Charles Maurras

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Charles Maurras et Maxime Réal Del Sarte, à l'arrière plan: des camelots du roi

Charles Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues et mort le 16 novembre 1952 à Tours, était un écrivain et homme politique français.

La Politique naturelle[modifier]

L'erreur est de parler de justice, qui est vertu ou discipline des volontés, à propos de ces arrangements qui sont supérieurs (ou inférieurs) à toute convention générale des hommes. Quand le portefaix de la chanson marseillaise se plaint de n'être pas né « des braies d'un négociant ou d'un baron », sur qui va peser son reproche ? À qui peut aller son grief ? Dieu est trop haut, et la Nature indifférente.

  • Principes, dans Œuvres capitales, II, Charles Maurras, éd. Flammarion, 1954, p. 199


Le civilisé, parce qu'il est civilisé, a beaucoup plus d'obligations envers la société que celle-ci ne saurait en avoir jamais envers lui. Il a, en d'autres termes, bien plus de devoirs que de droits.

  • Principes, dans Œuvres capitales, II, Charles Maurras, éd. Flammarion, 1954, p. 174

Dictionnaire politique et critique[modifier]

Si la franc-maçonnerie était jadis un esprit, d’ailleurs absurde, une pensée, d’ailleurs erronée, une propagande, d’ailleurs funeste, pour un corps d’idées désintéressées ; n’est aujourd'hui plus animé ni soutenu que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels.

  • Dictionnaire politique et critique, Charles Maurras, éd. Arthème, Fayard et Cie, 1932, chap. tome III, p. 11


Enquête sur la monarchie[modifier]

Dans les conditions où il est prêté, le serment maçonnique n'oblige aucune conscience, mais il faut, pour en bien sentir la nulllité, un esprit pénétrant et un caractère très ferme.

  • Enquête sur la monarchie, Charles Maurras, éd. Arthème, Fayard et Cie, 1937, p. 291


Dans le quotidien L'Action française[modifier]

Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon (...) s'il y a un réveil de l'Islam, et je ne crois pas que l'on puisse en douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l'islam représente plus qu'une offense à notre passé: une menace pour notre avenir.

  • « Villepin, Maurras et l'Islam », Charles Maurras dans l'Action Française, 13 juillet 1926, cité par Pierre Peraldi, Rivarol (ISSN 0035 56 66), nº 2930, 4 décembre 2009, p. 5


(...) la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à la pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. (...) Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l'amitié. Nous venons de commettre le crime d'excès. Fasse le ciel que nous n'ayons pas à le payer avant peu.

  • « Villepin, Maurras et l'Islam », Charles Maurras dans l'Action Française, 13 juillet 1926, cité par Pierre Peraldi, Rivarol (ISSN 0035 56 66), nº 2930, 4 décembre 2009, p. 5


Kiel et Tanger[modifier]

Oui ou non, la République peut-elle avoir une politique extérieure ? Oui ou non, sa nature de gouvernement d’opinion, de gouvernement de partis, de gouvernement divisé, fatalement diviseur de lui-même, l’a-t-elle mise en état d’infériorité dans les négociations qui ont précédé, accompagné, suivi cette guerre ?

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. V


Le 23 juillet 1913, presque un an, jour pour jour, avant le carnage, avons-nous eu tort d’appeler la République « un gouvernement inhumain » et de dire que ses erreurs ou ses lacunes offraient à notre esprit cette effroyable image : « cinq cent mille jeunes Français couchés froids et sanglants sur leur terre mal défendue » ? Il y en a le triple, hélas ! dans les cimetières du front.

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. VI


Guillaume II fut un souverain médiocre et funeste, qui a régné sur des peuples bien surfaits. Cependant l’organisation qu’il présidait engendra une somme énorme de puissance par le simple fait de l’unité, de l’hérédité et de la tradition du commandement.

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. xviii


Pourtant, ces morts royaux ont précisément un mérite qui a fait défaut au régime vivant. Leur ouvrage historique représente à peu près le seul concours extérieur qui ne nous ait pas été apporté par le jeu naturel de la force des choses ou de la sottise ennemie : le seul que des mains françaises aient véritablement formé et modelé en notre faveur. Royales mains défuntes, ensevelies et décharnées depuis longtemps ! Notre État, sans cœur ni cerveau paraît avoir aussi perdu ces mains d’ouvriers capables de tailler la figure d’une politique à long terme : il peut être agité au dedans, mais au dehors, il est manchot.

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. xix


Non seulement il ne vaut pas la peine de désirer une pareille République, mais il importe de la haïr comme le plus dangereux des pièges tendus à la France par nos ennemis du dehors et du dedans. Son rêve peut flatter l’imagination par un air résigné et conciliateur. Mais ce n’est rien qu’un rêve, médiocre en lui-même et, par ses conséquences, fou. Personne n’a le droit d’exposer la patrie pour un conte bleu. Il faut que les Français puissent s’en rendre compte. Disons-le leur, et rudement, pour qu’on ne les voie plus s’asseoir ni hésiter à ce carrefour de l’action.

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. 5


C’est une vérité générale que la politique extérieure est interdite à notre État républicain. C’en est une autre que la Nation française ne saurait se passer de manœuvrer à l’extérieur. De ces deux principes, il résulte que la France républicaine, aussi longtemps qu’elle sera et républicaine et française, quels que puissent être les talents ou les intentions de son personnel dirigeant, demeurera condamnée à des manœuvres gauches, énervantes et plus que dangereuses pour l’intégrité du pays et l’indépendance des habitants. Le démembrement est au bout.

  • Kiel et Tanger, Charles Maurras, éd. Édition électronique, 1921, p. 6


Citations sur Maurras[modifier]

Maurras demeurait le patriote farouche anti-germaniste mais aussi antianglais dans la mesure où nos intérêts pouvaient s'opposer à ceux de Londres, qui a toujours fait montre de cet "égoïsme sacré"[1] que Maurras d'ailleurs proposait aux Français comme modèle.


Lorsque cent quarante imbéciles de parlementaires qui ne soupçonnaient même pas ce qu'est la politique ou la diplomatie et ne connaissaient que la propagande électorale, la démagogie et les palabres sur le forum, réclamèrent un surcroit de sanctions, risquant ainsi de mettre le feu à l'Europe, C. Maurras les menaça tout simplement de les faire abattre le jour de la déclaration de guerre.

  • À propos des sanctions de la SDN contre l'Italie après son entrée en guerre contre l'Ethiopie.
  • Histoire de l'Action Française, Lazare de Gérin-Ricard et Louis Truc, éd. Fournier-Valdès, 1949, chap. XIII, La France seule, p. 200


Maurras a condamné à jamais le nivellement égalitaire qui, par le moyen de la médiocrité générale, aboutit à l'anéantissement de la Patrie. Il rejoint Anatole France dont on évoque l'impitoyable prophétie appliquée à Démos: "Ils tomberont de si bas que leur chute même ne leur fera pas de mal."

  • Histoire de l'Action Française, Lazare de Gérin-Ricard et Louis Truc, éd. Fournier-Valdès, 1949, chap. IV, L'empirisme organisateur, p. 65


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  1. Maurras récuse toutefois cette notion "d'égoïsme" dans Mes idées politiques, Édition Fayard 1937, page 280, "L'égoïsme patriotique". Il explique qu'une telle expression n'est qu'une métaphore, et qu'il ne peut exister d'égoïsme collectif : "celui qui sert sa patrie ne se sert pas lui-même".