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Encyclopédie capricieuse du tout et du rien

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

L'Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, de Charles Dantzig, est paru en janvier 2009 chez Grasset.

Citations

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Tout le monde dresse des listes. On peut les en juger banales. Ou bien la forme la plus rudimentaire de littérature. Et le rudiment, comme l'ont montré les peintres, il suffit de le raffiner. De Lascaux faisons Picasso.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 11.


Un palais à Venise, ça a l'air d'une baraque délabrée. On entre, cour délabrée. On monte, c'est du Tiepolo. La meilleure rime à Venise, c'est surprise.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 69.


Les tours sont nos fées. Nous en avons tous une de prédilection, dont nous nous plaisons à imaginer qu'elle nous symbolise. Pour moi, c'est le Chrysler Building, avec les plis en acier de sa robe longue et ses doigts vernis qui semblent tenir délicatement le pied d'une coupe de champagne. Achevé six ans après Gatsby le Magnifique, il incarne à mes yeux une époque dramatique comme toutes mais allégée par la volonté de frivolité.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 81-82.


J'aime bien les vieux joueurs de cartes, le soir, en vacances, sur la Méditerranée, leur stupidité distinguée.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 92.


Alors que la voiture patientera à un feu rouge, nous penserons, le coin du front posé sur la vitre froide : « Paris m'a sauvé. » Puis, aussi rapidement que la vitre se réchauffera : « Enfin. Je me suis sauvé à Paris, et je m'y suis sauvé. »
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 103.


Comme j'aime rentrer chez moi en taxi, à trois heures du matin, les soirs de printemps, quand les arbres ont des feuilles et que l'on peut baisser sa vitre, épuisé, un peu ivre, par les voies sur berges !
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 107


La France est devenu un pays de mauvaise grâce. Chacun peste dans son métier, dans ses occupations, contre les autres. Nous sommes devenus un peuple aigre qui mériterait qu'on le réduise en esclavage.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 116


La plus grande différence entre les Anglais et le reste de l'Europe, c'est qu'ils ont gagné la guerre. Ce sont les vainqueurs. Ils en tirent leur assurance, leur énergie, leur courtoisie. La courtoisie est la politesse des vainqueurs. Et quelle agréable absence de complexes !
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 124


Les Italiens n'aiment pas qu'on dise du bien d'eux. Ils s'irritent, crient au cliché. Ce bien a à voir avec la gentillesse, ce bien a à voir avec la beauté. Leur virilité déjà piétinée par le matriarcat s'offense. Ils croient que ce sont des qualités féminines. Les Italiens voudraient qu'on les croie Allemands.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 127-128


À sept heures du matin, les vagues se réveillent en écartant les doigts comme un bébé. Le soleil ne donne pas encore ses coups de poing. La nuit a laissé de la fraîcheur. Les formes frémissent, les couleurs se précisent. Tout est nuance. Une promesse passe. Qui sait, un moment de bonheur viendra peut-être aujourd'hui ?
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 160


Le désir rend souvent l'homme veule. Regardez ce sourire en forme de traversin froissé, ce regard d'eau du robinet qui coule ! La veulerie du désir est suivie par son audace. Après avoir reniflé, hésité, il devient prêt à tout pour satisfaire le loup dans le ventre.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 162


La plus belle épitaphe : « Il a eu du plaisir. » Il ne faut pas le dire. Donnons-nous l'air d'adorer la souffrance, déesse des niais qui font, ou plutôt croient faire les réputations.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 164


Tout ce qui est beau et bon est toujours calomnié. Les moralistes n'y suffiraient pas. Il s'y ajoute les qualités naturelles de l'homme, l'envie, la méchanceté, et la rage de souffrir.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 168


Le tact est l'imagination de ce que peuvent ressentir les autres. Qu'il ressortisse à l'imagination explique qu'il soit si rare.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 174


La tristesse humiliée des personnages de Tennessee Williams. Ils savent qu'ils sont haïs pour ce qu'ils sont.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 177


Jeune, en meute comme des chiots, on ne se quitte pas, on rit, on s'aime, on n'a pas besoin du dégoûtant espoir car on est l'espoir. La vie fracasse tout cela, créant des isolements. On se met à espérer.
  • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2009, p. 183


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