Dougga

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Vue générale du site de Dougga

Dougga est une ville antique située dans le nord-ouest de la Tunisie, à proximité de la ville actuelle de Téboursouk. Un déclin précoce et sa situation relativement excentrée a eu pour conséquence la conservation exceptionnelle d'un certain nombre de monuments. Les voyageurs parcourent le site à partir du XVIIe siècle et ramènent en Europe des récits enthousiastes.

Victor Guérin[modifier]

Mausolée libyco-punique[modifier]

Nous arrivons à Dougga. Je me fais conduire aussitôt par un habitant au célèbre mausolée qui était revêtu, il y a quelques années encore, de la fameuse inscription bilingue, punique et libyque, dont une copie avait eu le privilège d'exercer la sagacité des plus savants orientalistes de l'Europe. Ce mausolée est l'un des monuments les plus remarquables de l'antique Thugga [...] Il était aux trois quarts intact il y a dix-huit ans. Depuis cette époque, il a été en partie détruit par sir Thomas Reade, alors consul général d'Angleterre à Tunis, qui en fit démolir toute une façade par les habitants de cette localité.
  • Le mausolée libyco-punique de Dougga a fait l'objet de descriptions par divers voyageurs dès le XVIIe siècle, des études architecturales ayant lieu dès le début du XIXe siècle. L'élément le plus important relevé par les premiers voyageurs est la fameuse inscription bilingue qui permit d'aider à déchiffrer l'écriture libyque.
  • Voyage archéologique dans la régence de Tunis (tome II), Victor Guérin, éd. Plon, 1862, p. 119


Pillage archéologique[modifier]

Vue du mausolée vers 1900
Son but était d'enlever, afin de le faire scier en une tablette plus transportable, un énorme bloc engagé dans la façade orientale du mausolée. Ce bloc, en effet, était revêtu de deux inscriptions, l'une punique et l'autre libyque. Pour le détacher de la façade dans laquelle il était encastré, il fallait retirer préalablement tous les autres blocs qui étaient superposés à ce dernier ; mais comme les Arabes que sir Thomas Reade employa à ce travail étaient dépourvus des moyens et des instruments nécessaires pour l'exécuter méthodiquement et sans nuire à l'ensemble du monument, ils précipitèrent du haut en bas ces blocs supérieurs en les soulevant avec de forts leviers et les tirant ensuite avec des cordes. Ces blocs en tombant du sommet de l'édifice brisèrent dans leur chute les angles des assises inférieures, l'ébranlèrent en partie, et accumulèrent à l'entour un monceau de débris gigantesques qui ne permettent plus maintenant de pénétrer dans l'intérieur des chambres sépulcrales d'en bas.
  • Le mausolée a fait l'objet d'un vandalisme commandité par le consul britannique, soucieux d'acquérir au profit du British Museum la célèbre inscription bilingue. La construction sera remontée avec soin par Louis Poinssot et son équipe entre 1908 et 1910 à partir des vestiges jonchant le sol.
  • Voyage archéologique dans la régence de Tunis, Victor Guérin, éd. Plon, 1862, t. II, p. 120-121


Description du capitole[modifier]

Vue ancienne du capitole
Le portique ou pronaos en est encore assez bien conservé. Il se compose de six belles colonnes corinthiennes, dont quatre de face et deux sur les côtés […] Elles ont été polies avec beaucoup de soin, et le chapiteau qui les couronne accuse un travail fin et délicat. Sur la frise du pronaos règne une inscription qui est aujourd'hui en partie effacée ; mais il est assez facile de restituer les mots qu'on ne peut plus lire […] Le fronton est orné d'un haut-relief qui a beaucoup souffert. On distingue néanmoins au milieu du tympan un aigle gigantesque aux ailes déployées, et à côté la tête d'un personnage très mutilé. Le sujet représenté est très probablement, comme le pense S. Grenville Temple, l'enlèvement de Ganymède par l'aigle de Jupiter […] Il appartient actuellement à l'un des principaux paysans, dans l'enclos duquel il a été refermé.
  • Le capitole est le temple consacré à la triade Jupiter-Junon-Minerve et son état de conservation exceptionnel a marqué les voyageurs, en particulier Victor Guérin. Il a été restauré entre 1903 et 1910, en particulier l'entablement du portique et les murs latéraux de la cella.
  • Voyage archéologique dans la régence de Tunis (tome II), Victor Guérin, éd. Plon, 1862, p. 125-126


Henri Lorin (homme politique)[modifier]

Arrivée sur le site[modifier]

Vue aérienne du site vers 1950
Les dernières pentes du kef Arras, auquel s'adosse Teboursouk, nous cachaient seules les mamelons de Dougga ; en quelques minutes, l'obstacle est tourné, nous nous élevons sur le sommet où, parmi des maisons arabes dominent des ruines romaines. Tout ce pays devait être jadis fort peuplé ; les vestiges d'habitations anciennes apparaissent sur une grande étendue ; le village arabe actuel commande une plaine largement vallonnée, où l'eau est abondante et la culture des céréales et des oliviers facile ; pourtant le bourg est pauvre ; des murs en pierres sèches entourent des maisonnettes de glaise où grouillent pêle-mêle enfants et bêtes domestiques.
  • Henri Lorin arrive sur le site de Dougga en provenance de Téboursouk et découvre le village arabe existant encore près des ruines.
  • Promenade en Tunisie, Henri Lorin, éd. Hachette, 1896, p. 536


Visite guidée des ruines[modifier]

Ces monuments, récemment fouillés, sous la direction du docteur Carton, nous disent la prospérité de Thugga ; manquant moi-même de l'information spéciale nécessaire, je n'en étais que plus à l'aise pour suivre les explications de nos archéologues ; guidés par M. Gauckler, ces messieurs escaladent les degrés du théâtre, enjambent les décombres amoncelés devant le temple de Saturne, se hâtent sur les pentes rocheuses vers les mausolées ; décidément l'air de l'Institut est bon pour la santé.
  • Pénétrant sur le site, il découvre certains de ses éléments comme le théâtre — l'un des mieux conservés d'Afrique romaine — et le temple de Saturne se dressant sur un promontoire dominant la riche vallée céréalière de l'oued Khalled.
  • Promenade en Tunisie, Henri Lorin, éd. Hachette, 1896, p. 536


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