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Fatou Diome

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Fatou Diome par Claude Truong-Ngoc avril 2015

Fatou Diome est une femme de lettres franco-sénégalaise née en à Niodior, Sénégal.

Citations

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La préférence nationale , 2001

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Ce vous n'était point celui de la politesse, puisqu'il m'avait précédemment tutoyée. C'était un sac; oui, un sac poubelle où il mettait tous les étrangers qu'il aurait aimé jeter dans le Rhin. Cela me donna le droit et le devoir d'être impolie.
  • « Préférence nationale », dans La Préférence Nationale (2001), Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2002  (ISBN 2-7087-0722-1), p. 79 (lire en ligne)


Lorsqu'on est bafoué, nié, on se forge une carapace, que certains appelleront courage, et d'autres, orgueil; mais quel que soit son nom, cette carapace permet de sauver ce morceau de dignité qui assure la passerelle entre soi et le reste des humains.
  • « Cunégonde à la bibliothèque », dans La Préférence nationale, et autres nouvelles (2001), Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2002  (ISBN 2-7087-0722-1), p. 95 (lire en ligne)


L'image dégradante que monsieur Dupire me collait n'était pour moi qu'un tas de broussailles qu'il fallait franchir pour accéder à la rivière désaltérante. Il pouvait donc continuer, car ma sueur faisait pousser ce que sa salive ne pouvait tuer. Le diable peut bien profiter de la nuit, mais le soleil ne tardera pas à venir pour lui crever les yeux. La vie est une amante infidèle, elle ne garde les ténèbres que pour mieux voir le soleil briller et la lumière chasser les ombres.
  • « Cunégonde à la bibliothèque », dans La Préférence nationale, et autres nouvelles (2001), Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2002  (ISBN 2-7087-0722-1), p. 97 (lire en ligne)


La bibliothèque était la bulle étanche où la Javel ne pouvait venir chatouiller mes narines, où les hapax de monsieur Dupire se rectifiaient d'eux-mêmes et où mon cœur au lieu de se refermer sur lui-même pour résister, allait s'épanouir dans la lumière mystérieuse irradiant des livres.
  • « Cunégonde à la bibliothèque », dans La Préférence nationale, et autres nouvelles (2001), Fatou Diome, éd. Présence africaine, 2002  (ISBN 2-7087-0722-1), p. 97 (lire en ligne)


Le ventre de l’Atlantique, 2003

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Là-bas, depuis des siècles, des hommes sont pendus à un bout de terre, l’île de Niodior. Accrochés à la gencive de l’Atlantique, tels des résidus de repas, ils attendent, résignés, que la prochaine vague les emporte ou leurs laisse la vie sauve.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 12


On ne piétine pas deux fois les couilles d’un aveugle […], une fois suffit pour qu’il soulève sa marchandise dès que des bruits de pas lui parviennent.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 16


La qualité de la victoire se mesure à la valeur de l’adversaire. Battre un poltron ne fera jamais d’un homme un héros.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 23


N’oublie jamais, chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité !
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 30


Après la colonisation historiquement reconnue, règne maintenant une sorte de colonisation mentale : Les jeunes joueurs vénéraient et vénèrent encore la France. A leurs yeux tout ce qui est enviable vient de France.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 53


Qui prend la poule accepte ses poussins !
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 57


Le secret est un lait sur le feu, il finit par se répandre si on n’y prend pas garde. Toute duperie a une fin.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 58


Si un homme quitte sa femme, c’est qu’elle n’a pas su être une bonne épouse.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 60


Il faut semer la graine du savoir partout où elle est susceptible de pousser.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 62


Pour les pauvres, […] vivre c’est nager en apnée, en espérant atteindre une rive ensoleillée avant la gorgée fatale.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 95


La France, ce n’est pas le paradis. Ne vous laissez pas prendre dans les filets de l’émigration.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 114


Bon converti sera meilleur prêcheur.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 116


Quelle que soit la gourmandise d’un lion, il lui reste toujours assez de cœur pour abandonner la charogne aux vautours.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 123


L’estomac d’une mère est dans le ventre de son enfant.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 129


Nourrir des filles, c’est engraisser des vaches dont on n’aura jamais le lait. Berger sans taureau finira sans troupeau.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 145


Quand on ne connaît pas son chemin, on met ses pieds dans les pas du guide.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 153


La noblesse d’un ventre, c’est sa capacité à offrir une tombe aux secrets, et celui qui ouvre cette tombe doit en supporter l’odeur.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 156


Quand on a les dents longues, il faut avoir les gencives solides. Clandestins, sans diplôme ni qualification, vous risquez de galérer longtemps, si toutefois vous avez la chance de ne pas vous faire cueillir par une police prête à vous étouffer dans un charter.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 176


Si l’on se masse sous le baobab, ce n’est pas seulement pour la capacité de cet arbre à résister aux tempêtes, mais aussi parce qu’il est capable de reverdir et de répandre la douceur de son ombre autour de lui.
  • Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome, éd. Éditions Anne Carrière, 2003  (ISBN 978-2-253-10907-5), p. 250


Kétala, 2006

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On ne peut pas toujours emmener les siens avec soi, mais on part toujours avec sa mémoire.


La vraie souveraineté d'une existence n'étant sise ni au-dessus, ni au-dessous des autres, mais dans la possibilité d'être entièrement et librement soi-même parmi les autres, ils abstinrent d'imiter la manie élitiste des Hommes.


La vengeance est certes tentante, mais rendre à l'âne son coup de patte, c'est devenir aussi bête que lui.


Il ne suffit pas d'apercevoir de belles noix de coco pour s'en régaler, il faut pourvoir les atteindre.


Quand on s'enchaîne au premier arbre par goût de l'ombre, on ne goûte jamais aux fruits qui mûrissent en forêt.


Les nouvelles marmites sont plus difficiles à récurer,(…) on a tendance à vouloir leur enlever toute tache, mais plus elles vieillissent moins on remarque les aspérités.


La vie est un dortoir d'été ou nous dormons tous à poil, le premier qui se réveille demande aux autres de cacher leur derrière, mais personne n'est dupe: en désignant les tares des autres on ne fait qu'avouer les siennes.


Qui sait se contenter de son blé noir n'envie point les agapes du nanti! Un ventre plein ne dit pas son contenu. En d'autres termes, ce n'est pas le manque en lui-même qui fait souffrir les humains, mais leur façon d'y faire face.


La parole est un œuf de tortue, sa peau est souple, mais il ne libère son petit qu'à terme.


Inassouvies, nos vies, 2008

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La part de l'autre dans notre existence, c'est le rond point qui empêche le carambolage intellectuel.


Le français est une lame étincelante et, comme toute lame, c'est là où elle se fait fine qu'elle tranche.


Le refus de vieillir, ce n'est pas seulement l'obstination à garder un corps jeune, c'est parfois une mentalité inapte à maturation.


Celles qui attendent, 2010

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Les enfants ne perçoivent guère la durée du processus qui met les repas à portée de leur gourmandise. L’enfance, c’est le privilège de se nourrir sans se demander d’où ça vient. On doit manger, il faut qu’il y ait à manger, c’est tout. Et les mères portent le poids de cet impératif.


[…] l'inconfort de détenir l'objet convoité est somme toute moins pénible que la frustration de le désirer.


Marianne porte plainte !, 2017

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Le passé n'a pas besoin d'avocats mais d'historiens; la postérité juge, seule, les pages jaunies et l'intelligence accorde des circonstances atténuantes à qui le mérite.


Qui cherche une raison de vivre n'a qu'à varier ses paysages, son assiette et son esprit remercieront ses semelles.


Fidèle à la liberté, un oiseau migrateur ne trahit jamais personne, puisque partir donne goût aux retrouilles.


Un océan de savoir n'irriguera jamais un lac de prétention.


Les veilleurs de Sangomar , 2019

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Gospel ou fado ? Seigneur, quel chant ramène les morts ?
  • Les veilleurs de Sangomar, Fatou Diome, éd. Albin Michel, 2019  (ISBN 9782923153681), p. 15


De quoi aimer vivre, 2021

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Résistance ou résignation? Une gazelle morte se fiche de la différence. Vivante, ses jarrets la portent et démontrent son choix à la savane devant toute menace. Pour la gazelle comme pour l'humain, l'instinct de survie reste la philosophie qui survit à tout autre.


A l'instar des plats, les amours réchauffés ont parfois un goût de brûlé! Manger frais ou jeûner? Votre faim vous répondra. Mais chercher le bonheur c'est toujours oser le vertige.


Un esclave qui change souvent de maitre n'est pas plus libre que celui qui en a un seul.


Au village, une vie vaut par le nombre d'humains qu'elle attire autour d'elle. D'une ménagère qui ne nourrit que son foyer, on dit qu'elle porte malheur à sa belle-famille. Aussi les femmes s'honorent-elle de cuisiner pour des régiments, la foule amassée sous l'arbre à palabres reflétant l'envergure du maître de céans.


Chez les fiers, le besoin de consolation est un mendiant aphone.


Le Verbe libre ou le silence, 2023

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L'écriture ? À la fois don et requête, l'oxymore est sa bonne foi. Ode à la vie, outre le plaisir esthétique, elle donne le courage qui manque aux jours et porte aux Cieux le lamento d'ici-bas, elle est donc aussi prière, même pour les athées. Méditation, l'écriture est un cheminement, une exploration, une navigation au long cours. Regardez les lettres au seuil d'une page, oscillant de crique en bras de mer, elles courent se jeter dans l'Océan de l'existence. L'écriture ? Illumination, autant poétique que spirituelle, c'est une transe sans alcool ni ayahuasca. Motivé par une quête intérieure, le texte est un électrocardiogramme. Le cœur battant, l'auteur tourne les pages comme le rameur négocie les vagues l'une après l'autre, toujours en conjurant le naufrage. Le verbe libre ou le silence, l'oxygène ou l'apnée ?
  • Le Verbe libre ou le silence, Fatou Diome, éd. Albin Michel, 2023  (ISBN 978-2-226-48387-4), chap. Prologue, p. 9-10


Aucune nuit ne sera noire, 2025

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Non, les meilleurs des morts ne se contentent pas de végéter parmi les ombres de la mémoire. Ils ne sont pas reclus parmi les ombres de la mémoire. Ils ne sont pas reclus, à compter les toiles d'araignées dans l'antichambre de l'oubli. Irremplaçables piliers, ils ne laissent jamais leur place vacante. Ils ont été, ils sont, et demeureront toujours tels qu'ils ont été pour nous. Plus vivants que tant de gens qui respirent le même air que nous, les meilleurs de nos morts deviennent des Veilleurs et ne nous quittent pas des yeux. En toute nuit, la lumière de leur regard nous ouvre la route comme avant.
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 9-10


Profiter du temps précieux qui nous était accordé, avec Aminata et Saliou, c'était mon intention, mon moteur, ma joie, ma consolation préventive. Il ne s'agissait de savourer pleinement leur présence, encore partager avec eux de quoi nous faire réciproquement oublier que l'absence existe. Au lieu d'avoir peur des feuilles mortes, arrosons nos arbres ! pensais je.
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 32


Mettre au monde une kyrielle d'affamés, ce n'est pas aimer les enfants, c'est même l'exact contraire. Bâtir une famille, ce n'est pas peupler le Sahel à soi seul, avec sa seule descendance ! C'est partager les maigres ressources agraires du Sahel avec tant d'autres.
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 133


La vraie noblesse ne s'hérite pas. Elle se mérite. Car, sans mérite, revendiquer la grandeur de ses ancêtres revient seulement à faire remarquer aux autres à quel point l'on est indigne de son ascendance.
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 190


Si les courtes mémoires considèrent la gratitude comme un fardeau, son poids est relatif à leur propre manque de générosité. C'est aussi, peut-être, parce qu'elles ignorent que la gratitude porte en elle l'un des sentiments les plus vivifiants: l'admiration !
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 310


Un mauvais départ familial, quoi que l'on fasse, cela vous poursuit et vous tourmente, d'une manière ou d'une autre, durant toute votre vie.
  • Aucune nuit ne sera noire, Fatou Diome, éd. Album Michel, 2025  (ISBN 9782226504388), p. 312


Citations sur

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Voir aussi

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