Francesco Alberoni

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Francesco Alberoni.

Francesco Alberoni, né le à Borgonovo Val Tidone dans la province de Plaisance en Émilie-Romagne, est un sociologue, journaliste et professeur en sociologie italien.

Le Choc amoureux, 1979[modifier]

Tomber amoureux n'est ni un phénomène quotidien, ni une sublimation de la sexualité, ni un caprice de l'imagination. Ce n'est pas non plus un phénomène ‘sui generis’ ineffable, divin ou diabolique. Ce phénomène peut cependant se classer dans une catégorie déjà connue, celle des mouvements collectifs.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 9


Si tomber amoureux appartient à la même famille d'événement [collectif], il en constitue, pourtant, un cas spécial. Entre les grands mouvements collectifs de l'histoire et le fait de tomber amoureux il y a cependant une parenté très très proche; la nature des forces qui libèrent qui agissent sont du même type; de nombreuses expériences, la solidarité, la joie de vivre, le renouveau sont analogues.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 10


Mais, il existe une différence fondamentale entre eux : les grands mouvements collectifs impliquent un très grand nombre de personnes et restent ouverts à d'autres individus. Tomber amoureux, au contraire, tout en étant un mouvement collectif, ne concerne que deux êtres seulement; quelle que soit la valeur universelle qui puisse s'en dégager, son horizon d'appartenance est strictement lié au fait d'être complet, achevé, avec deux personnes et deux seulement. C'est là sa spécificité, sa singularité, ce qui lui confère certains caractères uniques.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 10


… il nous faut rompre avec l'opinion commune qui n'accorde pas à la passion un statut différent de celui de la vie quotidienne et de la sexualité. Pour combattre cette opinion qui masque le problème, nous partirons de la sexualité pour découvrir qu'elle porte en elle une différence : il existe un ordinaire et un extraordinaire.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 14


Tomber amoureux — comme tous les mouvements collectifs — se joue dans le registre de l'extraordinaire.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 14


Dès qu'il tombe amoureux, l'être le plus simple et le plus démuni est obligé, pour s'exprimer, d'utiliser un langage poétique, sacré, mythique. On peut en rire, mais c'est ainsi.
  • Le Choc amoureux (1979), Francesco Alberoni (trad. Jacqueline Raoul-Duval), éd. Pocket, 2014, p. 22


L'Érotisme, 1986[modifier]

Un conflit se joue dans l'érotisme entre spontanéité et artifice, entre amour et séduction. Les femmes, comme les hommes, apprennent très tôt — parfois dès l'enfance — que l'amour pur, désintéressé, sincère, ne suffit pas à susciter l'intérêt de celui qu'on aime.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 215


L'amour rend en effet timide et respectueux.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 215


Nous adorons celle que nous aimons sans oser la frôler. Si elle nous dit non, nous sommes paralysé; nous sommes incapables de vaincre la difficulté, de transformer ce non en oui. C'est ainsi qu'un garçon amoureux se verra préféré par celle qu'il aime un rival plus brillant, plus populaire, et qui saura la faire rire et l'amuser : le propriétaire d'une belle voiture, un champion sportif, un garçon qui souvent ne l'aimera aucunement, un spécialiste des technique de séduction.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 215


L'amour naît d'une pulsion vitale qui ne parvient pas à se réaliser dans une situation donnée et qui refuse la dépression. Il la refuse quand le sujet lui-même a changé alors que le milieu autour de lui est resté le même. Ses potentialités vitales tendent à se rebeller. Consciemment, il cherche à conserver ses anciens rapports, ces vieux objets d'amour, s'il s'attribue la responsabilité du malaise qu'il éprouve et qu'il suscite chez les autres, jusqu'à ce qu'il trouve une solution globale. L'amour est une de ces solutions.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 189


Il est plus facile de tomber amoureux dans une période positive de succès, car plusieurs routes s'ouvrent à nous, mais cela peut nous arriver aussi lorsque nous sentons en nous une énergie créatrice que les autres sont incapables de reconnaître, ou encore lorsque nous émigrons à l'étranger. Dans ce cas, il suffit de tomber amoureux d'une personne de notre pays d'adoption pour nous intégrer plus facilement et pour nous détacher de notre passé. Mais cet acte n'est pas toujours conscient.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 190


Nul ne saurait tomber amoureux sous l'effet de sa simple volonté. Le processus reste inconscient. Lorsque nous sommes réellement en passe de tomber amoureux, nous en avons rarement conscient. Nous nous sentons plein d'énergie vitale mais, en même temps, nous éprouvons un sentiment de malaise et d'impuissance.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 190


Nous sommes incapables de percevoir en nous le désir alors que nous avons tendance à le déceler chez autrui. Nous constatons que les autres, autour de nous, sont vivants et heureux, nous les envions. Nous voudrions être comme eux mais nous en sommes incapable, nous voudrions être heureux mais nous ne le sommes pas. Et il en est ainsi parce que nous allons à l'encontre de nos désirs profonds et que nous sommes en quête de ce qui pourrait les satisfaire.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 190


L'envie n'est pas la cause de l'amour, elle en est le symptôme.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 190


Un autre des symptômes de l'amour est l'apparition du désir : un désir brûlant et sans objet, ou encore l'espoir de rencontrer celui ou celle que nous aurions attendu depuis toujours sans en rien savoir.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 190


Il existe aussi une forme d'amour qui se construit progressivement sur l'érotisme et l'amitié. C'est un amour qui ne se présente pas comme une explosion inaugurale et unique entre deux inconnus, mais dans laquelle les individus se rencontrent d'abord sur le terrain délicat de l'estime et de la confiance réciproque. Le désir érotique vient ensuite, comme il advient toujours entre un homme et une femme. Au début l'érotisme n'est qu'un supplément, le désir de mieux connaître l'autre. Seule l'intimité érotique peut révéler en effet l'aspect inconnu et profond de l'individu. La confiance de l'amitié autorise un abandon serein, sans aucune mise en en scène, sans la nécessité de séduire ou de paraître. Nous sommes en présence d'un type de rapport nouveau et encore exceptionnel.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 199


En amitié, l'érotisme se développe dans la durée, et il est tout à la fois révélation et intelligence [Sur ce point je manque d'intelligence]. L'érotisme n'est pas, en général, simple pulsion, pure sexualité et puis fantasme ; il est aussi attention, préparation, apprentissages.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 200


L'amitié érotique est délicate à cause de la structure granulaire de l'amitié. Nous n'avons pas besoin que notre ami soit près de nous, à nous toucher. L'amitié n'est pas exclusive et se soucie essentiellement du plaisir de l'ami, sans faire réserve sur celles qui lui procurent ce plaisir.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 200


Mêler l'érotisme à l'amitié est plus facile pour l'homme que pour la femme, car l'érotisme masculin est discontinu; il ne veut pas entendre parler de l'après. La femme, elle, doit faire sienne l'imagination amoureuse et accepter l'autonomie de l'érotique masculin. Souvent dans l'amitié amoureuse, la femme joue un rôle différent de celui de l'homme. Elle présente le pôle stable, permanent, exclusif, tandis que l'homme constitue le rôle discontinu et aventureux. Les rôles peuvent bien sûr être inversés quoique le cas se présente rarement.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 200


L'amitié amoureuse est également possible lorsqu'un seul des deux partenaires est amoureux. [Cependant] Parler risque de faire surgir le dilemme et la déchirure. L'amitié ne saurait y survivre.
  • L'Érotisme (1986), Francesco Alberoni (trad. Raymonde Coudert), éd. Pocket, 2004, p. 200


Je t'aime : tout sur la passion amoureuse, 1996[modifier]

Celui qui aime, qui désire être aimé en retour, se pose d'innombrables questions, car il sait que la passion, la jalousie, les rêves, les idéaux, l'érotisme et l'amour peuvent rendre sa vie merveilleuse ou la transformer en un enfer. Les gestes qui nous rendent heureux ou les mots qui nous jettent dans le désespoir viennent d'un très petit nombre d'êtres humains avec qui nous sommes liés d'une façon intense et essentielle.
  • Je t'aime : tout sur la passion amoureuse (1996), Francesco Alberoni (trad. Claude Ligé), éd. Plon, 1997, p. 200


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :