Flore Hazoumé
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Flore Hazoumé est une écrivaine ivoirienne née en à Brazzaville (République du Congo) d'un père béninois et d'une mère congolaise. Elle est la petite fille de l'écrivain dahoméen Paul Hazoumé.
La vengeance de l'albinos, 2001
[modifier]Tu n'as plus rien, tu n'es plus rien, tu n'as plus un sou.
Ses yeux d'enfant allaient voir des réalités d'un monde que sa carrure jusque-là lui avait cachées.
Mado, est une poule, elle appartient à tout le monde et à personne ; Mado, c'est un sexe et un portefeuille qui ne demande qu'à être remplis.
Une ampoule distillait une faible lumière. Mais l'obscurité anormalement épaisse absorbait toute clarté.
Chaque chose, chaque être était une sorte de Janus à double face.
Mais c'est toujours l'homme qui paye. Si un homme n'a pas d'argent, il ne peut avoir de femmes. D'ailleurs aucune femme ne voudra de lui.
L'amour, c'est bon pour les livres !
Ici, tout est toujours <<Trop>>. La Bamboulie c'est comme un corps de femme. On s’y enfonce. On s'y trouve bien au chaud, on a conscience de s'y perdre, tellement c'est <<trop>>. mais on y reste, engourdi, envoûté. Elle nous force à s'adapter à son rythme frénétique, endiablé, tu verras, toi aussi tu succomberas.
- La vengeance de l'albinos, Flore Hazoumé, éd. Éditions Livre Sud, 2001 (ISBN 2-909238-77-6), p. 45-46
Si un homme n'a pas d'argent, il ne peut pas avoir une femme. D'ailleurs aucune femme ne voudra de lui.
Et d'ailleurs quand on déshabille une femme, il faut aussi l'habiller !
Avais-je le droit de me dresser contre ma famille, de les abandonner à une misère incertaine pour partager l'existence d'un homme à l'avenir un certain ?
Comment expliquer au ventre que tu te ressens le cœur ?
Sale petit voyou, si tu touches à nos filles, tu pourras dire adieu à la vie !
Mais tout est possible quand on s'aime !
Comment parler d'Amour à des gens qui ont faim ? Comment expliquer au ventre ce que ressens le cœur ?
La Bamboulie est un immense bordel où chacun servit comme il peut et prend plaisir où il le trouve.
Moi je ne me promène jamais dans une voiture sale ! Mais par contre, ma voiture a soif.
L’on oubliait soudain de boire et de danser. Un immense murmure déliait les langues et embrassait les cœurs. Les mêmes mots revenaient, des mots porteurs d’espoir et de sang : Indépendance, Liberté, Dignité.
Je sentais que le monde changeait, que l’immuable ordonnance de jadis s’effritait peu à peu, qu’au delà de mes préoccupations, qu’au delà de ma personne si insignifiante dans ce chaos naissant, la vie bouillonnait, prenait forme et se métamorphosait en une fresque sanglante. Ce fut la naissance d’une époque troublée.
Fouloulou à leur tête a réussi à unifier toutes les petites ethnies rivales, à en faire un bloc. Il a tout pour gouverner ce pays un jour.
Nous vivons dans une époque formidable ! Les gueux deviennent monarques, les putains, princesses ! La gloire, la puissance, appartiennent à celui qui saura apaiser ce peuple.
Arme-toi, m'avait ordonné Marius. la route du diamant est dangereuse souviens-toi que le diamant ne se prend pas, mais qu'il se mérite !
A-t-on besoin de voir un féticheur pour creuser dans la terre et chercher du diamant ?
Ta vie jusqu'ici n'a été qu'une succession d'expériences périlleuses. Tu cherches maintenant le moyen d'atteindre la gloire et la puissance.
Le diamant ne se prend pas, il se mérite ! Pour le mériter, il faut savoir se dépasser, transcender ses scrupules, ses peurs les plus profondes. Le diamant te donne tout, mais il te prend tout !
- La vengeance de l'albinos, Flore Hazoumé, éd. Éditions Livre Sud, 2001 (ISBN 2-909238-77-6), p. 87-88
Ce qui est fait ne peut être défait.
Cesse donc de geindre comme une femme ! Tu n'auras plus jamais la paix, mais il faut savoir se dépasser. Si nous sortons vivant d'ici, le monde nous appartiendra.
Cette nuit, continuait Marius, tu oublieras tout, cette nuit, nous récolterons notre butin et nous fuirons comme des voleurs, il faudra faire vite, car les autres, ceux qui n'ont pas eu notre courage, attendent comme des rapaces.
Cesse donc de geindre comme une femme ! Tu n'auras plus jamais la paix, mais il faut savoir se dépasser. Si nous sortons vivant d'ici, le monde nous appartiendra.
C'est parce que je suis un être supérieur. Je les méprise tous ! Je méprise ceux qui n'osent pas ! Je hais et les médiocres !
Soit insolent ! Prends leurs femmes, leurs filles, leurs sœurs, plus tu seras méprisant, clinquant, plus il te respecteront et te craindront.
Ne regarde pas le passé. Oublie tout, car aujourd'hui c'est déjà hier; pense à l'avenir.
Avec lui, l'amour n'était plus un passe-temps ludique mais un réel don de soi.
Il est bien connu que pour une femme, la maturité souvent s'attrape comment une maladie, dans les bras d'un homme.
Elle possédait cette beauté différente, cette chose là et imparfaite qu'on appelle le charme, cette réserve distante qui éveille l'instinct du chasseur.
- La vengeance de l'albinos, Flore Hazoumé, éd. Éditions Livre Sud, 2001 (ISBN 2-909238-77-6), p. 102-103
Elle parachevait ma réussite, mon succès était d'une insolence éclatante.
Si nous ne construisons pas le pays, si nous n'entamons pas une politique sociale, la violence ne te tardera pas à déferler et à nous emporter comme un feu de paille !
Vois-tu, mon neveu , Mesangou c'est le symbole même de la civilisation. Tout est droit, rectiligne, géométrique, harmonieux. C'est ainsi qu'on construit un pays et Dieu en a donné les moyens.
Nous ne pouvons garder la fortune du pays pour nous seuls ; si nous voulons garder le pouvoir, il faut apprendre à partager. Le peuple est épuisé prenons garde sinon un jour, il réclamera son dû.
Le peuple bamboulais doit cesser de rire et de se vautrer dans la luxure. Le peuple bamboulais doit apprendre à travailler.
Le peuple crie famine. Les salaires des fonctionnaires sont irréguliers, voire inexistants. Nos proches et nos familles se sont suffisamment enrichis. Il faut apprendre à gérer.
Lorsqu'un peuple a faim, il lui faut trouver le rat qui dévaste son grenier. Lorsqu'un peuple est en rage, il lui faut trouver les《raisons》de sa colère
Les adultes ne se méfient jamais assez des enfants.
Ils n'ont pas eu de chance de naître ici. Dans cette maison, il n'y a pas de places pour les enfants !
Cauchemars, 1994
[modifier]le jugement des hommes ne me fait pas peur mais je crains celui de Dieu.
Quand l'enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris .
Le crépuscule de l’Homme, 2002
[modifier]La véritable pauvreté pour ceux qui ne l’ont jamais connue a parfois des allures de carnaval.
Les apparences sont des miroirs déformants. Les gros s'y voient minces, et vice versa.
Juste une question de cœur, 2015
[modifier]Tu es vivant, c'est cela qui importe, malgré tout tu es vivant.
- Juste une question de cœur, Flore Hazoumé, éd. Éditions Les classiques ivoiriens, 2015 (ISBN 9782372230162), p. 18
Le silence est toujours secoué de disputes, de cris, de convulsions, de rires, même les ébats amoureux ne connaissent pas la douceur du silence.
- Juste une question de cœur, Flore Hazoumé, éd. Éditions Les classiques ivoiriens, 2015 (ISBN 9782372230162), p. 18
Mais la vie ainsi faite. C'est celui a l'argent qui a le pouvoir.
- Juste une question de cœur, Flore Hazoumé, éd. Éditions Les classiques ivoirien, 2015 (ISBN 9782372230162), p. 21
La main qui donne dit-on est au dessus de celle qui reçoit .
- Juste une question de cœur, Flore Hazoumé, éd. Éditions Les classiques ivoirien, 2015 (ISBN 9782372230162), p. 21
Les larmes, comme l'alcool, vous rendent groggy.
- « Le lion est mort », dans Juste une question de cœur, Flore Hazoumé, éd. Les classiques ivoiriens, 2015 (ISBN 9782372230162), p. 69