Géza Roheim

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Géza Róheim, né le 12 septembre 1891 à Budapest et décédé le 7 juin 1953 à New York est un ethnologue et psychanalyste américain d'origine hongroise, ayant mené des recherches ethnographiques principalement en Australie, en Nouvelle-Guinée et au Mexique.

Origine et fonction de la culture, 1943[modifier]

La vie d'un enfant consiste en une succession de frustration qui commencent avec la naissance. Il doit supporter la perte du bonheur intra-utérin ; il apprend ce que c'est que de désirer quelque chose sans obtenir satisfaction ; à tolérer des délais.
  • Origine et fonction de la culture, Géza Roheim (trad. Roger Dadoun), éd. Gallimard, 1972, p. 59


Les idéaux humains sont régies par des idéaux collectifs, et ces derniers sont toujours fondés sur la situation infantile.
  • Origine et fonction de la culture, Géza Roheim (trad. Roger Dadoun), éd. Gallimard, 1972, p. 61


La première forme de coopération économique est celle qui s'établit entre l'homme et la femme - en d'autres termes, elle est fondée sur une situation sexuelle.
  • Origine et la fonction de la culture, Géza Roheim (trad. Roger Dadoun), éd. Gallimard, 1972, p. 69


La différence entre une névrose et une sublimation est constituée, évidemment, par l'aspect social de ce dernier processus. Une névrose isole, une sublimation unit.
  • Origine et fonction de la culture, Géza Roheim (trad. Roger Dadoun), éd. Gallimard, 1972, p. 116


L'homme est un être qui, constitutionnellement, recherche l'impossible.
  • Origine et fonction de la culture, Géza Roheim (trad. Roger Dadoun), éd. Gallimard, 1972, p. 151


La Panique des dieux, 1972[modifier]

L'une des prérogatives de l'homo sapiens est de vivre dans deux monde à la fois. Un nombre infini de mythes, de légendes et de contes populaires ont pour héros des puissances surhumaines qui semblent chercher un appui et un crédit dans une imagerie issue du rêve, dans des croyances mystiques, des présages ancestraux ou des tours de magie.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 12


Le seul critère que l'on puisse adopter pour classer un groupe humain à l'intérieur du système d'ensemble, c'est la somme totale de ses traits anatomiques "supérieurs" ou "inférieurs", les traits "supérieurs" ou progressifs étant ceux qui caractérisent les races récentes, c'est-à-dire celles qui s'éloignent le plus de l'homme de Néanderthal et du singe anthropoïde.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometi), éd. Payot, 1974, p. 33


La fonction sociale du rituel consiste à réprimer les désirs œdipiens des fils, mais son contenu latent, sa véritable raison d'être, c'est l'agressivité du fils à l'égard du père, agressivité motivée par le fait que celui-ci entretient des rapports sexuels avec la mère.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 124


La race humaine a émergé de ses ancêtres préhumains tout comme l'individu émerge de l'enfant, par le développement de mécanismes de défenses érigés à l'origine par le moi pour se protéger contre les traumatismes infantiles de nature libidinale.
  • La Panique des dieu, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 131


Si l'angoisse n'existait pas, le refoulement n'aurait pas de raison d'être, et partant il n'y aurait ni projection ni formation de symbole.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 133


A la fiction ne peut répondre qu'une autre fiction d'origine analogue.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 134


C'est parce que notre enfance dure plus longtemps que celle des autres animaux que nous avons besoin des êtres surnaturels. Si notre développement s'effectuait de façon harmonieuse, s'il n'y avait pas un écart funeste entre ce que nous désirons et ce que nous sommes en mesure de supporter, entre le ça et le moi, nous ne serions jamais devenus humains. Humanité veut dire manque d'harmonie.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 168


L'amour de soi, le côté narcissique de notre nature, est cause à la fois de l'intérêt que nous portons à notre personne et de notre réticence à admettre l'éventualité de la destruction définitive de quelque chose de si extraordinairement précieux.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 203


La valeur d'une théorie se mesure aux faits qu'elle permet d'expliquer.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 210


Il est un danger que nous ne pouvons ni ne pouvons affronter, c'est la perte de la vie, c'est à dire du plaisir, de la gratification sexuelle. Pour ne pas avoir à regarder cette éventualité en face, nous allons même jusqu'à bâtir une névrose - ou une civilisation.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 223


L'inconscient ne connaît pas la notion de mort, car lui-même est avant tout une libidinisation ou une génitalisation des puissances obscures.
  • La Panique des dieux, Géza Roheim (trad. Sylvie Laroche, Massimo Giacometti), éd. Payot, 1974, p. 224