Dany Laferrière

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Au Salon du livre de Paris en 2010

Dany Laferrière est un écrivain d'origine haïtienne, né à Port-au-Prince le 13 avril 1953. Écrivain de l'exil (il a émigré au Canada à l'âge de 23 ans), ses romans traitent généreusement de son Haïti natal et allient souvenirs d'enfance au vécu de l'immigrant montréalais. En 2009, il a remporté le Prix Médicis pour son roman L'énigme du retour, lequel marie savamment prose et haïku.

L'art presque perdu de ne rien faire[modifier]

Le livre est plus complexe qu'un ordinateur et aussi simple à ouvrir qu'un ciel d'été.
  • L'art presque perdu de ne rien faire, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2011, chap. Le goût des mots, p. 171

La dérive douce d'un enfant de Petit-Goâve (documentaire sur l'auteur)[modifier]

Dame dans le métro : Pourquoi on vous filme?
Dany Laferrière : Parce que je suis une star, Madame.

  • Scène du documentaire de Pedro Ruiz où Dany Laferrière donne la réplique à une dame dans le métro.
  • « L'indécence d'un film-catastrophe », Marc Cassivi, La Presse, 14 novembre 2009, p. unique (lire en ligne)


L'énigme du retour (2009)[modifier]

Les blessures dont on a honte
ne se guérissent pas.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le coup de fil, p. 16


Une telle léthargie m'atteint
toujours à ce moment de l'année
où l'hiver est bien installé
et le printemps encore si loin.
Au milieu de la glace de fin janvier
on n'a plus d'énergie pour continuer
et il est impossible de rebrousser chemin.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Du bon usage du sommeil, p. 23


C'est si rare que je sois plus pressé qu'un écureuil. Mais aujourd'hui c'est le cas. Le voilà tout étonné qu'un passant ne cherche pas à le nourrir ou à l'amuser. On ne lui a pas appris qu'il n'était qu'un pauvre écureuil d'un minuscule parc de quartier. Les classes sociales n'existent peut-être pas chez les animaux. L'ego, oui.
  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. L'exil, p. 31


En fait, la véritable opposition n'est pas
entre les pays, si différents soient-ils,
mais entre ceux qui ont l'habitude
de vivre sous d'autres latitudes
(même dans une condition d'infériorité)
et ceux qui n'ont jamais fait face
à une culture autre que la leur.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le bon moment, p. 41


Seul le voyage sans billet de retour
peut nous sauver de la famille, du sang
et de l'esprit de clocher

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le bon moment, p. 42


Pour les trois quarts des gens de cette planète
il n'y a qu'une forme de voyage possible
c'est de se retrouver sans papiers
dans un pays dont on ignore
la langue et les mœurs.

On se trompe à les accuser
de vouloir changer
la vie des autres
quand ils n'ont
aucune prise
sur leur propre vie.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le bon moment, p. 42


Je crains qu'un événement si fort soit-il
ne puisse jamais bousculer
un homme dans ses habitudes.
La décision est prise bien longtemps avant
qu'on en ait véritablement conscience
et pour une raison qui nous échappera toujours.
L'instant du départ est si longtemps
inscrit en nous que le moment où il arrive
nous semblera toujours banal.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le bon moment, p. 43


Je consomme autant de viande ici
en un hiver
qu'un pauvre en mange en Haïti
durant toute une vie.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Le temps des livres, p. 44


[J]e me rappelle qu'on n'écoutait pas de musique à la maison. La radio était faite pour les nouvelles. Et tout ce qu'on pouvait entendre, c'étaient les mêmes discours à la gloire du président (...) Il fallait faire semblant d'écouter pour que les voisins ne puissent nous soupçonner de ne pas adhérer au régime, alors on montait le volume. Nos voisins faisaient pareil. Une atmosphère de paranoïa collective.
  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Danser sa tristesse, p. 115


Si on meurt ici plus vite qu'ailleurs,
la vie est ici plus intense.
Chacun porte en soi la même somme
d'énergie à dépenser
sauf que la flamme est plus vive
quand son temps pour brûler
est plus bref.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. L'archer aveugle, p. 125


La scène est devenue courante. Les riches fuyant les pauvres délaissent la ville pour aller vivre dans des coins de campagne de plus en plus discrets. Cela ne dure pas longtemps avant que la nouvelle se répande dans la zone de surpopulation. Et commence alors le siège. Une petite cahute dans les ravins. Une autre au pied de cette villa rose. Et en moins de deux ans un bidonville est là, asphyxiant le nouveau quartier huppé. Toute guerre n'a pour but qu'une occupation du territoire.
  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. La faim, p. 134


[O]n n'est pas forcément
du pays où l'on est né.
Il y a des graines que le vent aime semer ailleurs.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. La jeep rouge, p. 163


Au-delà d'un certain nombre
la vie des gens n'a plus la même valeur.
On s'en sert comme chair à canon
ou hommes de main.
Certains parviennent à se faire un chemin
sans trop se salir
entre la corruption généralisée
et le meurtre quotidien.

  • L'énigme du retour, Dany Laferrière, éd. Boréal, 2009, chap. Une fenêtre sur la mer, p. 233


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