Charles Bukowski

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Charles Bukowski, né le 16 août 1920 à Andernach, mort le 9 mars 1994 à Los Angeles, est un écrivain et poète américain.

Citations[modifier]

Nouveaux contes de la folie ordinaire, 1967[modifier]

Quartier des agités à l'est d'Hollywood[modifier]

— Le docteur me fait chier. D'habitude, je m'assois, je me fais mon petit diagnostic, je me file un traitement et je vais voir l'infirmière. Le toubib, lui, me fait braire. Il adore prendre la pose et me raconter son passage dans l'armée nazie. Il a été capturé par les Français et les Français les ont mis dans les villes les gens leur jetaient au passage de l'essence, des bombes puantes et des vieux gants pleins d'insecticide, à eux les pauvres innocents, et j'en ai sacrément ma claque de ses histoires...

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1982), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1967 (ISBN 978-2-253-03621-0), Quartier des agités à l'est d'Hollywood, p. 30


La grande défonce[modifier]

Et puis tu regardes la vieille peau : sans dents, sans yeux, sans cervelle, sans âme, sans cul, sans bouche, sans couleur, sans nerfs, sans rien, rien qu'un bâton, et tu te demandes ce que son thé, ses biscuits, son église et son petit pavillon ont fait pour ELLE. Et les vieux se mettent parfois dans une colère noire contre les jeunes : « Bon sang, j'ai travaillé dur toute ma vie ! » (Ils prennent le travail pour une vertu, mais ça prouve seulement qu'un type est taré).

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1982), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1967 (ISBN 978-2-253-03621-0), La grande défonce, p. 209


Il est seulement jaloux. Il s'est fait enculer, on lui a piqué ses plus belles années. il meurt d'envie de baiser. S'il tient jusqu'au bout. Mais il peut plus. Donc, maintenant, il veut que les jeunes souffrent comme il a souffert.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1982), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1967 (ISBN 978-2-253-03621-0), La grande défonce, p. 209


Notes sur la peste[modifier]

La peste fréquente votre lieu de travail, quel qu'il soit. Je suis la proie des pestes. J'ai travaillé dans une boîte où il y avait un type qui ne parlait à personne depuis quinze ans. Le lendemain de mon arrivée, il m'a parlé pendant trente-cinq minutes. Il était complètement cinglé.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1982), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1967 (ISBN 978-2-253-03621-0), Notes sur la peste, p. 219


La couverture[modifier]

Une nuit, je me suis réveillé à côté d'elle (ou j'ai rêvé que je me réveillais), j'ai jeté un oeil dans la chambre et j'ai vu trente ou quarante petits bonshommes en train de nous ficeler sur le lit, avec un espèce de fil d'argent, et ils nous ficelaient et ils nous ficelaient. Ma chérie a dû sentir ma nervosité. j'ai vu ses yeux s'ouvrir.
« Silence ! j'ai dit. Ne bouge pas ! Ils veulent nous électrocuter !
— QUI VEUT NOUS ELECTROCUTER ?
— Bon dieu, je t'ai dit de te taire ! Ne bouge plus ! »
Je les ai laissés faire un moment, en faisant semblant de dormir. Puis, rassemblant toutes mes forces, je me suis redressé et j'ai cassé le fil. Ils ne s'attendaient pas à ça. J'ai voulu en assomer un mais je l'ai loupé. Je ne sais pas où ils ont filé, mais je ne les ai plus revus.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1982), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1967 (ISBN 978-2-253-03621-0), La couverture, p. 310


Journal d'un vieux dégueulasse, 1969[modifier]

Quand je suis arrivé à la Nouvelle-Orléans, j'ai fait gaffe de ne pas m'installer dans un bordel, bien que toute la ville me parût en être un.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 17


voilà pourquoi Jack me botte. ces temps-ci, j'ai vu trop d'intellos. j'en ai par-dessus la tête de ces précieuses intelligences qui s'obligent à vous aligner des pensées plaquées or. et par-dessus la tête aussi de devoir batailler pour m'assurer un espace de liberté créatrice. c'est la raison pour laquelle je me suis si longtemps tenu à l'écart des masses, et maintenant que je recommunique avec mon prochain, je me dis que je ferais mieux de m'en retourner dans ma tanière. il n'y a pas que l'intelligence : il y a les insectes et les palmiers et les moulins à poivre, et dans mon souterrain, marrez-vous,
j'apporterai un moulin à poivre.
les foules trahissent toujours.
ne faites confiance à personne.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 41


Balanos était doué — les bras de cet enculé étaient quasiment reptiliens, mais surtout il ne bougeait pas d'un pouce —, il savait s'effacer, s'esquiver, et il ne s'exposait pas davantage qu'une araignée maléfique. pour autant, chacun de ses coups portait et faisait mal. pour le battre, il aurait fallu un très grand champion. aussi Watson aurait-il mieux fait de reprendre son petit agneau et de rentrer chez lui.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 57


la seule chose qui pourrait nous sauver serait d'inventer un nouveau concept, celui d'une Universelle et Vibratoire Education, qui engloberait de façon constructive le goût du bonheur, le sens de la réalité et la nécessité du changement, mais qui ne profiterait qu'à nos petits-enfants, à condition qu'ils n'aient pas été, dans l'intervalle, assassinés. mais ils le seront. je vous le parie à 25 contre 1, car nul concept nouveau ne saurait être toléré, vu qu'il signifierait la liquidation du gang au pouvoir.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 68


La Constitution n'a jamais été conçue pour protéger les dégénérés.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 72


« Relève-toi, Amérique », crie le peuple, mais on ne l'entend pas. Montre les dents. Rends coup pour coup. Que le lion montre ses dents, et les chacals s'enfuiront.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 72


à l'instar des commissions sur la pauvreté qui nous ont appris que des êtres humains mourraient de faim tout en bas de l'échelle sociale, viendront ensuite les commissions psychiatriques qui nous révèleront que d'autres êtres humains peuvent mourir tout en haut de cette même échelle ; moyennant quoi, on pratiquera l'amnésie collective jusqu'à ce qu'on soit de nouveau secoués par un autre petit meurtre ou par l'incendie d'une ville ; et alors, ils se rassembleront une fois de plus pour chier ces rapports qu'on attend d'ailleurs qu'ils nous chient, puis ils s'en laveront les mains et disparaîtront comme les étrons lorsqu'on tire la chasse d'eau. aussi longtemps que personne ne protestera, ils ne changeront pas de méthode.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 74


j'aime mieux qu'on me raconte la vie d'un clochard américain que celle d'un dieu grec mort.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 249


quand les hommes contrôleront les gouvernements, ils n'auront plus besoin d'être gouvernés, mais, jusque-là, ils l'auront dans l'os.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 250


l'hôpital, c'est le lieu où l'on s'efforce de vous tuer sans vous dire pourquoi. la cruauté glaciale et rationnelle de l'Hôpital américain ne s'explique pas que par un corps médical débordé, qui se serait habitué à la mort, au point de la trouver banale. mais surtout parce que les médecins, bien que TROP PAYES POUR N'EN BRANLER PAS UNE, sont adulés par les ignorants, à l'égal des sorciers avec leurs potions magiques, alors que, la plupart du temps, ils confondent les poils de leur cul avec du céleri rémoulade.

  • Journal d'un vieux dégueulasse (1996), Charles Bukowski, éd. Grasset & Fasquelle, coll. Le Livre de Poche, 1969 (ISBN 978-2-253-14384-0), p. 251


Women, 1978[modifier]

Tout allait de travers. Les gens s’accrochaient aveuglément à la première bouée de sauvetage venue : le communisme, la diététique, le zen, le surf, la danse classique, l’hypnotisme, la dynamique de groupe, les orgies, le vélo, l’herbe, le catholicisme, les haltères, les voyages, le retrait intérieur, la cuisine végétarienne, l’Inde, la peinture, l’écriture, la sculpture, la musique, la profession de chef d’orchestre, les balades sac à dos, le yoga, la copulation, le jeu, l’alcool, zoner, les yaourts surgelés, Beethoven, Bach, Bouddha, le Christ, le H, le jus de carotte, le suicide, les costumes sur mesure, les voyages en avion, New York City, et soudain, tout se cassait la gueule, tout partait en fumée. Il fallait bien que les gens trouvent quelque chose à faire en attendant de mourir. Pour ma part, je trouvais plutôt sympa qu’on ait le choix.

  • (en) Nothing was ever in tune. People just blindly grabbed at whatever there was: communism, health foods, zen, surfing, ballet, hypnotism, group encounters, orgies, biking, herbs, Catholicism, weight-lifting, travel, withdrawal, vegetarianism, India, painting, writing, sculpting, composing, conducting, backpacking, yoga, copulating, gambling, drinking, hanging around, frozen yogurt, Beethoven, Back, Buddha, Christ, TM, H, carrot juice, suicide, handmade suits, jet travel, New York City, and then it all evaporated and fell apart. People had to find things to do while waiting to die. I guess it was nice to have a choice.
  • Women, Charles Bukowski, éd. Black Sparrow Press, 1978, p. 188
  • Women, Charles Bukowski (trad. Léon Mercadet), éd. Grasset, 1978, p. 271


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