Chrétien de Troyes

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Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes (né vers 1135 et mort vers 1183) est un poète français, considéré comme le fondateur de la littérature arthurienne en français et l'un des premiers auteurs de romans de chevalerie. Il est au service de la cour de Champagne, au temps d'Henri le Libéral et de Marie de France, son épouse. Ses œuvres majeures sont Érec et Énide, Cligès, Lancelot ou le Chevalier de la charrette écrit probablement en même temps que Yvain ou le Chevalier au lion, et Perceval ou le Conte du Graal, œuvre inachevée. Ses romans reflètent les idéaux politiques et culturels du milieu pour et dans lequel il écrit. Ils mettent en scène un idéal aristocratique mêlant l'aventure chevaleresque, l'amour courtois et les aspirations religieuses que symbolise l'esprit de croisade.

Lancelot ou Le Chevalier de la charrette[modifier]

Puisque ma dame de champagne
veut que j'entreprenne de faire un roman,
je l'entreprendrai très volontiers,
en homme qui est entièrement à elle
pour tout ce qu'il peut en ce monde faire,
sans avancer la moindre flatterie.

  • (fr)

    Puis que ma dame de Chanpaigne
    Vialt que romans a feire anpraigne,
    Je l'anprendrai molt volentiers
    Come cil qui est suens antiers
    De quanqu'il puet el monde feire
    Sanz rien de losange avant treire.

  • Premiers vers du roman.
  • (fr) Le Chevalier de la charrette, Chrétien de Troyes (trad. Charles Méla), éd. Le Livre de poche, coll. « Lettres gothiques », 1992, p. 40-41, vers 1-6


Du Chevalier de la charrette
Chrétien commence son livre :
la matière et le sens lui sont donnés
par la comtesse, et lui, il y consacre
sa pensée, sans rien ajouter d'autre
que son travail et son application.

  • (fr)

    Del Chevalier de la charrete
    Comance Crestïens son livre,
    Matiere et san li done et livre
    La contesse et il s'antremet
    De panser, que gueres n'i met
    Fors sa painne et s'antancïon

  • Fin du prologue.
  • (fr) Le Chevalier de la charrette, Chrétien de Troyes (trad. Charles Méla), éd. Le Livre de poche, coll. « Lettres gothiques », 1992, p. 40-41, vers 24-29


Dans le cimetière derrière le moine
il entre et y voit les plus belles tombes
qu'on pourrait trouver d'ici jusqu'à la Dombes
et de là jusqu'à Pampelune,
et sur chacune étaient gravées des lettres
qui disaient les noms de ceux
qui reposeraient dans ces tombes.
Lui-même se mit alors
à lire d'affilée ces noms,
et il trouva : « Ici reposera Gauvain,
ici Louis, ici Yvain. »
Après ces trois noms, il en a lu bien d'autres,
qui étaient tous des chevaliers d'élite,
parmi les meilleurs et les plus glorieux
et de ce pays et d'ailleurs.

  • (fr)

    El cemetire aprés le mainne
    Antre et voit les plus beles tonbes
    Qu'an poïst trover usqu'a Donbes
    Ne dela jusqu'a Panpelune,
    Et s'avoit letres sor chascune
    Qui les nons de ces devisoient
    Qui dedanz les tonbes girroient.
    Et il meïsmes tot a tire
    Comança lors les nons a lire,
    Et trova : Ci garra Gauvains,
    Ci Looys et ci Yvains.
    Après ces .III. i a mainz liz
    Des nons as chevaliers esliz,
    Des plus prisiez et des meillors
    Et de cele terre et d'aillors.

  • Lancelot découvre le Cimetière futur.
  • (fr) Le Chevalier de la charrette, Chrétien de Troyes (trad. Charles Méla), éd. Le Livre de poche, coll. « Lettres gothiques », 1992, p. 166-167, vers 1856-1870


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