Dictature du prolétariat

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La dictature du prolétariat est une expression inventée par Auguste Blanqui, et parfois employée par Karl Marx pour désigner la phase transitoire de la société étant selon lui appelée à remplacer les régimes oligarchiques et capitalistes, que Marx qualifiait de dictatures de la bourgeoisie.

Karl Marx[modifier]

Art. I. Le but de l'association est la déchéance de toutes les classes privilégiées, de soumettre ces classes à la dictature des prolétaires en maintenant la révolution en permanence jusqu'à la réalisation du communisme, qui doit être la dernière forme de constitution de la famille humaine.
  • « Statuts de la Société Universelle des Communistes Révolutionnaires », Adam, J. Vidil, K. Marx, Auguste willich, F. Engels, G. julian Harney, dans Œuvres (1850), Karl Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, p. 559
Ce socialisme est la déclaration de la révolution en permanence, la dictature de classe du prolétariat, comme point de transition nécessaire vers l'abolition des différences de classes tout court, vers l'abolition de toutes les relations sociales qui correspondent à ces rapports de production, vers le bouleversement de toutes les idées qui naissent de ces relations sociales.
  • « Les luttes de classes en France - 1848 à 1850 », dans Œuvres (1850), Karl Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, chap. Du 13 juin 1849 au 10 mars 1850, p. 324


Au rédacteur de la Neue Deutsche Zeitung !
Dans le feuilleton de votre journal du 22 juin courant, vous m'avez reproché de soutenir publiquement la domination et la dictature de la classe ouvrière, tandis que vous mettez en avant contre moi l'abolition des différences de classes en bloc. J'avoue ne pas comprendre cette mise au point.
Vous saviez parfaitement que dans le Manifeste du Parti communiste (publié à la veille de la révolution de Février 1848), il est dit à la page 16 :
« Si, dans sa lutte contre la bourgeoisie, le prolétariat est forcé de s'unir en une classe ; si, par une révolution, il se constitue en classe dominante et, comme telle, abolit violemment les anciens rapports de production -- c'est alors qu'il abolit en même temps que ce système de production les conditions d'existence de l'antagonisme des classes ; c'est alors qu'il abolit les classes en général et, par là même, sa propre domination en tant que classes ! »
Vous savez qu'avant février 1848 j'ai défendu contre Proudhon la même conception dans Misère de la philosophie.
Enfin, on peut lire à la page 32 de ce même article que vous critiquez, n° 3 de la Neue Rheinische Zeitung :
« ce socialisme » (c'est-à-dire le communisme) « est la déclaration de la révolution en permanence, la dictature de classe du prolétariat comme point de transition nécessaire vers l'abolition des différences de classes tout court, vers l'abolition de tous les rapports de production sur lesquels elles reposent, vers l'abolition de toutes les relations sociales qui correspondent à ces rapports de production, vers le bouleversement de toutes les idées qui naissent de ces relations sociales. »

  • « Déclaration », dans Œuvres (prononcé en juin 1850, publié le 4 juillet 1850 dans la Neue Deutsche zeitung), Karl Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, p. 567


Maintenant, en ce qui me concerne, ce n'est pas à moi que revient le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu'elles s'y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposés bien avant moi l'évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l'anatomie économique. Mon originalité a consisté : 1. à démontrer que l'existence des classes n'est liée qu'à des phases historiques déterminées du développement de la production ; 2. que la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3. que cette dictature elle-même ne représente qu'une transition vers l'abolition de toutes les classes et vers une société sans classe.
  • « Lettre à J. Weydemeyer du 5 mars 1852 », dans Correspondance (1852), Karl Marx (trad. Gilbert Badia, Gerard Bernhard, Lucien Calvié, Jean Chabbert, Jacques Gandjonc, Paul Laveau, Isabelle Michot, Claude Sebisch, André Souyris, Jacques Verger, Line Vincent), éd. éditions sociales, 1972, t. III -- Janvier 1852 à juin 1853, p. 79


Mais, avant de réaliser un changement socialiste, il faut une dictature du prolétariat, dont une condition première est l'armée prolétarienne. Les classes ouvrières devront conquérir sur le champ de bataille le droit à leur propre émancipation. La tâche de l'Internationale est d'organiser et de coordonner les forces ouvrières dans le combat qui les attend.
  • « Discours de commémoration du septième anniversaire de l'Association internationale des travailleurs, le 25 septembre 1871 à Londres », Karl Marx, dans La commune de 1871 (1871), Marx, Engels, éd. 10/18, 1971, partie Prolongements historiques et théoriques de la Commune, chap. Enseignement de la commune, p. 207


Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de l'une en l'autre. A cette période correspond également une phase de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat.
  • « Critique du programme ouvrier Allemand (Programme de Gotha) », dans Œuvres (1875), Karl Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1963, t. I - Economie I, partie IV, p. 1429


Toute situation politique provisoire qui succède à une révolution réclame une dictature, voir une dictature énergique. Nous avons, dès l'abord, reproché à Camphausen de n'avoir pas adopté une attitude dictatoriale, de n'avoir pas détruit et aboli immédiatement les résidus des anciennes institutions.
  • « Neue Rheinische Zeitung, n° 102 », dans Œuvres (14 septembre 1848), Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, p. 51


Les revendications, excessives par la forme, mesquines et même bourgeoises par le contenu, dont il voulait arracher la concession à la république de Février, furent supplantées par l'audacieuse devise révolutionnaire : Renversement de la bourgeoisie ! Dictature de la classe ouvrière !
  • « Les luttes de classes en France - 1848 à 1850 », dans Œuvres (1850), Karl Marx (trad. Maximilien Rubel, avec la collaboration de Louis Janover), éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, chap. De février à juin 1848, p. 261


Friedrich Engels[modifier]

Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat.
  • Sur la Commune de Paris, Marx, Engels, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, La Guerre Civile en France, p. 20


Pour éviter cette transformation, inévitable dans tous les régimes antérieurs, de l'État et des organes de l'État, à l'origine serviteurs de la société, en maîtres de celle-ci, la Commune employa deux moyens infaillibles. Premièrement, elle soumit toutes les places de l'administration, de la justice et de l'enseignement au choix des intéressés par élection au suffrage universel, et, bien entendu, à la révocation à tout moment par ces mêmes intéressés. Et, deuxièmement, elle ne rétribua tous les services, des plus bas aux plus élevés, que par le salaire que recevaient les autres ouvriers. Le plus haut traitement qu'elle payât était de 6 000 francs. Ainsi on mettait le holà à la chasse aux places et à l'arrivisme, sans parler de la décision supplémentaire d'imposer des mandats impératifs aux délégués aux corps représentatifs. Cette destruction de la puissance de l'État tel qu'il était jusqu'ici et son remplacement par un pouvoir nouveau, vraiment démocratique, sont dépeints en détail dans la troisième partie de La Guerre civile.
  • Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, Introduction à La Guerre Civil en France, 1891, p. 19


Mais, en réalité, l'État n'est rien d'autre qu'un appareil pour opprimer une classe par un autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie; le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'il est un mal dont hérite le prolétariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s'empêcher de rogner aussitôt au maximum les côtés les plus nuisibles, jusqu'à ce qu'une génération grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en état de se défaire de tout ce bric-à-brac de l'État.
  • Sur la Commune de Paris, Marx, Engel, Lénine, éd. Les Éditions du Progrès, 1971, Introduction à La Guerre Civil en France, 1891, p. 19


Rosa Luxemburg[modifier]

Établir une dictature prolétarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encerclé par l'hégémonie sclérosée de la réaction impérialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste était condamné à échouer devant cette tâche et à périr, qu'il soit guidé, dans sa politique par la volonté de vaincre et la foi dans le socialisme international, ou par le renoncement à soi-même.
  • « La tragédie russe », Rosa Luxembourg, Spartakusbriefe, nº 11, septembre 1918, p. 181-186


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