le Harem et les cousins, Germaine Tillion, éd. Seuil, 1966, chap. Les nobles riverains de la Méditerranée, p. 14 (lire en ligne)
Si j’ai survécu je le dois d’abord et à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes, et enfin à une coalition de l’amitié – car j’avais perdu le désir viscéral de vivre.
Ravensbrück, Germaine Tillion, éd. Seuil, 1973, chap. Introduction, p. 26 (lire en ligne)
Démonter mentalement, comprendre une mécanique, même qui vous écrase, envisager lucidement, et dans tous ses détails, une situation, même désespérée, c'est une puissante source de sang-froid, de sérénité et de force d'âme.
Ravensbrück, Germaine Tillion, éd. Seuil, 1973, partie I. Le camp de Ravensbrück, chap. Extermination et rentabilité, p. 76 (lire en ligne)
C'est tellement important de comprendre ce qui vous écrase. C'est peut-être cela qu'on peut appeler « exister ».
« Conversation avec Germaine Tillion : on ne peut transiger avec la vérité », Panorama aujourd’hui, mai 1978, propos recueillis par Claude Goure.
« Un ordre caché », dans À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie I. Vues d’ensemble, p. 37
L'Algérie et Ravensbrück sont comme les deux pans de votre vie publique. Comment ces deux expériences cohabitent-elles en vous ?
Elles sont consubstantielles. Toute ma vie, j'ai voulu comprendre la nature humaine, le monde dans lequel je vivais.
« Camus était des deux côtés, comme moi », Libération, 3 fevrier 2000, propos recueillis par Antoine de Gaudemar.
« Vivre ensemble », dans À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie I. Vues d’ensemble, p. 59
Si l'ethnologie, qui est affaire de patience, d'écoute, de courtoisie et de temps, peut encore servir à quelque chose, c'est à apprendre à vivre ensemble.
« Camus était des deux côtés, comme moi », Libération, 3 fevrier 2000, propos recueillis par Antoine de Gaudemar.
« Vivre ensemble », dans À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie I. Vues d’ensemble, p. 59
Une société qui écrase les femmes, empêche leur information, leur formation, leur contact avec le monde extérieur, se condamne elle-même à la mort. […] Au fond, la libération de la femme, c'est beaucoup plus l'affaire d'un peuple, d'un gouvernement, d'un État que l'affaire des femmes. C'est bien d'ailleurs pourquoi c'est un si difficile combat.
« Toute une vie pour l’Algérie », Télérama, no2617, 8 mars 2000, propos recueillis par Catherine Portevin[n 2].
« Penser la terre », dans À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie I. Vues d’ensemble, p. 63
Sur les faits, nous pourrons nous tromper, mais ce sera malgré nous, et nous prenons l'engagement les uns vis-à-vis des autres de nous démentir nous-mêmes dès que nous connaîtrons notre erreur. Sur le plan des idées, nous ne connaissons d'emblée qu'une cause qui nous est chère, celle de notre patrie, c'est par amour pour elle que nous nous sommes groupés, c'est pour essayer de maintenir sa foi et son espérance. Mais nous ne voulons pas, nous ne voulons absolument pas lui sacrifier la vérité, car notre patrie ne nous est chère qu'à la condition de ne pas devoir lui sacrifier la vérité. Notre cœur est engagé à fond dans la cause de la patrie, mais notre esprit doit rester vigilant et clair, prêt à juger contre nous-mêmes si c'est nécessaire.
« La cause de la vérité », texte manuscrit, sans titre, rédigé probablement en 1941.
À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie II. Résistance, p. 74
Des « sorties honorables » existent, qui arrêteraient cette guerre, mais elles ont toutes un préalable qui dépend des seuls combattants : accepter le réel, c'est-à-dire un État palestinien qui sera, quoi qu'il arrive, pour Israël un voisin immédiat et – pour la « diaspora palestinienne » – une patrie. Dépêchez-vous, Israéliens, de rayer le mot « terroriste » de votre vocabulaire – vous fûtes aussi terroristes que vos adversaires. Traiter aujourd'hui en amis vos ennemis est la dernière bonne carte de votre jeu. Souvenez-vous qu'il y a tout juste vingt ans le modèle des neutres, la championne des discours moraux, la sage France, encore saignante de ses deux guerres mondiales, sacrifiait en Algérie une de ses générations, en massacrant « pour rien » des alliés objectifs et d'authentiques amis. Le monde entier mesurait la folie des combattants, eux seuls ne la voyaient pas.
« La paix maintenant », Le Monde, 21 juillet 1982 [texte intégral]
« La paix maintenant », dans À la recherche du vrai et du juste : à propos rompus avec le siècle, Germaine Tillion [textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, 2001 (ISBN2-02-050958-X), partie VII. Interventions, p. 393
Je devais apprendre plus tard qu'il n'y a qu'une expérience valable pour chacun de nous, celle que nous avons sentie dans nos propres nerfs et dans nos propres os. Depuis l'expérience la plus banale que tout être humain connaît ou croit connaître – la faim – jusqu'à l'expérience la plus haute – celle de ces conflits déchirants dans lesquels une personnalité s'affirme ou se détruit –, rien, absolument rien ne s'invente. Comprendre, imaginer, deviner, c'est associer selon des modalités inépuisablement diverses des sensations acquises par l'expérience, et acquises seulement par l'expérience… Toute la mécanique de notre érudition ressemble aux notes écrites d'une partition musicale, et notre expérience d'être humain, c'est la gamme sonore sans laquelle la partition restera morte. Combien y a-t-il d'historiens, de psychologues, d'ethnologues – les spécialistes de l'homme – qui, lorsqu'ils assemblent leurs fiches, ressemblent à un sourd de naissance copiant les dièses et les bémols d'une sonate ?
« Le double apprentissage », dans Fragments de vie (2009), Germaine Tillion [textes rassemblés et présentés par Tzvetan Todorov], éd. Seuil, coll. « Points », 2015 (ISBN978-2-7578-5303-0), partie Introduction, p. 48-49
Pour moi, la résistance consiste à dire non. Mais dire non, c’est une affirmation. C’est très positif, c’est dire non à l’assassinat, au crime. Il n’y a rien de plus créateur que de dire non à l’assassinat, à la cruauté, à la peine de mort.
(en) Alison Rice, « "Déchiffrer le silence": A Conversation with Germaine Tillion », Research in African Literatures, vol. 35, no1, 2004, p. 174 [texte intégral, lien DOI, lien JSTOR]
Les informations et repères doivent être offerts à la société globale, et la société globale commence par les femmes, car elles en sont la base stable. C'est pourquoi les sociétés qui écrasent les femmes, qui gênent leurs informations, qui bloquent leur avenir se condamnent elles-mêmes à la clochardisation.
La traversée du mal, entretien avec Jean Lacouture, Germaine Tillion, éd. Arléa, 1997 (ISBN2-86959-346-5), p. 124-125 (lire en ligne)
L'humanité se compose de deux minuscules minorités : celle des brutes féroces, des traîtres, des sadiques systématiques d'une part, et de l'autre celle des hommes de grand courage et de grand désintéressement qui mettent leur pouvoir, s'ils en ont, au service du bien. Entre ces deux extrêmes, l'immense majorité d'entre nous est composée de gens ordinaires, inoffensifs en temps de paix et de prospérité, se révélant dangereux à la moindre crise.
Germaine Tillion, 1944, dans Le diable est-il libéral ?, paru Belles lettres, 2001, p. 14-15, Christian Julienne.
L'œuvre de Germaine Tillion se distingue de celle de plusieurs autres auteurs, notamment de deux d'entre eux qui nous ont pourtant particulièrement frappées pour avoir pénétré dans la profondeur du monde des camps, le sociologue allemand Wolfgang Sofsky et l'écrivain italien Primo Levi. Pour Wolfgang Sofsky, le pouvoir absolu fondé sur la terreur ne peut laisser aucune place à un reste d'humanité chez les victimes. Tout est calculé implacablement pour que la destruction de l'être soit totale. […] Quant à Primo Levi, son extrême sensibilité, sa conscience accablée de l'infinie présence du mal à Auschwitz l'ont amené à voir la communauté humaine du camp tout entière envahie par la gangrène de la souffrance et du mal. […] [Il] est de ceux qui ont vu la Gorgone et ne s'en sont finalement pas remis. Il a choisi de se taire à jamais. Germaine Tillion a sans doute vu la Gorgone, elle aussi, mais la passion de comprendre l'a emporté, ainsi que la tendresse sans borne qu'elle a toujours portée à ses semblables. Elle dit volontiers que depuis la préhistoire, l'humanité n'a survécu que de catastrophe en catastrophe et, pourtant, elle est allée de l'avant…
« Une ethnologue en camp de concentration », Esprit, no261, 2000, p. 132-133 [texte intégral, lien JSTOR].
Germaine Tillion […] a su traverser le mal sans se prendre pour une incarnation du bien.
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2000 (ISBN2-221-09079-9), p. dédicace (lire en ligne)
Cette vie en apparence discontinue et dispersée aura été marquée par deux constantes qu'Anise Postel-Vinay, la compagne de déportation de Tillion, appelle la passion de comprendre et la tendresse pour ses semblables. Deux vertus précieuses pour le nouveau siècle […].
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2000 (ISBN2-221-09079-9), chap. Le siècle de Germaine Tillion, p. 315 (lire en ligne)
La « passion de comprendre », après tout, ne surprend pas trop. On peut rester davantage perplexe devant l'autre constante dans les activités de Germaine Tillion, à savoir la tendresse pour ses semblables. En effet, son expérience a consisté, certes non exclusivement mais en grande partie, en une « traversée du mal » (c'est le titre qu'elle donne à un livre d'entretiens avec Jean Lacouture, paru en 1997). Plus exactement, Tillion suggère qu'on peut identifier dans l'humanité deux minuscules minorités : celle des brutes féroces, des traîtres vendus, des sadiques systématiques, d'une part ; et, de l'autre, celle des « hommes d'un grand courage et d'un grand désintéressement », qui, même lorsqu'ils disposent d'une puissance supérieure, n'en abusent pas mais, au contraire, la mettent au service du bien. Entre ces deux extrêmes, l'immense majorité d'entre nous est composée de gens ordinaires, inoffensifs en temps de paix et de prospérité, se révélant dangereux à la moindre crise.
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2000 (ISBN2-221-09079-9), chap. Le siècle de Germaine Tillion, p. 321 (lire en ligne)
Quand on lit ses écrits, on a parfois l'impression d'avoir affaire à une double personnalité. Mais ces deux facettes n'entrent pas en conflit, elles s'articulent au contraire harmonieusement. Il y a l'actrice mue par la tendresse pour ses semblables et l'observatrice passionnée par la connaissance ; les deux ne cessent de se rendre des services.
Mémoire du mal, tentation du bien : enquête sur le siècle, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2000 (ISBN2-221-09079-9), chap. Le siècle de Germaine Tillion, p. 328 (lire en ligne)
Ce qui distingue d'abord cette grande dame est qu'elle se soit engagée avec autant de succès dans l'action publique que dans le travail de connaissance. […] Ces deux facettes de sa personnalité ne sont pas simplement juxtaposées, et en cela Tillion est tout à fait exceptionnelle : son travail de connaissance se nourrit directement de ses expériences vécues, et les résultats de ce travail la conduisent à de nouvelles interventions dans le monde. Elle-même transforme sa mémoire en histoire et ses rencontres sur le terrain en théories ethnologiques. avant de mettre le savoir ainsi acquis au service d'un combat pour la dignité de tous les hommes et de toutes les femmes de la Terre.
« Germaine Tillion a cent ans », Tzvetan Todorov, dans Le siècle de Germaine Tillion, Tzvetan Todorov (dir.), éd. Seuil, 2007 (ISBN978-2-02-095194-4), p. 7-8 (lire en ligne)
En s'engageant dans la profession d'ethnologue, Tillion fait sien le postulat de l'unité de l'espèce humaine : les actes accomplis peuvent mériter éloge ou blâme, mais les êtres humains, eux, ne sont ni inférieurs ni supérieurs les uns aux autres. Son destin illustre une autre unité, celle de ses interventions tout au long de sa vie : malgré leur très grande variété, toutes participent d'une même idée de l'humanité. Si l'on ajoute à cela qu'elle n'a jamais voulu se donner en exemple aux autres ni leur faire la morale, qu'elle a su ne jamais prendre trop au sérieux les conventions de la vie publique, qu'elle a trouvé le moyen de faire face à l'adversité en plaisantant et même en chantant, on comprendra qu'elle est bien l'un des personnages les plus lumineux du sombre siècle qui vient de se terminer.
« Germaine Tillion a cent ans », Tzvetan Todorov, dans Le siècle de Germaine Tillion, Tzvetan Todorov (dir.), éd. Seuil, 2007 (ISBN978-2-02-095194-4), p. 9-10 (lire en ligne)
« Je pense, de toutes mes forces, que la justice et la vérité comptent plus que n'importe quel intérêt politique. » Tel est peut-être le secret de l'aura exceptionnelle qui émane du parcours de Germaine Tillion : ce qui la fait agir est un devoir de vérité et un devoir de justice. Ces deux exigences forment à leur tour une hiérarchie. Le vrai vient en premier. Un savant, en particulier, se déshonore s'il dissimule ou travestit la vérité, serait-ce au nom de la cause la plus noble. La connaissance ne doit pas être soumise à la recherche du bien, sinon elle risque d'être biaisée. En même temps, notre saisie globale du monde doit aspirer à une justice qui encadre et transcende chaque vérité ponctuelle. « Dire le vrai ne suffit pas, il faut aussi dire le juste. » […] Si Germaine Tillion est revenue pendant plus de quarante ans sur l'expérience concentrationnaire, c'est pour compléter et nuancer ce qui était dès le départ vrai, afin de le rendre en plus juste. Germaine Tillion nous lègue une attitude : par-delà son attachement pour les plus hauts principes vient son amour des êtres humains individuels. Elle écrit: « Je ne peux pas ne pas penser que les Patries, les Partis, les causes sacrées ne sont pas éternels. Ce qui est éternel (ou presque), c'est la pauvre chair souffrante de l'humanité. » De cette simple vertu de compassion, le monde d'aujourd'hui semble avoir de plus en plus besoin.
« Une ethnologue face à l’extrême », Tzvetan Todorov, dans Le siècle de Germaine Tillion, Tzvetan Todorov (dir.), éd. Seuil, 2007 (ISBN978-2-02-095194-4), p. 188-189 (lire en ligne)
« Germaine Tillion face à l’extrême », Tzvetan Todorov, Gradhiva, nº 5, 2007 (lire en ligne)
Insoumis, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont/Versilio, 2015 (ISBN978-2-221-18858-3), chap. Germaine Tillion, p. 69-103
↑Voir Chanter, rire et résister à Ravensbrück : autour de Germaine Tillion et du Verfügbar aux Enfers, Seuil, (ISBN978-2-02-139571-6, DOI10.3917/lgh.059.0189, lire en ligne), « Annexe. Sources musicales et phonographiques du Verfügbar aux Enfers », p. 202.