Edgar Morin

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Edgar Morin (2011).

Edgar Morin, né à Paris le 8 juillet 1921, est un sociologue et philosophe français.

Introduction à une politique de l'homme, 1969[modifier]

Le métis doit être l'homme de demain. C'est l'homme qui peut fonder son identité directement sur la notion d'humanité.
  • Introduction à une politique de l'homme, Edgar Morin, éd. Éditions du Seuil, 1969, p. 92


Le vif du sujet, 1969[modifier]

Les sadiens sont des enfants qui jouent avec le feu.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 26


À vingt ans, je me tordais d'angoisse à multiplier mon âge par deux. Maintenant…
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 30


Le réel ne peut émerger, se décanter que si en même temps émerge, se décante l'irréel.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 35


L'essentiel fuit, seul le secondaire ne se dérobe pas. L'essentiel est pratiquement secondaire. Le secondaire est pratiquement essentiel.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 48


Quand on a l'obsession de réfuter une idée, c'est contre soi qu'on veut la réfuter. Si on ne répond pas aux vrais arguments d'autrui, et qu'on en cherche seulement les défauts superficiels, c'est qu'on sent ces arguments terriblement valables.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 58


La politique révolutionnaire est la forme laïque et progressive de la religion, puisqu'elle veut relier les hommes entre eux.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 101


Quand je serai moins angoissé j'écrirai quelque chose sur l'angoisse.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 108


Interdire totalement la parole, c'est atrophier ou annihiler la pensée. Le tabou n'est pas qu'une interdiction de nommer. C'est une interdiction de concevoir qui, si elle est efficace, entraîne l'impossibilité de concevoir.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 116


Seuls sont créateurs des anormaux, seuls sont productif des normaux.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 133


La tâche de la morale, c'est de subordonner la répression à la réalisation et non la réalisation à la répression.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 209


Le temps en réalité est multiple, discontinu, convergent, orienté vers l'action.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 226


La folie : Qui, en profondeur, n'est pas dingue.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 227


Il est insuffisant de chercher à comprendre Hitler et Staline à partir des traits psychologique préexistant à la prise de pouvoir, il faut aussi voir en quoi le pouvoir les a modifiés, restructurés.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. seuil, 1982, p. 250


Certaines grossièretés sont l'ultime refuge de la pudeur.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 258


Chacun aspire au génie et se contente de talent.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 300


Être intelligent, c'est savoir combien on est idiot.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 316


Il faut avoir peur de le dire : l'arme principale de la vérité est le mensonge.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 317


Si l'on part de la réalité dite du sens commun, ou dite du monde sensible, un minimum de réflexion décompose et dissout cette réalité.
  • Le vif du sujet, Edgar Morin, éd. Seuil, 1982, p. 343


Le Paradigme perdu, 1973[modifier]

La subordination est plus complexe encore que la domination, car il s'agit pour le subordonné de subir son sort avec le moins de dommages possible.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 40


Et voilà où apparaît la logique, le secret, le mystère de la complexité et le sens profond du terme auto-organisation : une société s'autoproduit sans cesse parce qu'elle s'autodétruit sans cesse.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 50


L'homo sapiens est beaucoup plus porté à l'excès que ses prédécesseurs et son règne correspond à un débordement de l'onirisme, de l'éros, de l'effectivité, de la violence.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 122


L'homme est fou sage. La vérité humaine comporte l'erreur. L'ordre humain comporte le désordre.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 126


L'histoire n'est rien d'autre que le lien aléatoire, complémentaire, concurrent et antagoniste, entre désordre et procès de complexification.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 147


C'est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l'ombre. La conscience est quelque chose de global et d'indécis. Elle n'est pas isolable de l'ensemble des aptitudes et des activités supérieures de l'esprit de sapiens. Elle est en quelque sorte la résultante de leurs interrelations, interactions et interférences. Elle naît à leur confluence et est cette confluence même.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 148


La conscience découvre la relativité de la réalité et de l'erreur en considérant la diversité et l'incompatibilité des idées ou des croyances, dans le temps et dans l'espace, et dès lors met en doute son propre système d'idées et de croyances.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 151


La biologie a longtemps ignoré que la culture jouait un rôle actif sur la stock héréditaire en déterminant des pressions sélectives sur le génotype. et intervenait sur la détermination du phénotype.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 185


La guerre témoigne d'une incapacité à régler de façon complexe des problèmes fondamentaux.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 203


Une culture meurt, mais des fragments de code peuvent s'infiltrer. comme des virus, dans le code culturel de la société barbare, y survire, et finalement contribuer à former une autre civilisation. Le tourbillon destructeur de l'histoire, en balayant à tous vents les cultures en miettes, disperse aussi des spores.
  • Le paradigme perdu : la nature humaine, Edgar Morin, éd. du Seuil, 1973, p. 204


Introduction à la pensée complexe, 1990[modifier]

Nous sommes toujours dans la préhistoire de l'esprit humain. Seule la pensée complexe nous permettrait de civiliser notre connaissance.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 24


L'information est une notion nucléaire mais problématique. De là, toute son ambiguïté : on ne peut presque rien en dire, mais on ne peut plus s'en passer.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 37


Qu'est-ce que la complexité ? À première vue, c'est un phénomène quantitatif, l'extrême quantité d'interactions et d'interférences entre un très grand nombre d'unités.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 48


L'objet et le sujet, livrés chacun à eux-mêmes, sont des concepts insuffisants. L'idée d'univers purement objectif est privée non seulement de sujet mais d'environnement, d'au-delà ; elle est d'une extrême pauvreté, close sur elle-même, ne reposant sur rien d'autre que le postulat d'objectivité, entourée par un vide insondable avec en son centre, là où il y a la pensée de cet univers, un autre vide insondable. Le concept de sujet, soit rabougri au niveau empirique, soit hypertrophié au niveau transcendantal, est à son tour dépourvu d'environnement et, anéantissant le monde, il s'enferme dans le solipsisme.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 57


Il y a, entre le système cérébral humain et son environnement, une incertitude fondamentale qui ne peut être comblée : la biologie de la connaissance nous montre, en effet, qu'il n'y a aucun dispositif, dans le cerveau humain, qui permette de distinguer la perception de l'hallucination, le réel de l'imaginaire ; il y a également incertitude sur le caractère de la connaissance du monde extérieur, étant donné que celle-ci est inscrite dans des "patterns" d'organisation dont les plus fondamentaux sont innés.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 62


On ne connaît qu'une apparence de soi ; on se trompe sur soi.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 78


L'obsession de la simplicité a conduit l'aventure scientifique aux découvertes impossibles à concevoir en termes de simplicité.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 81


On peut dire du monde que c'est en se désintégrant qu'il s'organise. Voici une idée typiquement complexe. Dans quel sens ? Dans le sens que nous devons unir ensemble deux notions qui, logiquement, semblent s'exclure : ordre et désordre.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 84


La rationalisation consiste à vouloir enfermer la réalité dans un système cohérent. Et tout ce qui, dans la réalité, contredit ce système cohérent est écarté, oublié, mis de côté, vu comme illusion ou apparence.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 94


La vertu de la science qui l'empêche de sombrer dans le délire, c'est que sans arrêt des données nouvelles arrivent et l'aménent à modifier ses visions et ses idées.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 97


Joignez la cause et l'effet, l'effet reviendra sur la cause, par rétroaction, le produit sera aussi producteur.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 104


La stratégie permet, à partir d'une décision initiale, d'envisager un certain nombre de scénarios pour l'action, scénarios qui pourront être modifiés selon les informations qui vont arriver en cours d'action et selon les aléas qui vont survenir et perturber l'action.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 106


Dès qu'un individu entreprend une action, quelle qu'elle soit, celle-ci commence à échapper à ses intentions.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 107


Nous, les êtres humains,connaissons le monde à travers les messages transmis par nos sens à notre cerveau. Le monde est présent à l'intérieur de notre esprit, lequel est à l'intérieur de notre monde.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 117


Il est certain que les idées générales sont des idées creuses, mais il n'est non moins certain que le refus des idées générales est en lui-même une idée générale encore plus creuse, parce que c'est une idée hypergénérale qui porte sur les idées générales.
  • Introductions à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 133


Connaître, c'est produire une traduction des réalités du monde extérieur.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 146


Le paradigme est une façon de contrôler à la fois la logique et la sémantique.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 147


Être auteur, c'est assumer ses idées pour le meilleur et pour le pire.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 153


Il faut du talent pour que l'erreur devienne féconde.
  • Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, éd. du Seuil, 2005, p. 154


L'intelligence de la complexité, 1999[modifier]

La raison est héroïque quand elle convient qu'elle est instrumentale pour permettre l'"enquête". Elle devient barbare quand elle se veut juge suprême au tribunal de l'entendement humain.
  • L'intelligence de la complexité, Edgar Morin, Jean-Louis Le Moigne, éd. l'Harmattan, 1999  (ISBN 9782738480859), p. 13


Culture et barbarie européennes, 2005[modifier]

Les temps contemporains nous montrent une technique qui se déchaîne en échappant à l’humanité qui l’a produite.
  • Culture et barbarie européennes, Edgar Morin, éd. Bayard Centurion, coll. « Essais », 2005  (ISBN 2-227-47550-1), p. 9


L’histoire des grandes sociétés est l’histoire des guerres ininterrompues.
  • Culture et barbarie européennes, Edgar Morin, éd. Bayard Centurion, coll. « Essais », 2005  (ISBN 2-227-47550-1), p. 12


Il n’est pas un signe ou un acte de civilisation qui ne soit en même temps un acte de barbarie.
  • Culture et barbarie européennes, Edgar Morin, éd. Bayard Centurion, coll. « Essais », 2005  (ISBN 2-227-47550-1), p. 12


Il reste encore, dans nos nations occidentales, des minorités qui sont convaincues que la présence étrangère d’émigrés naturalisés souille l’identité nationale. La xénophobie, l’antijudaïsme persistent en dépit de l’intégration européenne. Les nationalismes chauvins, fondés sur l’idée de pureté, ne sont pas morts.
  • Culture et barbarie européennes, Edgar Morin, éd. Bayard Centurion, coll. « Essais », 2005  (ISBN 2-227-47550-1), p. 25


Mon chemin, 2008[modifier]

L'auteur propose quatorze commandements :

  1. Le contraire d'une vérité profonde est une autre vérité profonde (je le tiens de Pascal et de Niels Bohr).
  2. Le meilleur des mondes est aussi le pire (Dieu et Satan sont le même).
  3. Tout ce qui ne se régénère pas dégénère (ce qui veut dire aussi que rien n'est jamais acquis).
  4. Rire, aimer, pleurer, comprendre.
  5. S'attendre à l'inattendu.
  6. Lutter sur deux fronts.
  7. Résister à la cruauté du monde et à la barbarie humaine.
  8. Ne pas sacrifier l'essentiel à l'urgence, mais obéir à l'urgence de l'essentiel.
  9. Se vouer à ce qui donne passion et compassion.
  10. Garder toujours en veilleuse la raison dans la passion, et toujours présente la passion dans la raison.
  11. Garder la révolte dans l'acceptation, garder l'acceptation dans la révolte (le Muss es sein, es Muss sein de Beethoven).
  12. Aimer le fragile et le périssable (Aimer ce que jamais on ne verra deux fois, Alfred de Vigny).
  13. Penser à augmenter la vie de vos jours plutôt que les jours de votre vie (Rita Levi-Montalcini).
  14. Renaître et renaître jusqu'à la mort.


Ma gauche, 2010[modifier]

Il faut rejeter le cosmopolitisme sans racines, qui est abstrait, pour le cosmopolitisme terrien, celui du citoyen de notre petite planète singulière. En même temps tous les ré-enracinements ethniques ou nationaux sont légitimes, à condition qu'ils s'accompagnent du plus profond encore ré-enracinement dans l'identité humaine terrestre..


Impliquons nous, 2015[modifier]

Quand un élève fait une erreur, on le condamne aussitôt alors qu'il faudrait lui faire comprendre pourquoi il a fait cette erreur. L'erreur est une information qui peut l'aider à se développer.
  • Impliquons nous, Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, éd. Actes Sud, 2015, p. 74


La plus grande force que l'humanité possède, c'est la capacité de curiosité.
  • Impliquons nous, Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, éd. Actes Sud, 2015, p. 77


Nous sommes deux porte-voix des innombrables aspirations, efforts, essais, expériences d'une nouvelle civilisation qui veut naître - que j'appelle civilisation du bien vivre, et que vous appelez troisième paradis-, et qui devrait refouler la civilisation hégémonique du calcul, du profit, de la chronométrie, des intoxications consommationnistes, de l'alimentation industrialisée, des pseudo-besoins qui cachent le grand besoin de l'espèce humaine à l'aire planétaire: bien vivre dans l'autonomie et l'épanouissement du JE et du NOUS.
  • Impliquons nous, Edgar Morin et Michelangelo Pistoletto, éd. Actes Sud, 2015, p. 89


Articles[modifier]

Qu'est-ce qu'être de gauche ? A mes yeux, c'est se ressourcer dans une multiple racine : libertaire (épanouir l'individu), socialiste (amélioration de la société), communiste (communauté et fraternité), et désormais écologique afin de nouer une relation nouvelle à la nature. Être de gauche c'est, également, rechercher l'épanouissement de l'individu, et être conscient que l'on n'est qu'une infime parcelle d'un gigantesque continuum qui a pour nom humanité. L'humanité est une aventure, et "être de gauche" invite à prendre part à cette aventure inouïe avec humilité, considération, bienveillance, exigence, créativité, altruisme et justice. Être de gauche, c'est aussi avoir le sens de l'humiliation et l'horreur de la cruauté, ce qui permet la compréhension de toutes les formes de misère, y compris sociales et morales. Être de gauche comporte toujours la capacité d'éprouver toute humiliation comme une horreur..
  • « Edgar Morin : "Le temps est venu de changer de civilisation" », Edgar Morin, Acteurs de l'économie, 11 février 2016 (lire en ligne)


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