Conflit malien de 2012-2013

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Carte de la rébellion touarègue dans l'Azawad, le nord du Mali, indiquant les attaques des rebelles en 2012.

Le conflit malien de 2012-2013 oppose dans le nord du Mali l'armée régulière de ce pays aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes. Elle est déclenchée le 17 janvier 2012 par l'attaque de camps militaires maliens dans le nord du pays par des combattants du MNLA et se poursuit toujours début 2013. Le nom de guerre de l'Azawad est également parfois utilisé pour décrire spécifiquement le conflit avec le MNLA et les indépendantistes touaregs, mais il est important de préciser que ce nom n'est absolument pas adapté en ce qui concerne les autres groupes tels qu'AQMI ou le MUJAO qui cherchent à établir un État islamique dans tout le pays.

Citations[modifier]

Ils [les djihadistes] ont développé une stratégie d'implantation locale. Ils trouvent porte ouverte à leur propagande en s'appuyant sur les maux qui gangrènent le Mali depuis des décennies: la mal-gouvernance, la faiblesse de l'État face au banditisme, l'impunité. […] Ils organisent des rassemblements dans les villages et parviennent à recruter en dénonçant la corruption, les défaillances de la justice. Ils jouent le rôle d'arbitres dans les petits conflits locaux, y compris parfois dans des différents interethniques. Ils ont une très bonne connaissance du tissu ethnique et sociétal local. Ils ont par exemple su tirer parti des frustrations des catégories inférieures de la population peule, un groupe ethnique très hiérarchisé. Enfin, leurs moyens financiers peuvent attirer des jeunes privés de toute perspective. […] Bamako refuse d'admettre que la mal-gouvernance est la principale racine des maux de la région.
  • Propos de Corinne Dufka, directrice adjointe pour le programme Afrique de Human Rights Watch.
  • « Au Mali, “la France prête trop d'attention au militaire, pas assez au terreau du djihadisme” », Catherine Gouëset, lexpress.fr, 19 mai 2017 (lire en ligne)


Les responsables maliens donnent le sentiment que la réconciliation et l’application de l’accord qui la rend possible ne les concernent pas. Rien n’entame cette incroyable inertie. Ces responsables ne savent faire ni la guerre ni la paix. Les élites dansent, ou plutôt s’enrichissent, sur un volcan, sans se soucier de l’avenir. Trop d’exemples manifestent par ailleurs la volonté de ménager les influences religieuses contraires à un État moderne et laïc. Avec un vrai talent oratoire propre à endormir les oreilles non averties, le président bat les estrades internationales, à Dakar ou à Abidjan : « Dormez bonnes gens… » Le mot d’ordre est de profiter du pouvoir et d’y rester. Pour cela, il faut remporter l’élection présidentielle de juillet 2018. Or il est vrai que la majorité des Maliens, c’est-à-dire ceux qui sont dans le sud du pays, ne considèrent pas d’un bon œil les concessions à faire à leurs compatriotes du Nord dans le cadre ou sur le modèle de l’accord d’Alger. Sur fond d’animosités ethniques entre Nord et Sud, ils réprouvent l’idée de récompenser, en quelque sorte, les « ennemis » du pays qui ont failli le diviser et redoutent que cela n’entraîne une partition du Mali. Dès lors, la classe politique ne voit pas les raisons de risquer de mécontenter les électeurs en conduisant une politique si offensante à leurs yeux. Merveilleux prétexte que leur procure ainsi la démocratie pour ne rien faire de ce qui rétablirait pourtant les conditions de l’unité du pays et pour continuer de laisser dériver le pays dans la mauvaise gouvernance, la corruption et l’abandon de régions entières aux groupes radicaux.
  • « Les responsables maliens donnent le sentiment que la réconciliation ne les concerne pas », Bruno Joubert, lemonde.fr, 21 décembre 2017 (lire en ligne)


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